Volta, Alessandro Lettera al Cav.re Banks 1795 Pavia fr volta_lettCavB_919_fr_1795.xml 919.xml

LETTERA AL CAV. RE BANKS PRESIDENTE DELLA SOCIETÀ REALE DI LONDRA

Pavia 30 Marzo 1795.

FONTI.

STAMPATE.

MANOSCRITTE.

Cart. Volt.: E 27.

OSSERVAZIONI.

TITOLO: da E 27. DATA: »

E 27 è una minuta quasi completa della lettera.

[Empty Page]

LETTERA AL CAV. RE BANKS PRESIDENTE DELLA SOCIETÀ REALE DI LONDRA

Pavia 30 Marzo 95.

Monsieur ,

J’ai reçu, il y a deux mois, la lettre, que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire; et je ne suis pas encore revenu de l’agréable surprise qu’elle m’a causé. Vous m’aviez déja prevenu, Monsieur, de l’accueil favorable qu’avoient obtenu de la part de la Societé Royale mes Memoirs sur l’action des conducteurs électriques dans les mouvements musculaires, et dans certaines sensations de- pendamment....

Manca la preposizione pronominale. [Nota della Comm.].

nerfs, et j’en avois été certifié par d’autres témoignages publics; mais je ne m’attendois pas à une recompense si éclatante, et la plus flatteuse pour moi, telle que la médaille qu’on vient de m’adjuger; et je pouvois d’autant moins l’esperer, même après l’espérance que vous m’en aviez fait concevoir l’année passée, que je n’ai pas encore rempli ma tâche de rendre compte comme j’avais promis de la suite de mes recherches, et de developper nombre d’autres faits interessants, auxquels j’ai été conduit.

Je suis à la vérité un peu honteux de ce retard, qui m’a d’ailleurs été de quelque préjudice, ou que dans cet intervalle plusieurs découvertes que j’avois faites depuis plus de deux ans (et que je puis reclamer avec justice ayant mon- tre toutes les expériences relatives à plusieurs personnes tant étrangeres, que nationales) ont été publiées par d’autres, qui ont eu raison pourtant de s’en faire honneur, si conduit par leurs propres recherches à ces nouveaux faits, ils ignoroient, que j’y etois parvenu avant eux, et que j’en montrois dépuis long-tems, les expériences à tout le monde. Je n’ai donc garde d’accuser aucun de ceux qui ont publié ces faits de plagiat; et je me reserve seulement le droit de revendiquer celles de ces decouvertes dans les quelles je les ai in- contestablement et notoirement precedé par mes expériences, quoiqu’ils m’ayent prevenu par la publication: aussi parlerai-je dans la suite des mes Memoirs de tous ces nouveaux faits comme de source cru, . . . . . .

Tratto illeggibile [Nota della Comm.].

. . . . . . de mon cru,. . . .

Tratto illeggibile [Nota della Comm.].

. . . . m’embarasser de ce que d’autres en ont déja publié.

Je pourrois alléguer plusieurs causes de ce long rétard, dont je ne prétends pourtant pas de m’excuser tout-à-fait; les principales sont des questions et des doutes, que j’ai cru devoir préalablement eclaircir. On m’a fait differentes objections contre ce que j’avois avancé, qu’on ne peut exciter les contractions musculaires par le moyen des conducteurs métalliques appliqués aux parties, et en les faisant communiquer, à l’ordinaire, que dans les muscles volontaires, les muscles flexeurs et extenseurs ; et point du tout dans les muscles qui ne sont pas sujets à la volonté, quelqu’irritables qu’ils soient d’ailleurs, nommément dans le cœur: on a produit pour me contredire des expériences, où l’on faisoit redoubler les battements du cœur et même où on reveilloit lorsqu’ils étoient, tout-à-fait . . . .

Tratto illeggibile [Nota della Comm.].

. . . . . en appliquant deux métaux differents, un au cœur lui-même, et l’autre à quelques uns des principaux nerfs qui s’y portent; j’ai donc après avoir repeté et varié de plusieurs manieres les preuves et deter- miné les circonstances dans lesquelles on peut obtenir l’effet en question, rectifié ma proposition, enoncée peut-être trop generalement, mais j’ai constaté en même tems qu’une très grande différence, une différence essentielle subsiste, comme j’avois soupçonné entre les muscles volontaires et les non-volontaires, ou entre les nerfs des uns, et des autres ou nerfs et muscles d’une espece, et nerfs et muscles de l’autre, tant que l’excitabilité du muscle est très grande, et qu’on employe . . . .

Tratto illeggibile [Nota della Comm.].

. . . . . en ce que outre qu’il est beaucoup plus dif- ficile d’exciter ces derniers par les moyens indiqués, au point que l’effet n’a lieu qu’avec de métaux les plus actifs; c. à d. deux des plus éloignés dans l’echelle que j’avais déja tracée, comme plomb, étain, ou mieux zinc d’un coté, et or ou argent de l’autre, il faut au surplus, que ces deux métaux differents, ou un des deux soit appliqué à la substance même du cœur, ou du moins que celui-ci soit placé de maniere que tout ou une partie considerable de son corps se trouve dans le circuit, et soit conséquemment traversé par le courant électrique, que les deux métaux excitent; il faut en un mot, que le stimulus électrique affecte immediatement le muscle: . . . .

Tratto illeggibile [Nota della Comm.].

. . . . ment si le courant élec- trique ne se porte pas sur le muscle lui-même s’il ne penetre aucunement sa substance, je suppose le cœur s’il se limite à envahir et penetrer une partie quelconque de ses nerfs comprise entre les deux métaux, ou placée de quelque maniere que ce soit dans le cercle conducteur, le muscle exclus, nulle exci- tation dans celui-ci.
Or il en est bien differemment des muscles volontaires, qui se ressentent, et entrent dans les plus fortes contractions lorsqu’ayant appliqué deux métaux, pas même des plus actifs, à deux endroits du nerf principal qui s’y implantent, à deux endroits p. e. du nerf ischiatique, même peu éloignés l’un de l’autre, je fais communiquer ces deux métaux, ce qui dé- termine un courant électrique, qui traverse seulement cette portion intercep- tée du nerf: il suffit p. e. de serrer doucement ce nerf au dessus de son insertion dans les muscles de la jambe, qui lui obéissent de serrer p. e. le nerf crural d'une grenouille preparée, avec une pincette dont une branche est d’argent, l’autre de étain, ou mieux de zinc, pour mettre en convulsion tous les muscles sujets, toute la jambe, lorsque toute autre pression, tout autre stimulant mechanique ou chymique appliqué à ce même nerf n’a plus d’effet. L’irritation donc du nerf seul et de quelques points seulement du nerf par l’action stimulant d’un foible courant électrique est. très-efficace pour exciter les contractions des muscles volontaires qui en dépendent, et plus efficace que tout autre sti- mulant; tandis qu’elle ne l’est pas pour le cœur et les autres muscles non volon- taires, pour lesquels les stimulants mechaniques et chymiques sont au con- traire plus appropriés que le stimulant électrique; si bien, que lors même que ce fluide venant à frapper fortement et à porter son action immediate sur de tels muscles il parvient à les exciter on peut croire qu’il y agisse lui-même comme stimulant mechanique. Cela bien etabli comme mes expériences le prouvent, que le fluide électrique est le plus approprie de tous les stimulants pour les contractions des muscles volontaires, soit que son courant traverse la substance même de ces muscles, soit qu’il parcoure . . . .

Breve tratto illeggibile. [Nota della Comm.].

. . . . soit enfin qu’il n'affecte que le nerf seul, en ne parcourant qu’un trait de celui-ci; et qu’au contraire il n’est que un foible stimulant. inferieur aux stimulants mecha- niques pour les muscles non volontaires, et même inefficace appliqué aux seuls nerfs de ces derniers;

Le parole tra parentesi sono cancellate ne1 manoscritto, ma la ripetizione delle pa- role: « et qu’au contraire » ed il senso fanno supporre che esse dovessero esser richiamate in vigore. [Nota della Comm.].

j’avai découvert une difference bien remar- quable entre ces organes du mouvement, difference, qui nous conduit à di- stinguer en deux classes non seulement les muscles mais encore les nerfs re- spectifs, rapport à leurs fonctions, sans parler des nerfs des sens qui constitue une autre classe encore.

L’explication, que j’ai donnée de la maniere par laquelle les conducteurs métalliques differents excitent les sensations de saveur sur la langue, de lu- miere dans l’œil, de douleur dans quelques parties très-delicates, dans les playes, aussibien que les contractions clans les muscles volontaires: cette explication dans la quelle en les regardant non comme simples conducteurs, mais comme moteurs d’électricité doués chacun de differente force, selon l’e- spece de métal et d’autres differences accidentelles, en considerant, lorsque ces métaux se trouvent appliqués à ceux d’une autre classe de les conduc- teurs humides et on complette avec eux le cercle, en considerant un tel con- tact comme la cause active du courant électrique qui fait le tour, et continue tant que le cercle n’est point interrompu, de sorte que les nerfs et les muscles de l’animal qui font partie de ce cercle ne sont que passifs , excités simple- ment par une électricité extrinseque, en un mot des électrometres d’une nou- velle espece, et très-sensibles: cette explication, qui détruit de fond en comble tout ce qu’on avoit avancé et que j’avois cru moi même d’une électricité pro- prement animale c. à d. inhérente aux organes, d’une charge électrique, ou de l’equilibre naturellement rompu entre nerfs et muscles ou entre l’interieur et l’exterieur de ceux-ci ec. cette explication dis-je, adopté generalement par les Physiciens, qui ont suivi mes traces dans ces champs d’expériences ne pouvoit gueres que rencontrer de fortes oppositions de la part des di- sciples et des adhérents de Mr. GALVANI jaloux de conserver tout le plus grand eclat à la découverte du celebre Professeur de Boulogne; aussi a-t-on fait tous les efforts possibles pour retablir l’électricité animale, efforts tout à fait inutiles à l’égard de celle ci j’ai demontrée par mille expériences di- rectes, dans le sens qu’ils pretendent. Leurs plus forts arguments sont les con- vulsions excitées dans des grenouilles préparées à la maniere de GALVANI, par l’application de deux pieces du même métal, et même des deux bouts d’un seul et simple métal. J’ai déja répondu à ces objections il y a plus d’un an dans un Journal qui s’imprime ici à Pavie; 1° qu’on n’obtient ces convul- sions que moyennant la preparation complette de la grenouille, et tant qu’elle conserve une sensibilité prodigieusement grande; que au surplus ces contrac- tions musculaires manquent très-souvent même dans ces circonstances, et que lors qu’on les obtients, elles ne sont pas comparables en force à celles qu’on excite avec deux métaux differents. 2° Que si les deux pieces de métal, ou les deux bouts du môme métal, ne different pas substantiellement, il suffit qu'il s’y rencontre des differentes accidentelles, rapport à la trempe, à la den- sité, à la surface plus ou moins polie, plus ou moins luisante, ou terne, à la temperature ec. pour leur faire deployer une action ou force differente sur le fluide électrique là où ces métaux s’appliquent aux conducteurs humides, et en determine le courant. En effet j’ai prouvé qu’en changeant la trempe, le poli, la temperature à une des deux pieces, ou à un des deux bouts, du même métal, on réussit à exciter les convulsions, qu’on ne pouvoit obtenir lorsqu’il y avoit à tous ces égards une parfaite égalité. 3° En choisissant deux pieces d’un métal moins sujet à alteration, et de la même trempe, comme or, ou argent pur, en coupant deux morceaux au même fil d’or, et en les enfonçant comme deux aiguilles une dans la moelle epiniere, l’autre dans la jambe d’une grenouille tout recemment préparée, je n’ai jamais vu de convulsions excitées, lorsque je faisois communiquer immediatement entr’elles ces deux aiguilles tandis que je les obtenois avec deux autres pieces d’or, ou d’argent prises au azard, e. g. avec deux monnoyes ec.. Que doit-on dire donc, sinon qu’il y avoi ici quelque difference accidentelle entre or et or, argent et argent; puisque lors qu’il il n’y en a pas l’effet n’a lieu non plus?

Mais voila une objection bien plus forte: on réussit dans les premiers moments et dans certains cas à exciter les convulsions dans la grénouille pré- parée sans l’intervention d’aucun métal, en portant immediatement une de ces jambes en contact de l’épine, ou des nerfs cruraux nuds, et quelques fois aussi en faisant la communication moyennant une masse d’eau, une, ou deux personnes. Ce n’est donc pas, dit-on, une électricité extrinseque mue par les conducteurs métalliques qui manquent ici; mais une électricité residente dans les organes, une décharge du fluide électrique de la partie de ces organes, des nerfs e. g. où il se trouve naturellement accumulé à la partie qui en manque respectivement, e. g. les muscles, ou de l’interieur à l’exterieur de ces mêmes muscles, pour la voye des nerfs, comme l’avoit pensé GALVANI.

Ces expériences portées fort loin il y a quelques mois par Mr. EUSEBE VALLE, avec lesquelles les partisans de la theorie de GALVANI croyent triompher, en ont imposé à plusieurs de ceux qui avoient adopté la mienne, qui leur paroit incompatible avec ces nouveaux faits. Cependant il est, très-facile de les con- . . . . . . . . .

Interrotto il Manoscritto. [Nota della Comm.].

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Comme je soutiens, que la rupture d’equilibre, l’incitation au fluide électrique à parcourir en forme de torrent continu tout le cercle conducteur, vient de contact mutuel de conducteurs dissemblables dans ce cercle, conducteurs, qui sont en même tems moteurs c. à. d. le deviennent là où se fait un tel contact étherogene (à peu près comme il arrive par le frottement), et que j’ai par tant d’experiences differents montré; que cela a lieu d’une maniere si marquée pour les conducteurs métalliques vis-à-vis des conducteurs d’une autre classe des conducteurs que j’appelle humides parcequ’il doivent leur conducibilité à l’eau, ou a quelqu’autre humeur qu’ils contiennent; je n’ai qu’a ajouter que d’autres contacts de conducteurs éthérogenes pris dans cette derniere seule classe peuvent aussi agir sur le fluide électrique, rompre son repos, et le mettre en courant, avec une force d’autant moindre, qu’ils sont des conducteurs incomparablement moins parfaits que les métaux. Il faut donc étendre ana- logiquement aux conducteurs humides tout ce que j’ai dit des conducteurs secs, ou métalliques (parmi lesquels je range le charbon vegetal ou animal) c. à. d. que ce qui arrive à la rencontre d’un conducteur de cette classe avec un de l’autre, arrive aussi à proportion entre deux de la même classe, mais differents. Ainsi au lieu de dire, que tout le jeu depend de la difference des conducteurs métalliques, on dira des conducteurs sur-tout métalliques; les autres ne devant pas être exclus de la faculté de pouvoir être aussi moteurs .

J’avais depuis long-tems conçu l’idée que tous les conducteurs possedoient dans quelque dégré cette faculté active; et j’avois expliquée à quelqu’un de mes correspondents dès l’été de 1792, specialement dans deux longues lettres à Mr. VAN MARUM celebre Physicien Hollandois. Maintenant les expériences ont confirmé cette conjecture: elles font voir que le fluide électrique est mu par le simple contact de deux conducteurs humides différents, et surtout de deux liqueurs différentes. Je rapporterai nombre de ces expériences dans la suite de mes Memoirs: il sera suffisant de dire ici, que lorsque on n’obtient plus les convulsions en repliant simplement la jambe de la grenouille préparée sur le clos jusqu’au contact de l’épine, on pourra quelque fois les obtenir encore en mouillant prealablement l’une ou l’autre de ces parties, à la maniere de VALLE, de salive, d’eau salée, d’esprit de vin, et d’autres liqueurs, comme Mr. VALLE même a prouvé. Encore cette autre expérience et je finis. Ayant placé les jambes de la grenouille préparée dans l’eau pure contenue dans un verre et son dos dans celle d’une autre verre; il est extremement rare qu’on puisse exciter une fois ou deux des convulsions foibles en plongeant deux doigts dans les deux verres pour completer le cercle, et si rare, que la plupart avec les grenouilles plus fraiches, plus fortes, et le mieux préparées je n’y réussis pas, même dans les premiers instants; je n’y réussi pas beaucoup mieux en y plongeant les deux bouts d’un fil, d’or ou d’argent parfaitement homogene; mais si je repete l’expérience ayant mouillé le bout de mon doigt, ou le bout de l’arc métallique d’une autre liqueur, d’eau salée, d’esprit de vin, d’encre, de vinaigre, d’acide vitriolique, ou de quelque humeur animale, comme lait, sang, salive, urine, j’excite lorsque je viens à faire la communication les mouvements des muscles; l’expérience est beaucoup plus sure en employant l’arc métallique; mais elle est plus decisive avec celui des deux doigts: et tout, à la fin prouve que l’effet, est du au contact des deux liqueurs etherogenes. Après cela qui ne voit l’explication claire du phénomene dont on a fait tant de bruit, c. à. d. des foibles convulsions excitées dans la grenouille ponctuellement préparée par le simple contact d’une de ses jambes aux nerfs cruraux nus, ou aux muscles de l’épine? Quand même on n’a point mis de sa- live ec. à l’un des endroits, l’attouchement mutuel se fait toujours entre des conducteurs differents, au moins quant à la surface, qui est unie sur le genou, et sur les muscles couverts d’une membrane lisse, et au contraire inegale et presentant une chaire dechirée ou ensanglantée sur l’épine; c’est, dis-je, cette difference dans les surfaces conductrices qui se touchent en effet, parmi le peu de fois que l’expérience de Mr. VALLE réussit on peut observer, que c’est ordinairement lorsque on fait attoucher la chaire du dos ou on porte à l’attouchement des nerfs près de leur sortie de l’épine, non par une partie quel- conque de la jambe, mais par le muscle gastrocnemius, et mieux encore par cette partie blanche et tendineuse de l’articulation du pied.

Concluons, que nulle expérience ne prouve encore une decharge électrique provenante des organes de l’animal comme les partisans de GALVANI le pre- tendent, vu tant que tout s’explique par l’action propre des conducteurs dissem- blables portés au contact, action que j’ai directement prouvée, et determinée en quelque maniere par tant d’autres expériences sur-tout avec les métaux,. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Qui s’interrompe il Manoscritto. [Nota della Comm.].

[Empty Page]