Volta, Alessandro Lettera a M.me le Noir de Nanteuil 1782 Londres fr volta_letterLN_901_fr_1782.xml 901.xml

NOTE DELLA COMMISSIONE ED AGGIUNTE TRATTE DAI MANOSCRITTI DI A. VOLTA

A dare un’ idea di quanto si pensasse dai fisici ed in particolare dal Volta intorno all’ elettricità animale qualche anno avanti la scoperta del Galvani pubblichiamo la seguente lettera voltiana che, per la sua esposizione sintetica, chiara e rigorosa, merita di essere qui posta in evidenza:

LETTERA DI A. VOLTA A M.ME LE NOIR DE NANTEUIL.

Madame Je ne vous ferai pas des excuses, Madame, de ce que je ne vous ai pas envoyé le petit écrit sur l’électricité animale, le jour que je vous avois promis : vous les aurez sans doute prévenues, en réfléchissant que le tems me manquoit ce jour-là, qui fut la veille de mon départ. Mais enfin la meilleure excuse que je puisse vous faire, est de vous remettre ce même écrit de Londres, où étant arrivé le 3.me de ce mois, je songeai aussitôt à remplir mes engagements.

De l’Electricité Animale.

( ) En frottant le dos d’un chat, en étrillant un cheval, en peignant les cheveux, lorsqu’ils sont secs, on entend des pétillements, et on voit des étincelles; les poils et les cheveux hérissés se repoussent mutuellement, tandis qu’ils attirent et sont attirés par d’autres corps: en un mot tous les signes électriques se manifestent, et sont même très-forts quand le tems est à la gélée et que l’air est très-sec.

Les mêmes phénomenes ont lieu et dans les mêmes circonstances en tirant ses manchettes, ses bas, sa veste de laine ou de castor, et sur-tout si on a sur la jambe deux bas de soye neufs l’un blanc et l’autre noir, losqu’on vient à les séparer.

( ) L’electricité est si vive quelquesfois, qu’il paroît des traînées de lumiere au lieu d’étincelles; de sorte que ce qu’on nous rapporte des flammes legeres, qu’on a vu voltiger autour de la tête de quelques personnes, et du corps des chevaux, n’étoit vraisemblablement autre chose que ces aigrettes électriques, que la surprise, et l’amour du merveilleux a fait beaucoup exagérer.

( ) On a voulu appeler cette électricité électricité animale, de même que celle qu’on a observé naître comme spontanément dans les plumes de quelques perroquets vivants; mais on a eu grand tort, vu que l’animal vivant ou mort, ne contribue rien à cette électricité, qu’elle ne tient à aucune fonction vitale, étant produite simplement par le frottement des poils, de la soye, de la laine, et du linge même, qui, lorsqu’ils se trouvent parfaitement secs, sont des excellents idioélectriques, tout aussi bien que le bois séché, le papier ec. ( ).

L’animal qui porte ces corps peut tout-au-plus en favoriser l’électrisation en ce qu’il y entretient une douce chaleur, qui est d’un si grand avantage pour les corps de cette espece: cela est si vrai, qu’un bois ou un métal chaud au même degré sur lequel on étendra une tresse de cheveux, une pelisse, les bas de soye ec. favorisera également, et mieux même que la personne vivante l’électricité de ces corps, vu qu’il n’y aura point de transpiration humide.

( ) Pour donner le nom d’électricité animale il faut en trouver une qui soit essentiellement liée à la vie, qui tienne à quelqu’une des fonctions de l’économie animale. Mais une telle électricité existe-t-elle? Oui: on l’a découverte dans la Torpille, et dans l’ Anguille tremblante du Surinam, que les Naturalistes appellent d’après Linnée Gymnotus electricus. Le premier de ces poissons a une forme aplatie, et se trouve dans la Méditerranée, rarement dans l’Océan: le second est un poisson d’eau douce, qui habite les rivieres du Surinam et de la Cayenne.

( ) Les anciens connoissoient très-bien la Torpille, et cet engourdissement singulier qu’elle produit dans le bras qui vient à la toucher médiatement ou immédiatement. Pline entr’autres en parle d’une maniere assez claire. C’est cette sensation d’engourdissement que produit ce poisson, qui lui a fait donner le nom latin de Torpedo.

( ) On a avoit imaginé plusieurs hypotheses plus ou moins ingénieuses pour expliquer ce phénomene extraordinaire; mais rien de plus. Après la découverte des principaux phénomenes électriques quelques Physiciens, nommément s Gravesande et Musschenbroek sentant l’insuffisance de toutes ces explications simplement mechaniques, et apercevant une grande ressemblance entre la commotion que donne le poisson dont il s’agit, et celle produite par la bouteille de Leyde, jugerent que ces deux phénomenes pourroient bien être de la même espece, et produite par la même cause, c’est-à-dire par l’électricité. Mais il étoit réservé a Mr. Walsh membre de la Société Royale de Londres d’en démontrer la parfaite identité par des expériences sans replique. Mr. Bayen médecin du Roy à la Louisianne l’avoit déjà prévenu dans quelques unes de ces expériences sur l’Anguille tremblante: il avoit fait voir que la commotion ne se propageoit que par les bons conducteurs de l’électricité, et étoit absolument arrêtée par les corps isolants; qu’une chaîne de personnes se donnant la main et faisant circuit étoient frappées à l’instant ec.: le tout enfin comme avec une bouteille de Leyde. Mr. Walsh de son coté faisoit les mêmes expériences, et les poussoit beaucoup plus loin: il nous démontra comment le ventre et le dos de la Torpille, le museau et la queue de l’Anguille tremblante font fonction des deux surfaces de la bouteille de Leyde. Il nous fit voir que la plus petite interruption dans la chaîne des conducteurs arrête cette décharge électrique, et empêche par-là, qu’on puisse jamais obtenir d’étincelle; et voici l’explication qu’il en donne:

( ) Voyant que tout cela a lieu de même dans la décharge d’une Batterie électrique très-grande, mais très-foiblement chargée, qui ne laisse pas de donner une forte commotion, mais seulement par un contact immédiat, et sans étincelle sensible, il juge conséquemment que la Torpille décharge une très-grande quantité de fluide électrique, de même qu’une telle batterie, mais avec peu d’énergie, avec une faible tension (selon ma maniere d’expliquer); de sorte que ni l’une ni l’autre de ces décharges, qui d’ailleurs se ressemblent en tout point, ne peut franchir la moindre interruption.

( ) Mr. Walsh trouvant que l’Anguille tremblante donne une secousse beaucoup plus violente que la Torpille, jugea que celle-là pouvoit non seulement décharger une très-grande quantité de fluide électrique, mais aussi le lancer avec plus d’énergie: il compara l’Anguille à la même batterie électrique chargée à un degré de force (ou de tension selon moi) plus perceptible: aussitôt il conçut l’espérance d’en obténir une étincelle; ce qui lui réussit très-bien: voilà, comme il fit l’expérience.

( ) Il coupa transversalement avec un canif une feuille de métal collée sur une lame de verre, de sorte qu’il y eût la plus petite solution de continuité possible; et mit cette feuille dans le circuit: à l’instant qu’on toucha avec un bout de l’arc conducteur la tête de l’Anguille l’autre bout communiquant avec la queue, l’étincelle eclata à l’endroit marqué par la dite interruption de la feuille métallique.

( ) Il est bien étonnant qu’un animal puisse mouvoir à son gré le fluide électrique, le condenser dans une partie de son corps, le raréfier dans l’autre, et le lancer enfin à travers des conducteurs, qui, si l’animal est dans l’air, doivent former le circuit, et le ramener par là à l’equilibre. Il l’est encore plus que cette charge et décharge puisse s’opérer dans l’eau, qui est un conducteur elle-même, et que le courant électrique attrappe justement le bras de l’homme plongé pour le toucher, ou un autre poisson qui nage auprès de lui (qui est frappé de maniere à ne pouvoir plus se soustraire à la gueule dévorante de l’animal électrique).

( ) Il est vrai qu’on explique cela parfaitement bien par la même supposition de la très-grande quantité de fluide électrique déchargé à l’instant, qui doit se porter de préférence sur les conducteurs meilleurs que l’eau, tels que les métaux et les animaux vivants: ce qui a lieu de la même maniere avec la décharge d’une grande batterie, quelque peu de tension qu’elle ait. Mais toujours reste-t-il à savoir comment un petit animal peut mouvoir à volonté une si prodigieuse quantité de fluide électrique, et par quel moyen.

( ) On ne doute point que la Torpille de même que l’Anguille tremblante n’ayent pour cette fonction un organe particulier. Le même Mr. Walsh est allé plus loin: il a découvert dans la dite Anguille ce qu’on peut appeler proprement un sens électrique. Si on plonge dans le baquet d’eau où elle se trouve un, deux, ou plusieurs bons conducteurs, mais interrompus, l’animal n’en paroît aucunement affecté; mais si tôt qu’on vient à établir une comunication entre deux de ces conducteurs plongés pour compléter le circuit, qu’on réunit même les parties qui restent hors du baquet, l’animal s’agite, accourt, et porte l’extremité de sa tête à un bout de cet arc conducteur comme pour le flairer, y fait la décharge électrique, qui frappe la personne ou les personnes intermédiaires, supposé que celles-ci fassent la chaîne de réunion des deux conducteurs.

( ) Voilà jusqu’où l’on a porté les découvertes sur l’ électricité animale. On pourra sans doute les pousser plus loin. Mr. Walsh n’a pas même publié tout ce que nous avons rapporté ici touchant l’explication des phénomenes: il n’a donné qu’une relation des expériences capitales. Mr. Cavendish aussi membre de la Société Royale y a suppléé en quelque façon par un excellent mémoire qui se trouve dans les Transactions Philosophiques, où il décrit même une espece de Torpille artificielle qu’il a faite, et qu’il met en jeu en y faisant aborder lorsqu’elle est plongée dans l’eau la décharge d’une grande batterie electrique. Comme par ce moyen une grande quantité de fluide électrique se meut dans la Torpille une main plongée dans l’eau qui se trouve à portée en reçoit une grande secousse ec. Notre explication fondée sur la très-grande quantité de fluide électrique, mais douée d’une très petite tension ou énergie s’accorde donc parfaitement avec l’explication et les expériences de Mr. Ca- vendish, qui est lui-même d’accord avec Mr. Walsh, de qui je tiens cet aveu, et une quantité de détails qu’il m’a communiqués dans une conversation que j’eus dernierement avec lui.

Encore deux mots, Madame, pour finir la lettre que j’ai commencée. Je vous prie, s’il est possible, de faire tenir la copie des écrits que je vous ai dictés à Mlle la Marquise Doria Villani, Hôtel d’Hambourg, rue Jacob. J’ai eu pour venir ici un assez bon voyage, n’ayant reste sur mer d’Ostende à Margate que 14 heures, et n’ayant souffert des nausées qu’une heure. Je suis fort content de Londres, où je resterai jusqu’à, la moitié de Juin: je compte avant ce tems de faire un tour à Bath, Oxford, Birmingham, et Manchester, pour voir sur-tout des Manufactures. Ici j’ai déjà fait la connaissance de plusieurs Savants, mais point de Dames. Le Courier va partir, et je n’ai pas le tems de relire tout ce que j’ai écrit. Veuillez bien, Madame, faire mes très-humbles complimens à Mr. votre Pere, et à votre moitié, et à Mr. le Marquis de Bullion, et vous souvenir quelquesfois de celui qui vous a fait perdre des soirées à écrire, et qui croira toujours gagné le tems qu’il employera à vos services, ajoutant cela à l’honneur qu’il a d’être avec un profond respect Madame à Londres ce 14. Mai 1782.

Votre très-humble, très-Obéissant Serviteur ALEXANDRE VOLTA.

A Madame Madame de Nanteuil rue des Capucines Hôtel de la Police à PARIS.

Alla lettera « SOPRA L’ ELETTRICITÀ ANIMALE » del V. al Dott. BARONIO precede in Br. Giorn. una lettera: di DON BASSANO CARMINATI Professore di Medicina nella Università di Pavia al Sig. DOTTORE GALVANI dell’Istituto di Bologna (3 Aprile 1794) ed una lettera del Dott. LUIGI GALVANI al Prof. DON BASSANO CARMINATI (8 Maggio 1792), sullo stesso argomento della lettera Voltiana.