ED AGGIUNTE TRATTE DAI MANOSCRITTI DI A. VOLTA
elettricità animale qualche anno avanti la scoperta del Galvani pubblichiamo la seguente lettera
voltiana che, per la sua esposizione sintetica, chiara e rigorosa, merita di essere qui posta
in evidenza:
Madame
Je ne vous ferai pas des excuses, Madame, de ce que je ne vous ai pas
envoyé le petit écrit sur l’électricité animale, le jour que je vous avois promis :
vous les aurez sans doute prévenues, en réfléchissant que le tems me manquoit
ce jour-là, qui fut la veille de mon départ.
Mais enfin la meilleure excuse
que je puisse vous faire, est de vous remettre ce même écrit de Londres, où
étant arrivé le 3.me de ce mois, je songeai aussitôt à remplir mes engagements.
De l’Electricité Animale.
( ) En frottant le dos d’un chat, en étrillant un cheval, en peignant
les cheveux, lorsqu’ils sont secs, on entend des pétillements, et on voit des
étincelles; les poils et les cheveux hérissés se repoussent mutuellement, tandis
qu’ils attirent et sont attirés par d’autres corps: en un mot tous les signes
électriques se manifestent, et sont même très-forts quand le tems est à la gélée
et que l’air est très-sec.
Les mêmes phénomenes ont lieu et dans les mêmes circonstances en tirant
ses manchettes, ses bas, sa veste de laine ou de castor, et sur-tout si on a
sur la jambe deux bas de soye neufs l’un blanc et l’autre noir, losqu’on vient
à les séparer.
( ) L’electricité est si vive quelquesfois, qu’il paroît des traînées de
lumiere au lieu d’étincelles; de sorte que ce qu’on nous rapporte des flammes
corps des chevaux, n’étoit vraisemblablement autre chose que ces aigrettes
électriques, que la surprise, et l’amour du merveilleux a fait beaucoup exagérer.
( ) On a voulu appeler cette électricité
que celle qu’on a observé naître comme spontanément dans les plumes de
quelques perroquets vivants; mais on a eu grand tort, vu que l’animal vivant ou
mort, ne contribue rien à cette électricité, qu’elle ne tient à aucune fonction
vitale, étant produite simplement par le frottement des poils, de la soye, de la
laine, et du linge même, qui, lorsqu’ils se trouvent parfaitement secs, sont des
excellents
L’animal qui porte ces corps peut tout-au-plus en favoriser l’électrisation
en ce qu’il y entretient une douce chaleur, qui est d’un si grand avantage
pour les corps de cette espece: cela est si vrai, qu’un bois ou un métal chaud
au même degré sur lequel on étendra une tresse de cheveux, une pelisse, les
bas de soye ec. favorisera également, et mieux même que la personne vivante
l’électricité de ces corps, vu qu’il n’y aura point de transpiration humide.
( ) Pour donner le nom d’
soit essentiellement liée à la vie, qui tienne à quelqu’une des fonctions de
l’économie animale.
Mais une telle
dans la
appellent d’après Linnée
Le premier de ces poissons
a une forme aplatie, et se trouve dans la Méditerranée, rarement dans
l’Océan: le second est un poisson d’eau douce, qui habite les rivieres du Surinam
et de la Cayenne.
( ) Les anciens connoissoient très-bien la Torpille, et cet engourdissement
singulier qu’elle produit dans le bras qui vient à la toucher médiatement
ou immédiatement.
Pline entr’autres en parle d’une maniere assez claire.
C’est cette sensation d’engourdissement que produit ce poisson, qui lui a fait
donner le nom latin de
( ) On
pour expliquer ce phénomene extraordinaire; mais rien de plus.
Après la découverte
des principaux phénomenes électriques quelques Physiciens, nommément
explications simplement mechaniques, et apercevant une grande ressemblance
entre la commotion que donne le poisson dont il s’agit, et celle produite par
la bouteille de Leyde, jugerent que ces deux phénomenes pourroient bien
être de la même espece, et produite par la même cause, c’est-à-dire par l’électricité.
Mais il étoit réservé a Mr.
d’en démontrer la parfaite identité par des expériences sans replique.
Mr.
ne se propageoit que par les bons conducteurs de l’électricité, et étoit
absolument arrêtée par les corps isolants; qu’une chaîne de personnes se donnant
la main et faisant circuit étoient frappées à l’instant ec.: le tout enfin
comme avec une bouteille de Leyde.
Mr. Walsh de son coté faisoit les mêmes
expériences, et les poussoit beaucoup plus loin: il nous démontra comment
le ventre et le dos de la Torpille, le museau et la queue de l’Anguille tremblante
font fonction des deux surfaces de la bouteille de Leyde.
Il nous fit voir que
la plus petite interruption dans la chaîne des conducteurs arrête cette décharge
électrique, et empêche par-là, qu’on puisse jamais obtenir d’étincelle; et voici
l’explication qu’il en donne:
( ) Voyant que tout cela a lieu de même dans la décharge d’une
électrique
donner une forte commotion, mais seulement par un contact immédiat, et
sans étincelle sensible, il juge conséquemment que la Torpille décharge une
très-grande quantité de fluide électrique, de même qu’une telle batterie, mais
avec peu d’énergie, avec une faible
de sorte que ni l’une ni l’autre de ces décharges, qui d’ailleurs se ressemblent
en tout point, ne peut franchir la moindre interruption.
( ) Mr. Walsh trouvant que l’Anguille tremblante donne une secousse
beaucoup plus violente que la Torpille, jugea que celle-là pouvoit non seulement
décharger une très-grande quantité de fluide électrique, mais aussi
le lancer avec plus d’énergie: il compara l’Anguille à la même batterie électrique
chargée à un degré de force (ou de
aussitôt il conçut l’espérance d’en obténir une étincelle; ce qui lui réussit
très-bien: voilà, comme il fit l’expérience.
( ) Il coupa transversalement avec un canif une feuille de métal
collée sur une lame de verre, de sorte qu’il y eût la plus petite solution de continuité
possible; et mit cette feuille dans le circuit: à l’instant qu’on toucha
avec un bout de l’arc conducteur la tête de l’Anguille l’autre bout communiquant
avec la queue, l’étincelle eclata à l’endroit marqué par la dite interruption
de la feuille métallique.
( ) Il est bien étonnant qu’un animal puisse mouvoir à son gré le
fluide électrique, le condenser dans une partie de son corps, le raréfier dans
l’autre, et le lancer enfin à travers des conducteurs, qui, si l’animal est dans
l’air, doivent former le circuit, et le ramener par là à l’equilibre.
Il l’est encore
plus que cette charge et décharge puisse s’opérer dans l’eau, qui est un conducteur
elle-même, et que le courant électrique attrappe justement le bras
de l’homme plongé pour le toucher, ou un autre poisson qui nage auprès de
lui (qui est frappé de maniere à ne pouvoir plus se soustraire à la gueule dévorante
de l’animal électrique).
de la très-grande quantité de fluide électrique déchargé à l’instant,
qui doit se porter de préférence sur les conducteurs meilleurs que l’eau, tels
que les métaux et les animaux vivants: ce qui a lieu de la même maniere avec
la décharge d’une grande batterie, quelque peu de
Mais
toujours reste-t-il à savoir comment un petit animal peut mouvoir à volonté
une si prodigieuse quantité de fluide électrique, et par quel moyen.
( ) On ne doute point que la Torpille de même que l’Anguille tremblante
n’ayent pour cette fonction un organe particulier.
Le même Mr. Walsh
est allé plus loin: il a découvert dans la dite Anguille ce qu’on peut appeler
proprement un
Si on plonge dans le baquet d’eau où elle se
trouve un, deux, ou plusieurs bons conducteurs, mais interrompus, l’animal
n’en paroît aucunement affecté; mais si tôt qu’on vient à établir une comunication
entre deux de ces conducteurs plongés pour compléter le circuit, qu’on
réunit même les parties qui restent hors du baquet, l’animal s’agite, accourt,
et porte l’extremité de sa tête à un bout de cet
flairer, y fait la décharge électrique, qui frappe la personne ou les personnes
intermédiaires, supposé que celles-ci fassent la chaîne de réunion des deux
conducteurs.
( ) Voilà jusqu’où l’on a porté les découvertes sur l’
On pourra sans doute les pousser plus loin.
Mr.
tout ce que nous avons rapporté ici touchant l’explication des phénomenes:
il n’a donné qu’une relation des expériences capitales.
membre de la Société Royale y a suppléé en quelque façon par un excellent
mémoire qui se trouve dans les Transactions Philosophiques, où il décrit même
une espece de
aborder lorsqu’elle est plongée dans l’eau la décharge d’une grande batterie
electrique.
Comme par ce moyen une grande quantité de fluide électrique se
meut dans la Torpille une main plongée dans l’eau qui se trouve à portée en
reçoit une grande secousse ec.
Notre explication fondée sur la très-grande
quantité de fluide électrique, mais douée d’une très petite
s’accorde donc parfaitement avec l’explication et les expériences de Mr.
vendish
et une quantité de détails qu’il m’a communiqués dans une conversation que
j’eus dernierement avec lui.
Encore deux mots, Madame, pour finir la lettre que j’ai commencée.
Je vous prie, s’il est possible, de faire tenir la copie des écrits que je vous ai
dictés à
J’ai
eu pour venir ici un assez bon voyage, n’ayant reste sur mer d’Ostende à Margate
que 14 heures, et n’ayant souffert des nausées qu’une heure.
Je suis fort
ce tems de faire un tour à Bath, Oxford, Birmingham, et Manchester, pour voir
sur-tout des Manufactures.
Ici j’ai déjà fait la connaissance de plusieurs Savants,
mais point de Dames.
Le Courier va partir, et je n’ai pas le tems de relire
tout ce que j’ai écrit.
Veuillez bien, Madame, faire mes très-humbles complimens
à Mr. votre Pere, et à votre moitié, et à Mr. le Marquis de Bullion, et vous
souvenir quelquesfois de celui qui vous a fait perdre des soirées à écrire, et qui
croira toujours gagné le tems qu’il employera à vos services, ajoutant cela à
l’honneur qu’il a d’être avec un profond respect
Madame
à Londres ce 14. Mai 1782.
Votre très-humble, très-Obéissant
Serviteur ALEXANDRE VOLTA.
A Madame
Madame de Nanteuil
rue des Capucines
Hôtel de la Police
à PARIS.
Br. Giorn. una lettera:
di
Sig.
del Dott.
stesso argomento della lettera Voltiana.