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Art. I
tare ripetizioni. [Nota della Comm.].
Le même principe ou pouvoir, qui excite l’Electricité par le frottement de deux corps,
dont un au moins soit
le simple contact mutuel des corps très-permeables, ou
pourvu seulement qu’il soient différents entre eus. Modifications de ces Electricité depen-
damment d’une telle perméabilité on imperméabilité des dits corps
Ce Memoire étoit déjà composé pour la plus grande partie en 7bre de l’année passée
1796, comme j’en donnai avis au même d. van Marum dans une autre lettre du 8. 8bre. Notre
correspondence ayant été malheureusement interrompue, j’ai changé et ajouté à cet écrit
plusieurs choses à mesure que dans cet intervalle d’une année, mes expériences. et mes décou-
vertes, ont avancé, et repandue une plus grande lumiere sur le sujet.
Art. II
Observations sur le Duplicateur Electrique de Nicholson.
Accidents et variations, aux-
quelles il est sujet : Causes, et circonstances, qui influent sur ces variations. Comment, mal-
gré cela, on en peut obtenir des resultats certains pour découvrir, et rendre très-apparents
des électricités étrangères trop foibles pour se manifester sans un tel secours.
Pr. 16.
Le
densateur
Vol. ), et dans d’autres écrits concernant
jugués
taires; cet instrument très-ingenieux et très-utile, construit en forme d’une
jolie petite machine, consiste en trois plateaux, ou disques métalliques A, B, C,
de deux à trois pouces de diametre, et un arbre ou axe cilindrique en partie
de metal, terminé par une boule pareillement métallique D, et en partie de
verre , garni à cette autre extrémité d’une manivelle, pour le faire tourner
sur un support ou colomne, dont le chapiteau creusé en forme de canal et garni
d’un couvercle ou calotte de la même forme le soutient au milieu, et l’arrete,
à peu près comme est soutenu et arreté l’arbre d’un tour en l’air. Cette colomne
peut être entierement métallique, ou n’avoir de metal que le dit chapiteau,
et le reste de bois: il est pourtant avantageux qu’une partie au moins de la
colomne soit de verre, pour avoir, lorsqu’on le veut, toute la machine isolée;
ce qui donne lieu à plus de variété dans les expériences.
Pr. 17.
Or des trois disques A, B, C, les deux premiers sont implantés par un petit
bras cilindrique de verre (un pouce de longueur est plus que suffisant, surtout
si le verre est incrusté de cire d’espagne, ce qui le rend beaucoup plus isolant)
dans le chapiteau de la colomne, le disque A à droite, le disque B à gauche,
chacun dans un plan vertical; et ils restent fixes et immobiles dans cette si-
tuation: le troisieme disque C est porté aussi dans un plan vertical par un bras
isolant qui s’implante à angle droit dans la partie métallique de l’arbre tour-
nant, et tenu de maniere, qu’à chaque tour qu’on lui fait faire il se presente
de face, et passe devant l’un, et devant l’autre disque fixe à une petite distance.
Enfin il y a des aiguilles ou fils métalliques adaptés convenablement pour
établir des communications, les changer, et les ôter à propos; sçavoir de la
maniere suivante :
1) Lorsque le disque mobile C arrive justement en face du disque fixe B
il rencontre et touche un fil ou aiguille attachée au chapiteau, qui le fait par
conséquent communiquer avec toute la partie métallique de l’arbre tournant
terminée par la boule D, et avec le plancher, si cet ensemble de pieces n’est
pas isolé; en même tems qu’un autre fil métallique, qui traverse en forme de
croix la partie isolante du même arbre vers la manivelle fait communiquer
par la rencontre d’autres aiguilles les deux disques immobiles A, B entr’eux,
mais nullement avec le plancher.
2) Lorsqu’au contraire le disque C ayant fait un demi tour se trouve
vis-à-vis et exactement en face du disque A, celui-ci seul communique, par un
autre aiguille saillante hors de la partie métallique de l’arbre terminée par
la boule D, à cette piece, et au plancher, si elle n’est pas isolée; tandis que
le disque mobile C reste absolument isolé.
Ainsi donc dans la 1.
en face du disque B, il s’établit deux communications, une entre A et B, l’autre
entre C et D: dans la 2.
est porté vis-à-vis de A, il s’établit une seule communication, et c’est entre
A et D.
3) Enfin dans toute autre position chacun des trois disques A, B, C reste
isolé, et solitaire.
Pr. 18.
D'après cette construction du
de ceux de BENNET et de CAVALLO décrits dans le même Vol. 78. des Transact.
Phil. (auquel je renvoye pour les détails) que par un arrangement beaucoup
plus commode de pieces. qui en simplifiant infiniment la manœvre la rend aussi
plus sûre quiconque a une connoisance suffisante de l’
électriques
comment l’électricité portée de quelque maniere dans le disque mobile C doit
occasioner
celui-là se presente en face; et reciproquement : commenté ces électricités op-
posées viennent à augmenter par chaque tour qu’on fait faire au disque C,
de sorte qu’en multipliant ces tours on peut elever à plusieurs dégrés de l’Elec-
trometre de CAVALLO, ou du mien à pailles, et jusqu’à la decharge d’une étin-
celle (qui se fait entre le disque tournant, et l’un ou l’autre fixe), on peut dis-je
élever à une telle force des électricités si foibles au commencement, qu’elles n’au-
roient pu affecter sensiblement, ou mouvoir d’un seul dégré le Thermoscope
le plus delicat de BENNET, on à feuilles d’or: comment ces augmentations suc-
cessives des électricité se font dans une proportion pins grande à mesure que
le disque tournant regarde de plus près dans son passage l’un après l'autre
les disques immobiles, de sorte que si la distance est extremement petite,
l’électricité peut s’accroitre presque du double à chaque tour: ce qui a fait
donner justement à cette machine le nom de
Pr. 19. Celui, que j’ai pu me procurer il n’y a pas long-tems, et dont
je me suis servi pour les expériences, que je décrirai ci-après, ne multiplie
pas tant. Les trois disques n’ont que 2. ponces de diametre, et sont de même
que les fils qui établissent les communications convenables (Pr. 14), et tout
le reste, excepté le pied et les bras isolants (ib.) ils sont tous de laiton: on peut
de zinc, ec. à volonté: ce qui procure un autre moyen de varier les expériences,
et peut conduir à de nouvelles découvertesJe rapporterai ailleurs les resultats divers que j’ai obtenus. par des tels changements
des disques; et les idées auxquelles ils ont donné lieu.
Le disque mobile lorsqu’il se présente en face à chacun des disques fixes
se tient à la distance d’1. ligne environ. Par cette distance considerable, aussi-
bien que par la perte inevitable d’une partie plus ou moins grande d’électricité,
qui dans le tems que dure le jeu de la machine, s’échappe le long des bras
isolants, qui ne le sont presque jamais à perfection, et dans l’air plus on moins
humide, il me faut tantôt 3. tantôt 4. tours (et même 5, 6, 8, 10 s’il y a beau-
coup d’humidité) pour augmenter du double l’électricité dans les disques;
c. à. d. que si elle est d’1. degré au commencement, elle n’arrivera à 2.
3. ou 4. tours, à 4
encore, et ainsi de suiteJe ai reussi quelques fois à doubler l’électricité à chaque deux tours; c‘étoit par un tems
très-sec, l’Hygrometre de SAUSSURE à cheveu marquant entre 50. et 60. d.
tems et lieux fort humides souvent 10, et jusqu’à 12. tours suffisoient à peine à produire une
telle duplication, et, ne suffisoient pas même lorsque l’ Hygrometre marquoit 90. d.
tage. C’est par une humidité moyenne entre: 70. et 80. d.
chaque 3. ou 4. tours du duplicateur dont je me sers.
Pr. 20. De cette maniere il m’est aisé d’evaluer, au moins en gros, par
le nombre de tours nécessaires à porter les électricités opposées du disque
mobile et des disques fixes à un point sensible, assez par es. pour faire élever
d’1. degré, de 2. ec. l’electrometre à paille (ou celui beaucoup plus sensible
à feuilles d’or), appliqué convenablement à un de ces disques, de quelle force pou-
voit être cette même électricité tout à fait imperceptible avant qu’on fit tourner
la machine, une électricité par ex. extremement foible qu’on auroit commu-
niquée à l’un ou à l’autre de ces disques, soit exprès par un moyen quelconque,
soit par hasard et sans le vouloir, par quelque friction de corps cohibents, ou
mauvais conducteurs, et même par le simple attouchement de conducteurs
assez bons, mais différents ec., une électricité excitée ou donnée long-tems
avant, et pas encore detruite entierement ec. Faut-il par ex. 24. tours pour
faire indiquer à l’electrometre mis en communication soit du disque mobile,
soit du disque fixe B placé à gauche (ce qu’on fait plus avantageusement)
4 degrés? je calcule que l’électricité étoit 64. fois ou 256 fois plus foible, et
qu’ainsi elle n'arrivoit au commencement qu’à 1/16; ou à 1/64 de degré, selon
que 4. tours, du dit duplicateur ou que 3. suffisent dans les circonstances
actuelles pour la doubler: ce que je puis verifier sur la charge en observant
s’il en faut veritablement 3. ou 4. de ces tours, ou combien il en faut pour porter
Que si l’expérience m’apprend que ces 3.
tours ne suffisent) pas pour doubler l’électricité, et que 4. soient de trop, comme
il arrive le plus souvent: dans ce cas il faudra prendre une moyenne: ainsi
supposé comme ci-dessus, qu’avec les 24. tours je l’ai portée à 4. degrés, je
dois juger qu’elle étoit, originairement entre 1/16, et 1/64 de degré, plus près de
l’un ou de l’autre terme, suivant que l’augmentation approche plus d’être
double après 4. ou après 3. tours.
On voit par tout cela, que je dois me contenter d’une évaluation en gros:
ce qui pourtant, me suffit pour les objets que j’ai en vue dans les expériences,
dont, je vous entretiendrai incessamment.
Pr. 21. J’ai déja indiqué (Pr. 18) que les augmentations de l’électricité
suivroient une proportion plus grande si le disque mobile se présentoit aux
disques fixes à une plus petite distance, comme d’ 1/2, ou d’ 1/4 de ligne. Mais
pour des expériences de comparaison je trouve plus avantageux, que les dif-
ferences soient marqués par un plus grand nombre de tours; qu’il faille plûtôt
4. ou 5. tours pour doubler l’électricité, que 2, ou 3. D’ailleurs la construc-
tion de la machine, et sa manœvre sont, beaucoup plus aisées en faisant que
le disque mobile se presente à chacun de deux autres fixes à la distance de 3/4
ou d’1. ligne entiere, qu’a celle d' 1/2, d’ 1/4, ou moins, étant trop facile dans ce
cas qu'ils se touchent par accident, ce qu’on doit absolument éviter.
Pr. 22. Je passe maintenant à observer avec BENNET, CAVALLO, NI-
CHOLSON, auteurs des differens
occupés de semblables expériences, que si la machine avec toutes ses pieces
est en ordre, et les isolements se trouvent suffisamment bons, on en obtient,
toûjours, quand même il paroit qu’on ne devroit pas s’y attendre, des signes
d’Electricité par un nombre plus ou moins grand de tours. Pour la mienne
(Pr. 19) je n’en ai jamais dû employer plus de 60, excepté que l’air fût
très-humidePar une humidité continuée et supérieure aux 85. et 90. de
80, 90, 100. tours avant obtenir un dégré sensible d’électricité; et près de l’humidité extrême
n’ayant plus d’isolement je n’ai rien obtenu du tout. Dans un tems extremement sec 30. tours ou moins font l’effet; et par une grande
secheresse, où l’hygrometre se tient entre les 50 et 60. d.
l’électricité (Pr. 19 Not.) moins de 20. tours en font paroitre quelques signes.
employé les moyens qu’on croit les plus efficaces pour la dépouiller de toute
électricité contractée précedemment, que je l’ai laissée en repos des jours
entiers, que j’ai touché à plusieurs reprises et longuement les disques metal-
liques, ou que je les ai fait communiquer par les meilleurs conducteurs avec
le sol humide, ec.. Il y a donc toûjours dans ces disques quelque peu d’électri-
cité, soit de celle qu’on a fait jouer dans les expériences précedentes, et, qu'on
y avoit élevé à un degré sensible, soit, d’une électricité nouvelle contractée
par ces mêmes disques de l’air, des vapeurs, ou en vertu de quelque friction
ce qui ne manque jamais d’en produire une, comme je montrerai: enfin
il existe toujours, ou il se produit, entre le disque mobile et les fixes
quelque excès et défaut respectif de fluide électrique; jamais l’equilibre exact
n’a lieu. Une telle électricité après qu’on a tout fait pour la detruire peut bien
être inconcevablement petite, mais elle sera toûjours plus que zero (le quel
zero d’électricité, c. à. d. un parfait équilibre ne peut avoir lieu que très diffi-
cilement, et quand il existeroit une fois ne peut gueres durer); et on pourra
toujours l’elever à un degré sensible moyennant, un nombre plus ou moins
grand de tours d’un
dit au commencement de ce Pr.).
Pr. 23. Celui que j’ai fait construire pour mon usage, et qui par les raisons
indiquées (Pr. 19) n’augmente pas les électricités des disques à chaque tour,
autant qu’il seroit possible, de sorte que dans les circonstances assez favorables
il faut au moins 3. tours pour doubler ces électricités (Pr. cit. et Not.), ce Du-
plicateur, qui n’est par consequent pas le plus actif après l’avoir laissé plu-
sieurs jours dans une chambre temperée, où l’Hygrometre de SAUSSURE à
cheveu se trouvoit entre 75. et 80. degrés, lorsque j’ai taché de le purger de
l’électricité précedente par des attouchements assez longs et souvent reitérés
de mes doigts humides portés sur chaque disque, et sur les autres pieces mé-
talliques, et par un repos de 8. 10. 12. heures, et même d’un ou de deux jours,
est encore en etat
donner tant, à ce même disque, qu’aux autres fixes, des signes d’électricité, au
point de produire dans l’électrometre à pailles minces un écartement d’1.
ligne (que j’evalue pour 2. degrés), et davantage, et dans ce-lui à feuilles d’or
battu, que j’aime d’appeller
lignesLe plus sensible de mes électrometres à paille l’est 4 fois moins d’un à feuilles d’or,
dont je me sers, et qui n’est pas encore le plus delicat de cette espece. Ainsi mes degrés d’électri-
cité étant comptés sur un tel électrometre à pailles par chaque demi ligne d’écartement, ils re-
pondent chacun à 2. lignes de cet autre microelectrometre. Que si les isolements se trouvoient dans le meilleur état, si l’am-
bient, auquel reste exposé mon instrument étoit depuis long-tems beaucoup
plus sec, l’hygrometre marquant au dessous de 70, de 65, et de 60. degrés au
même hygrometre à cheveu, dans des circonstances si favorables, où 3. tonrs,
ou 2. suffisoient pour doubler l’électricité, (Pr. 19. not.), je n’avois besoin pour
obtenir de tels signes d’électricité, en depit des dits attouchements et repos pro-
longé à quelques heures, que de 30, 25, 20, tours ou moins.
Pr. 24. Au lieu de toucher séparément, chacun des disques ec. pour détruire
dans tous l’électricité il est beaucoup plus expedient mettre en communication
à la fois toutes les pieces métalliques entr’elles, et avec le grand receptacle
de la terre, pour ôter en un mot tout isolement, de porter le doigt un peu hu-
mide, ou tel autre conducteur qu’on voudra, nullement isolé, mais en commu-
nication avec le sol, de porter ce doigt en même tems et sur le disque fixe B,
et sur le disque mobile C qu’on aura arrété justement vis-à-vis de lui; cette
position étant celle qui fait communiquer tant les deux disques fixes A, B
entr’eux, que le dit disque mobile C avec la boule D par des fils metalliques
disposes a cet effet (Pr. 17). Dans ces circonstances donc il suffit de toucher
à la fois avec le doigt, ou avec une piece métallique les bords des deux disques
B, C, qui se trouvent, en face l’un de l’autre, pour établir une complette com-
munication de toutes les pieces, et procurer possiblement au plûtot l’extinction
de l’lectricité en elles. Je dis possiblement au plutôt, car il faut pour cela un
tems plus ou moins considerable. Tachant de la détruire, ou de la dissiper
d’une autre maniere, sçavoir par l’interposition entre les mêmes disques B, C
d’un carton humide, qui se prolonge jusqu’à la table, ou au pavé, et les touche
même amplement, je ne réussis pas encore à obtenir une extinction totale
en plusieurs minutes, ni même au bout de quelques heures; puisqu‘avec 40,
50, ou tout au plus 60. tours par un tems ni sec ni trop humide (70-80. d.
de l’Hygrometre), la même électricité paroit de nouveau, et fait, donner à
l’Électrometre 1,2, 3. degrés. Il ne m’a, pas été non plus possible de la détruire
tout-à-fait en interposant aux deux disques B, C en plein contact avec leur
faces un fil ou lame métallique, qui se prolongeoit jusqu’à terre, et la laisssnt
en place plusieurs heures, quand même cette lame et les disques étoient de la
même espece de metal, si l’air étoit, extremement humide (on verra ensuite
pourquoi je note cette circonstance): toûjour: 50, 60, 80, 90, 100 tours
(Pr. 22 not.) du disque mobile m’ont suffi pour obtenir nouvellement des
signes sensibles d’électricité.
Pr. 25. Maintenant si nous nous en tenons aux progressions indiquées
ci-dessus (Pr. 20) pour les augmentations des électricités, si nous supposons
par ex. qu’elles augmentent du double tous les 4. tours (ce qui est à-peu-près
le plus juste pour le Duplicateur, dont, je me sers, et par une temperature
humide moyenne), toutes les fois qu'il faudra 40. tours, pour faire que l’élec-
tricité du disque mobile s'éleve par es. à 4. dégrés de mon électrometre à pailles,
nous devrons donc: conclure que cette électricité n’arrivoit pas avant, le premier
tour à 1/250 de dégré.
Pr. 26. Tel doit donc être, ou surement pas plus grand que cela, le residu
d’électricité, que retiennent opiniatrément, les disques de mon Duplicateur,
lorsque malgré qu’ils ayent touchés et retouchés, et mis en communication
moyennant des conducteurs humides ou métalliques avec le pave, et abandonnés
d’élever l’électrometre à pailles à-peu-près à 4. dégrés, sitôt que je fais faire
au disque mobile environ 40. tours, comme il arrive ordinairement qu’un tel
nombre de tours suffise (Pr. 22. et prec.). Que s’il en faut, 50, 55, ou 60: comme
il arrive aussi quelques fois, soit après un plus long repos, soit à la suite d’at-
touchements plus étendus, et continués plus long-tems avec les meilleurs
conducteurs, il faudra croire, que l’électricité en question fût au dessous
d'1/1000 de degré, qu’elle n’arrivât peut-être pas à 1/4000 à 1/8000 ou à 1/10000;
qu’elle fût bien petite et plus qu’imperceptible; toûjours pourtant quelque
chose capable toutefois de devenir sensible à l’aide du Duplicateur. Quel
instrument donc que ce Duplicateur qui nous met à même de découvrir,
et d’évaluer en quelque maniere une quantité d’électricité si extremement
petite !
Pr. 27. Cette difficulté, ce retard que presentent les disques métalliques
de notre Condensateur, à se laisser depouiller de l’électricité une fois acquise,
ne depend pas pour la plus grande partie du métal lui-même; lequel au con-
traire comme conducteur à-peu-près parfait, on peut croire, qu’il perde effecti-
vement par des attouchements même passagers de tout conducteur aussi
parfait, et de la même espece (on verra pourquoi je dis de la même espece),
qu’il perde, dis-je, toute l’électricité, soit positive, soit négative qu’il possedoit ;
mais il dépend singulierement du corps cohibent qui isole chacun de ces disques,
à la surface du quel corps avoit passé, et s’y étoit attaché on imprimé en cer-
taine maniere une partie de l’électricité du disque même. Cette électricité
donc dont les disques ont été précédemment imbus, ou pour mieux dire la
partie de cette électricité qu’ils ont laissé échapper et deborder aux limites
de leur isolement, et qui a pu glisser plus ou moins avant sur la surface cohi-
bente du verre ou de la resine, qui forme cet isolement (Pr. 17), cette électri-
cité qui s’y est imprimée, et a de la peine à se détacher, est celle qui refluant
peu-à-peu dans les mêmes disques, y fait paroitre pour si long tems des residus.
La chose est très-naturelle, et facile à concevoir.
Mais en vent-on des preuves
directes? Qu’on électrise fortement, ou médiocrement une verge, ou une lame
métallique montée (de même que les disques du Condensateur) sur un pied
isolant, et qu’on la depouille aussitôt, ou miens quelque tems après, par des
semblables attouchements des doigt ec. de cette électricité, au point qu’elle
ne donne plus aucun signe à l’electroscope; cela fait, on n’a qu’attendre quelques
minutes, et elle en donnera des plus ou moins foibles: ce qui fera voir evidem-
ment le retour à sa place de cette électricité, qui s’écoulant du conducteur
métallique s’étoit repandüe de proche en proche sur la surface isolante et y
avoit été resté empreinte. Otez ce peu d’électricité rentrée avec peine et len-
tement dans le conducteur; et il y reparoitra un autre petit peu au bout de
quelques autres minutes; et ainsi de suite, jusqu’à ce que les residus toujours
plus petits deviennent tout-à-fait insensibles.
Pr. 28. Voila donc ce qui arrive à notre petite machine.
Lorsque l’électri-
cité a été élevée à une certaine force dans les disques, et qu’elle a joué quelque
tems il en deborde une portion, qui glisse et s’épanche comme elle peut sur la
surface des bras isolants, au moins sur la partie de cette surface plus proche
de ces disques électrisés; il s’en ecoule une portion plus ou moins considerable,
qui s’étend et s’imprime plus ou moins avant, selon que la cohibence de la dite
surface, qui n’est jamais parfaite et absolue, le permet. Vient-on à toucher
avec des bons conducteurs non isolés ces mêmes disques pour les dépouiller
de leurs électricités? Ils s’en laissent effectivement priver en quelques instants
comme on peut croire; il n’en retiennent peut-être pas la moindre parcelle;
mais il n’en est pas de même à l’égard de la surface isolante, qui en a participè;
les points de cette surface qui ont été imbus d’une portion de la même électri-
cité ne la lâchent pas si aisément, leur cohibence fait qu’elle y demeure attachée
avec une certaine tenacité, et ne reflue dans les disques, d’où elles s’étoit,
ecoulée, qu’avec difficulté, et assez lentement.
Il faut donc plusieurs minutes, et quelques fois des heures avant qu’une
telle électricité empreinte sur une plus ou moins grande partie des dites sur-
faces isolantes soit dissipée entierement; quand même les attouchements des
disques, et leurs communications avec le pavé, seroient les meilleurs (Pr. 24),
et continueroient tout ce tems. Que si on les laisse isolés ces disques après un
seul contact momentané, ou prolonge seulement pour quelques instants,
l’électricité dont il s’agit pourra durer des jours.
Or tant qu’il en reste une portion quelconque dans les bras isolants, ce
residu ne cessant pas d‘être attire et sollicité vers les disques portés par les
dits bras, voila qu’il y en entre un tant soit peu pendant même que la machine
est mise en jeu, c. à. d. durant tout le tems qu’on fait tourner le disque mobile;
et que ce tant soit peu, cette dose quelque petite qu’elle soit, acquirant les
augmentations qu’un tel jeu du Condensateur occasionne, devient une électri-
cité sensible au bout de 30, 40, tours, ec..
Pr. 29. Si l’électricité que retiennent les surfaces des bras isolants après
que leurs disques ont été touchés et retouchés et qu’ils ont restés en commu-
nication avec le plancher assez long tems, est, extremement foible, comme on
vient de voir; celle au contraire qui subsiste, et y demeure empreinte peu après
en avoir depouillé par des contacts et communications de peu des durée ces
mêmes disques (dans lesquels on l’avoit élevée à un fort dégré, et fait jouer
long-tems) est, quelquesfois si considérable, qu’une autre électricité, communi-
quée à l’un ou à l’autre de ces disques moyennant une bouteille de Leyde, on
autrement, une électricité contraire, dis-je, forte d' 1/2 et même d’1 degré,
au lieu de prendre des augmentations à mesure qu’on fait tourner le disque
mobile, diminue visiblement, disparoit et donne lieu enfin à l’ancienne électri-
cité d’espece contraire.
Pr. 30. Il est à propos d’observer ici, que la difficulté, lu lenteur avec
laquelle l’électricité empreinte sur les bras isolants en est soutirée par les disques
métalliques qu’ils portent, augmente à mesure qu’il y en reste moins, de sorte
que les dernieres portions de cette électricité sont retenues beaucoup plus opi-
niatrément, et beaucoup plus long-tems que les premieres. Cela s’entend fa-
cilement : et nous fait, voir la raison pourquoi les premiers attouchements faits
aux disques de notre Duplicateur; et les premiers instants sont incompara-
blement plus efficaces pour en emporter l’électricité, que les suivants. Je vais
en donner un exemple seul qui pourra suffire.
Pr. 31. Après avoir élevé l’électricité dans le Duplicateur à 4, 6, 10 degrés
et arrété le disque C vis-à-vis du disque B, je touche avec le doigt legerement
humecté, ou avec une piece métallique que je tiens à la main, les bords de ces
deux disques: (ce qui établit une communication complette de toutes les pieces
(Pr. 24)) je les touche un seul instant: cela suffit pour enlever entieremeut
l’électricité residente en eux, et soutirer même une partie considerable de celle
debordée et adhérente à la surface des bras isolants; de sorte que par cette
double perte il ne faudra pas moins de 12 à 14 tours (par un tems ni fort sec
ni trop humide) pour faire reparoitre l’électricité dans les mêmes disques, et
l’élever à 1. ou 2. dégres. Je repete l’expérience avec la même charge d’électri-
cité, que je tache de detruire avec des semblables attouchements, mais prolongés
à quelques secondes; et il me faut alors 15 à 20 tours pour retablir le residu
d’électricité à la même force de 1. ou 2. degrés. Il ne m’en faut pas un nombre
beaucoup plus grand pour la retablir au même degré, lorque j’ai laissé durer
les mêmes contacts, les mêmes communications avec le sol une minute pre-
miere: dans ce cas 25 à 30 tours suffisent; et 35 à 40 lorsque ces communi-
cations ont duré 5, 8, 10 minutes. Enfin les ayant prolongées à une heure ou
davantage, je remarque peu de difference encore, et quelques fois aucune,
puisque 45, ou 50 tours font l’effet, ec.A moins que la disposition du Condensateur soit telle qu’il affecte décisément une
électricité contraire à celle qu’on lui a communiquée et qu’on s’occupe à détruire par les mo-
yens indiquées, dans ce cas elle se trouve presqu’entierement détruite en moins d’une heure,
ou d’une demie heure, et quelquesfois en peu de minutes, tellement qu’il faut plus de 60 ou 70
tours pour la rendre de nouveau sensible; et si les contacta durent davantage, on voit alors
paraitre mettant en jeu le même Condensateur non l'électricité qui avoit èté communiquée,
mais la contraire qu il affecte ec. Mais je parlerai de cela amplement dans la suite.
Pr. 32. Mais ce qui peut paroitre surprenant c’est, qu’il arrive quelquesfois,
que l’électricité qui reparoit dans les disques est contraire à celle dont ils avoient
été imbus, que la positive donne lieu à la négative, et viceversa. J’ai observé
non rarement cette inversion dans le Duplicateur dont je me sers. L’expli-
cation de ce phénomene n’est pourtant pas difficile, et se tire de l’action bien
la On sçait que le fuide électrique accumulé ou
raréfié dans un endroit s’efforce d’en chasser des endroits voisins, ou d’y en
attirer, pour établir une sorte de compensation. Non seulement donc une sur-
face isolante électrisée tend à procurer une électricité contraire à la surface
opposée; mais une partie d’une surface en fait autant à l’égard d’une autre
partie de la même surface. C’est ainsi qu’en imprimant l’électricité
sur la demie longueur d’un cilindre de verre, ou de cire d’espagne, ce fluide
accumulé repousse le fluide naturel de l’autre partie, le refoule vers l’extremité
opposée, que cette partie tend à s’en decharger, à acquerir enfin l’électricité
elle puisse faire passer de son fluide. On peut même produire plusieurs zones
alternativement positives et negatives; mais il est plus aisé d’en produire deux
seules dans un cilindre isolant assez court garni de metal aux deux bouts.
Pr. 33. Or donc voila le cas, où se tronvent justement les disques de mon
Duplicateur portés chacun par un bras isolant d’un pouce à-peu-près de lon-
gueur (Pr. 17). On conçoit que l’électricité de l’un ou de l’autre de ces disques,
pour peu qu’elle soit forte et soutenue, et la surface du bras isolant en quelque
façon imparfaite, peut s’écouler doucement, et se repandre sur une partie
de cette surface, et jusques vers la moitié de la longueur du dit bras, ou même
l’outrepasser; et que la partie au delà de cette limite peut acquerir un peu
d‘électricité contraire à l’aide du metal qui se trouve à cette autre estremité.
Qu'arrivera-t-il donc lorsqu’ou viendra à détruire par des attouchements
l'électricité du disque? Celle debordée du disque, et repandue sur la surface
isolante voisine rentrera peu-à-peu tant que durent ces attouchements dans
ce même disque; comme j’ai déja expliqué (Pr. 28. et suiv.): elle y rentrera
pour la premiere, et si ce disque communique avec la terre, se perdra a mesure ;
en suite il en surviendra aussi un peu de la contraire, qui, quoique, plus éloi-
gnée (moins pourtant d’1. pouce), et plus foible , gagnera de proche en proche
cette même surface depouillée et voisine du disque, et le disque lui même:
un peu, dis-je, de cette électricité contraire déja bien foible se tournera vers
le disque, et y parviendra pendant le tems même qu'on fait jouer le Duplicateur,
c. à. d. que le disque mobile tourne. Il y en parviendra une tres-petite quantité
à la vérité, mais pourtant assez pour être rendue sensible moyennant un nombre
plus ou moins grand de tours.
Pr. 34. Souvent il n’y en parviendra pas assez, et même point du tout
de cette électricité contraire, ou parceque il n'y en aura pas, ou parceque le
peu qu’il y en aura à l’extremité éloignée du bras isolant ne pourra gueres
parcourir l’intervalle entre elle et le disque. Cela dépend de la longueur de
chacun de ces bras isolants, de l'état de l’isolement plus ou moins parfait, de
la force à la quelle on aura fait monter l’électricité dans les disques, de sa durée,
et d'autres circonstances, qu’il n’est pas aisé de determiner.
Pr. 35. Ce sont donc des expériences celle-ci, dont, le succeès est fort incertain.
Il m’est arrivé quelquesfois que l’électricité dans le Duplicateur se renversoit
de 4. à, 4. minutes; d’autres fois de 8. à 8., de 10. à 10. minutes ec.; et cela à
plusieurs reprises, c. à. d. qu’ayant donné par ex. une foible électricité positive
au disque mobile C, et l’ayant élevé moyennant un certain nombre de
tours à 3, ou 4 degrésJ’entends toûjours dégrés de mon Electrometre à pailles marqués par autant de
demilignes d’écartement, et repondant chacun à 2. lignes d’écartement des feuilles d’or d’un
Electrometre de BENNET, comme j’ai déjà fait observer (Pr. 23. Note.)
négative dans les disques fixes A, B, je détruisois l’une et l’autre par les
attouchements ordinnaires et par le repos de 4. minutes; après lesquels re-
mettant en jeu l’instrument j’obtenois avec 30, ou 40 tours 3. ou 4. dégrés
d’électricité, mais en sens contraire, savoir negative dans le disque C, et posi-
tive dans les antagonistes A, B.; traitant alors ces nouvelles électricités de la
même maniere qu’auparavant, c. à. d. sollicitant leur dispersion et anéantis-
sement par des mêmes attouchements, et revenant à la charge de faire jouer
la machine après un semblable repos d’environ 4. minutes je renversois une
seconde fois les électricités, c. à. d. je faisois reparoitre la positive dans le disque:
C, la négative dans A, B, et les portois de même avec 30, ou 40 tours à 3. ou 4.
dégrés. De cette maniere il m’a réussi quelquesfois de renverser les électricités
10, 12, 20 fois de suite: d’autre fois 4 minutes de communication et de repos ne
suffisoient pas, il en falloit 6. 8. 10, ou davantage. Souvent le renversement
arrive une, deux, trois fois de suite, et une deux ou plusieurs fois il manque,
puis il reprenoit, ec.; enfin je dois dire, que plus souvent encore il n’a pas lieu
du tout, comme j’ai indiqué ci-dessus (Pr. prec.) et que c‘est constamment,
la même espece d’électricité qui reparoit, après un intervalle quelconque.
Pr. 36. Toutes ces anomalies s’expliquent sans difficulté en considérant
qu’il n’arrive pas toûjours que l’électricité du disque se repande sur son bras
isolant, s’attache et s’imprime sur sa surface jusqu’à une certaine distance,
et oblige la partie an de là de cette distance, l‘antre estremité du même bras,
à acquerir plus ou moins de l’électricité contraire, comme nous supposions
ci-devant, (Pr. 32, 33). Ces deux zones électrisées en sens contraire n’ont lieu
que sous certaines conditions, qui ne se rencontrent pas toùjours, pas même
souvent, et qu’il est difficile de déterminer, comme j’ai déja dit (Pr. 34): la
surface du bras, qui porte le disque trop, ou trop peu isolante; propre et très-
seche, ou sale, couverte de poussiere, plus ou moins humide, ec.; l’état de
l’air ambient; la force à la quelle est portée l’électricité; sa durée; et d’autres
circonstances peuvent ou arreter le debordement et diffusion de l’électricité
du disque sur la dite surface, et la contenir dans un anneau d’une très-petite
étendüe (ce qui ne suffira pas pour occasionner la zone d’électricité contraire),
la longueur du bras isolant, de maniere qu’elle s’y attache, et domine seule.
Dans l’un et l’autre de ces cas ce sera constamment la même espece d’électricité
qui reparoitra toutes les fois que le Duplicateur sera mis en jeu durant le tems
qu’il reste encore le plus petit residu de cette électricité imprimée; ce qui va
souvent à plusieurs heures.
Pr. 37. Je ferai observer ici, que si les isolements sont dans le meilleur
état, c. à. d. que la cire d’espagne dont sont incrustés les bras de verre qui
portent les disques presente une surface nette, et bien seche, et que l’ambient
soit très-sec aussi, au point que
del fascicolo, si trova nel Mns I 43 col quale proseguiamo. [Nota della Comm.].
de 60, ou de 55. dégrés, l’électricité qui dans les experiences ordinnaires du
duplicateur se repand des disques sur ces bras isolants, et s’attache à quelques
points seulement, des plus proches, est très-peu de chose (a moins qu’on ne
l’ait élevée à une grande force et soutenue long-tems) si peu qu’après avoir
dépouillè les disques de leur électricité par quelque contact momentané, ou
de quelques secondes on peut à-peine la faire revivre par un nombre de tours,
qui double le residu 5, 6, 7 fois, c. à. d. qui l’éleve à une force 32, 64, 128 fois
plus grande; et que prolongeant les contacts qui mettent les disques en bonne
communication avec la terre prolongeant, dis-je, ces contacts disipateurs à
20, 30, 40 secondes, ou tout au plus à 1. minute premiere, on trouve que le
residu est ou tout-à fait, nul, ou moindre d'1/1000, de degré ec. Lorsque la seche-
resse n’est pas si grande, l’hygrometre se tenant par ex. entre 65 et 70 d.
le residu de l’électrcité précedente (attaché à la surface des bras isolants,
qui rentre dans les disques ec.) est encore 1/32, 1/64 de degré, ou peu moins
après que de tels contacts et communication avec la terre ont duré plusieurs
minutes, 1/4 d’heure, ec. de sorte qu’on peut la rendre sensible, l’elever à 1, 2, 3
dégrés moyennant 15, 20, 25 tours. Par une secheresse encore moindre ou par
une. temperature humide moyenne on a déja vu par ce que j’ai rapporté que
la portion d’électricité qui s’échappe des disques, se repand et s’attache sur
la surface de leur bras, est plus considerable, tellement que le residu est
encore 1/64, 1/100 de degré, ou peu moins après que les contacts destructeurs ont
duré 1/2, 1 heure, ou davantage; residu qu’on peut rendre sensible par un
nombre convenable de tours, comme marque l’exemple du Pr. 31. qui va pour
les temperatures entre 75. et 80. d.
Pr. 38. Jusqu’ici nous avons supposé que l’électricité qui reparoit dans
le duplicateur lorsqu’après tous les contacts et communications possibles on
le met de nouveau en jeu; l’électricité qui reparoit, augmentée du double tous
les 3. ou 4 tours ec. (Pr. 19) provienne ou d’un residu de celle qui y avoit joué
ques d’où elle a pu deborder, reflue peu à peu et y rentre (Pr. 27 et suiv.)
ou de l'électricité contraire occasionnée dans l’autre partie à l’estremité op-
posée des mêmes bras, et refluant de même (Pr. 32. 33).
Mais souvent la chose n’arrive pas de cette maniere: non, ce n’est pas
toujours un résidu de l’ancienne électricité echappée des disques et imprimée
sur la partie antérieure de bras isolants, ou de la contraire qu’elle a par hasard
procuré à la partie opposée de ces mêmes bras; c’est une électricité tout-à-fait
nouvelle, qui entre en scene, excitée par le jeu même du duplicateur.
Pr. 39. En effet lorsqu’après 10. ou 12. heures, ou des jours entiers que
cet instrument est resté en repos, et ses disques en communication moyennant
des bons conducteurs avec la terre, on en obtient encore des signes électriques
moyennant 40, 50 tours (plus ou moins suivant que l’ambient est plus ou
moins humide), dirons nous que ce soit encore l’ancienne électricité qu’on
n’ait pu dissiper entierement ni par un si long repos ni par de telles communi-
cations? N’est-il pas plus naturel de penser, que les disques peuvent en avoir
attrappé ou recueilli une nouvelle? Oui: ils peuvent l’avoir tirée, comme j’ai
déja indiqué (Pr. ) pendant un tel repos de l’air, des vapeurs, de la poussiere;
l’avoir acquise par les attouchements soufferts, à raison qu’ils ayent été faits,
avec des conducteurs plus ou moins différents; et ils peuvent même en acquerir
un tant soit peu pendant que la machine est en jeu, c. à. d. qu’on fait tourner
le disque mobile, surtout si les contacts métalliques moyennant les fils qui
établissent alternativement les communications des disques A, B, C et de la
boule D deux à deux, comme porte l’arrangement de ce duplicateur (Pr. )
ne se font pas entre de métaux parfaitement égaux, savoir non seulement
de la même éspece mais de la même trempe, polissure, ec. Il s’agit de si peu
de chose, d’une électricité qui n’arrive pas originairement, à 1/100 à 1/2oo, quel-
ques fois à l/looo de dégré (Pr. ), que le moindre mouvement donné au
fluide électrique peut suffire; or le contact des corps éthérogenes en donne
toujours un, comme je me propose de prouver directement par les expé-
riences, que je rapporterai dans la suite.
Pr. 40. Surement ce n’est pas un residu de l’électricité qu’on a fait jouer
précédemment dans le duplicateur lorsqu’après un très-long repos, après de
attouchements réitérés, ou long-tems soutenus des meilleurs conducteurs, il
y en paroit une contraire, ou bien de la même espece, mais beaucoup plus forte
qu’elle ne devoit être à raison du tems qui s’est écoulé, et des autres circons-
tances. Ainsi dans mon appareil tel qui il est construit, que l’électricité qu’on
y fait, jouer la derniere fois ait été positive dans le disque mobile, et negative
dans les disques fixes (il ne faut pas oublier cette contrariété dans les disques
antagonistes (Pr. )), ou viceversa, elle paroit communement, lorsqu’on fait,
jouer de nouveau le dit appareil, positive dans les disques fixes, et negative
long, et que j’aye employé pour détruire l’ancienne électricité les moyens in-
diqués. C'est’ donc, on ne peut pas en douter, une électricité nouvellement
acquise: de quelle maniere je ne sçaurois le deviner précisément; car enfin les
disques sont tous du même metal, c. à. d. de laiton, aussibien que les fils qui
établissent, les communications requises (Pr. ).
Pr. 41. Est-ce donc que le disque tournant s’électrise
tement qu’il souffre contre l’air ; ou est-ce qu'une telle rotation le desseche,
c. à. d. qu’en lui enlevant en forme de vapeur l’humidité attachée à sa surface,
lui enleve aussi du fluide électrique? Ces soupçons n’étoient pas même d’abord
sans fondement; et ils acquirent beaucoup plus de probabilité par des expé-
riences que je fis dans cette vue, et qui me montrerent, qu’effectivement une
verge, ou lame de metal, de bois, de carton, ec., isolée et exposée pour quelque
tems an soleil, ou dans un lieu sec, ou mieux tournée rapidement en l’air,
comme une fronde, s’électrise
encore.
Pr. 42. J’ai dit (Pr. prec.) que lorsque le duplicateur dont, je me sers a
été long-tems en repos, et avec de telles communications qu’on peut croire
qu’il ait perdu tant de l’ancienne électricité, qu’il n’y en ait plus de vestige,
il ne laisse pas de reparoitre après un certain nombre de tours revetu d’une
nouvelle électricité, qui est,
et par consequence positive dans les disques fixes. Par ce
laisse assez entendre, qu’elle n‘est pas constamment telle, qu’elle change quel-
ques fois, quoique rarement. Je dirai plus: il y a des jours, où le disque mo-
bile affecte plûtôt l’électricité positive, que la négative; et pendant quelques
mois de l’été passé ceci a été le cas ordinnaire; tandis que tous les mois de
l'hiver et du printems et depuis la moitié d'Août jusqu’à présentLe vingt de 7bre.
cité negative a toujours dominé dans le même disque tournant et occa-
sionné conséquemment la positive dans les disques fixes à quelqu’exception
près. Dans la totalité ce sont donc ces électricités qu’ils affectent communément
sçavoir le disque mobile la
comme des exceptions les cas contraires: exceptions qui ne sont pourtant,
pas fort, rares et qui dans certaines circonstances deviennent communes, comme
lorsque ce Condensateur vient d’être exposé long-tems à une grande secheresse
et mieux aux rayons d’un soleil très-vif pendant 1/2 heure ou davantage. Alors
c’est, presque toujours l’électricité positive, qui paroit après 30, ou 35 tours,
dans le disque tournant, la negative dans les fixes. C’est un des faits plus cons-
tants, et plus remarquables.
Pr. 43. Mais d’où viennent donc toutes ces variétés?
Et pourquoi le disque
mobile devient-il électrisé pour la plus part
prealablement par la chaleur, ou l’ambient?; et le contraire lorsqu’il est lon-
guement exposé au soleil, et quelque tems après et dans quelques autres cir-
constances? J’aime à penser qu’étant couvert dans le premier cas, qui est le
plus ordinnaire, d’un voile humide le mouvement de rotation lui enlevant
cette humidité, la faisant évaporer, lui enleve encore du fluide électrique; que
dans les autres cas moins fréquents, où le même disque au lieu d’être desseché
en tournant dans l’air plus humide que lui, se charge de nouvelles vapeurs qui
se condensent, sur sa surface, il se charge aussi de fluide électrique deposé par
ces vapeurs. Enfin il paroit par un grand nombre d’expériences, que l’état
d’humidité ou de secheresse des disques et de l’air environnant, les vapeurs
en un mot, et la chaleur par son influence sur elles, et peut être même de quel-
qu’autre maniere inconnue, jouent un grand rôle et determinent souvent l’é-
lectricité qui doit s’exciter par le jeu du duplicateur Le Dr. READ fait aussi dépendre l’électricité qui paroit dans le duplicateur de l’état
de l’air environnant et des vapeurs; mais d’une autre manière, et adoptant des principes bien
différents des miens. Il soutient dans ses Mémoires publiés dans les Trans. Phil.:
1) que l’électricité qu’acquiert le duplicateur ne vient que de l’ambiant, qui la lui com-
munique:
2) que l’air corrompu, et les vapeurs qui l’infectent sont doués d’une électricité contraire
à celle de l’air libre et pur, c. à. d. d’une él. neg. que c’est toujours celle-ci qu’ils communi-
quent au duplicateur tandis que l’air libre non infecte lui communique constamment l’él. posi-
tive qui y domine. Or mes expériences ne s’ accordent pas beaucoup avec celles du Dr. READ, et
moins encore avec ses conclusions; puisque dans le même air libre, où domine l’él. pou., j’obtiens
du même disque tournant tantôt l’él. pos. tantôt la neg.: et la même chose dans un air infecté
quelconque, et en quelqu’endroit que ce soit. L’él. pos. ou neg. ne dépend donc pas uniquement
de celle de l’ambient, comme le veut le Dr. READ; mais aussi d’antres circonstances. J’accorde
qu’on doit ranger parmi ces circonstances les vapeurs; mais c’est par leur quantité plûtot que
par leur qualité qu’elles influent pour mieux dire par leur formation ou par leur condensation,
par le dessechement, ou par l’humectation que souffrent les disques respectifs du duplicateur
en action, comme j’ai avancé. Au reste il y a plusieurs autres circonstances tout à fait indépen-
dantes des vapeurs et de l’état de l’air environnant qui influent également, et même davantage
à determiner l’électricité que doit paroitre comme je ferai voir dans la suite.
Pr. 44. Cependant j’ai trouvé une autre circonstance qui influe encore
davantage à determiner l’expece d’électricité que doivent acquerir respecti-
vement, en mettant en jeu ce même duplicateur, le disque mobile et les disques
fixes, et c’est la qualité du metal dont est chacun d’eux: car si j’ôte le disque
mobile de laiton, et le remplace par un d’étain il s’électrise, en le tournant à
l’ordinnaire, constamment
disques fixes toûjours de laiton. Que si je remplace aussi ces derniers par d’au-
tres de zinc, c’est eux alors qui acquirent l’électricité
Ces expériences du duplicateur portant des disques de differents
métaux sont beaucoup moins sujettes à variation que les autres avec les dis-
ques tous du même métal : toujours le disque
tricité positive
au soleil, ou à l’ombre et quelque soit la temperature humide ec. toûjours ils
acquierent en faisant faire à l’instrument un nombre suffisant de tours les dites
électricités, sçavoir le disque d’étain la positive? le disque de laiton la néga-
tive, et jamais, ou presque jamais en sens contraire, à moins qu’ayant été imbus
précedemment de telles électricités en sens contraire, il en subsiste encore
un residu considerable. Encore si ce residu sera très-petit, comme il l’est ordi-
nairement après que le duplicateur à resté en repos, et les disques en communi-
cations avec la terre quelques minutes (Pr. ), il pourra être détruit, et faire
place à l’électricité contraire, à l’électricité qu’affectent respectivement les
disques de differents métaux.
Pr. 45. Ces expériences qui font voir, que la qualité des métaux influe
plus que toute autre circonstance à determiner l’espece d’électricité que doi-
vent acquerir respectivement le disque mobile, et les fixes du Duplicateur,
qu’en changeant ces disques les effets changent du blanc au noir, ces expériences
sont vraiment surprenantes, et me paroissent demontrer que les métaux soient
des
découvert il y a déja 5 ans, et mis entierement hors de doute, mais aussi par
la simple approche de leurs larges surfaces; qu’ils agissent à quelque distance,
a des distances même qui ne sont pas extremement pétites, qui arrivent en-
viron à 1. ligne, tel étant l’intervalle entre le disque mobile C et les disques im-
mobiles A B dans mon duplicateur (Pr. ): découverte que je viens de faire
tout recemment, et qui a encore bésoin d’être confirmée et étendue.
Pr. 46. Comme le disque tournant C affecte communément l’électricité
naturel qu’il affecte beaucoup plus cette même électricité négative, lorsque
un de ces disques fixes A B et sur-tout ce dernier sera d’étain, de zinc, ou d’un
autre metal, qui affecte en opposition du laiton l’électricité
et c’est en effet ce qu’on observe: le duplicateur ainsi disposé fait toûjours
donner des signes d’électricité positive à ces disques fixes; et cela ordinnai-
rement avec un petit nombre de tours du disque mobile; et malgré même
que ces disques ayant été imbus précedemment de l’électricité contraire il
en subsiste encore un petit residu. Je vais rapporter quelques unes de ces
expériences.
Pr. 47. Tout étant dans le meilleur état c. à. d. l’air depuis long-tems fort
sec (l’hygrometre à cheveu entre 50 et 55 d.
de maniere que 2. tours suffisoient pour doubler l’électricité (Pr. ), j’ai
par les contacts et un long repos, 15, 16, ou 18. tours suffisoient pour faire
naitre l’électricité
faire diverger de 2. lignes les feuilles d’or de l’Electroscope de BENNET). Je
remplaçai le disque B, qui étoit de laiton, comme les autres, par un d’étain,
et ayant détruit toute l’électricité précedente , je vis qu’un plus petit nombre
de tours, c. à. d. 12, 13, ou tout au plus 14. arrivoient à produire la même élec-
tricité positive dans les disques fixes et au même dégré. Mais cc qui est plus
surprenant c’est, qu’avant électrisé ces disques
le disque mobile
les ayant entretenus dans cet état plusieurs minutes; il suffisoit de les toucher
ou de les faire communiquer avec la terre l’espace de 20, 25, ou 30 secondes
tout au plus, pour qu’avec le jeu ordinaire de l’instrument, avec 24, ou 26.
tours, tout residu d’électricité negative suffoqué dans les disques fixes, il s’y
retablit la positive, ec..
Pr. 48. Il paroit au reste que par une telle secheresse de l’air et perfection
des isolements, et lorsque l’électricité induite dans les disques n’excede pas 1.
ou 2. dégrés de force, rien ou presque rien de cette électricité s’ecoule d’eux
et s’imprime sur la surface des bras isolants, comme j’ai déja fait remarquer
(Pr. ); et que le peu qu’a pu s’en attacher à quelques points, est bientôt dé-
pouillé moyennant les contacts que souffrent les mêmes disques, et qui les
mettent en communication avec la terre. Que si on ne peut pas croire que cette
électricité soit tout-à-fait détruite lorsque les contacts n’ont duré que quelques
secondes; et si malgré cela cette électricité encore empreinte étant contraire
à celle qu’affectent les disques de différents métaux, savoir qu’ils tendent à
exciter par le jeu même de l’instrument, si, dis-je, cette derniere l’emporte sur
la premiere, et l’électricité est ainsi renversée, il faut donc convenir qu’une
telle tendance est bien marquée, et, puissante.
Pr. 49. Lorsque la secheresse n’est pas si grande et les isolements si parfaits
on ne vient à bout de produire un tel renversement d’électricité, que par un
plus grand nombre de tours du duplicateur par ex. 30, 35, 40, la température
humide arrivant depuis 61. à 85. dégrés; et cela seulement, après que le repos
avec les contacts et communication des disques ont duré non pas 25. ou 30
secondes, ce qui suffit lorsque l’hygrometre est peu au dessus de 50 d.
mais 4, 6, 8. minutes premieres ou davantage. On comprend assez pour ce
qui est du repos et des contacts qu’ils doivent être d’une plus longue durée
pour éteindre une plus grande quantité d’électricité, qui a pu se repandre
sur la croute resineuse, qui couvre les bras, à raison que l’humidité la ren-
doit moins isolante; et quant aux tours, qu’il en faut un plus grand nombre
pour rendre la nouvelle électricité sensible, l’électricité qui se produit par le
jeu de l’instrument, selon que dans ces circonstances de mauvais isolements
5, 6, ec.
Pr. 50. Après m’être assuré que le disque mobile C, et un des disques
fixes A, ou B (singulierement ce dernier) étant des métaux de differente
espece, ils affectent avec une tendance bien marquée et assez puissante telle,
ou telle espece d’électricité, savoir le laiton l’él.
j’ai soupçonné, qu'étant tous du même metal, ils pourroient encore être
d’une tendance differente assez marquée, le disque mobile affecter decidément
l'él.
difference accidentelle, comme si la surface de l’un de ces disques étant nette
et avec son brillant métallique, celle de l’antagoniste fut terne, sale, enduite de
quelqu’onctuosité, ec.; j’ai soupçonné dis-je que de telles differences ou autres
accidentelles dans les surfaces pourroient influer autant ou presqu’autant
que contribuer les differentes substantielles, et specifiques des métaux, à
déterminer l’espece d’électricité que par le jeu du duplicateur doivent acquerir
respectivement ses disques; et l’expérience a verifié ce soupçon.
Pr. 51. Ayant nettoyé au mieux les disques fixes A B de laiton jusqu’à
donner du lustre à leurs faces je ternis au contraire, je souille la face du disque
mobile C aussi de laiton, en la frottant avec de la cire, du suif, de la pommade,
de la pommade melée, de poudre à cheveu ou de poussiere fine ou avec d’au-
tres substances grasses on glutineuses. Mettant alors en jeu l’instrument de-
pouillé au possible d’électricité, il arrive constamment, que cc disque sali C,
acquiert l’électricité positive et les autres A B nets et luisants la négative; et
cela quand même il auroient été électrisés quelque tems avant en sens contraire,
et il y auroit encore un très-petit residu de cette électricité, un tel residu étant
vaincu, etouffé par la tendance qui se deploye à la nouvelle électricité. En
renversant l’expérience, c. à. d. nettoyant bien le disque C, et souillant d’une
ou de l’autre des dites substances les deux disques A B, ou le seul B, c’est
eux alors qui acquierrent l’électricité positive, et C paroit avec la negative.
Pr. 52. J’ai multiplié et varié de plusieurs manieres ces expériences, et
j’ai trouvé que c’est’ le disque sali, barbouillé, ec. enduit de la matiere onctueuse,
quelque mince que soit cette couche qui le voile, que c’est: toujours lui qui
vis-à-vis du disque nu et propre, tend à acquerir l'électricité positive, et
l’acquiert effectivement tontes les fois que le duplicateur est mis en jeu, à
moins, qu’un residu trop fort d’électricité contraire ne l’emporte sur cette
tendence.
Pr. 53. Après tout il ne faut pas croire, que ces alterations, ces souillures
portées aux surfaces des métaux de la même espece, influent en general autant
que la difference substancielle des métaux, autant que si les disques opposés
du duplicateur étoient un du laiton, l'autre d’étain; ni que cette influence soit
égale pour toute sorte de souillure: géneralement celle des enduits onctueux m’a
évaporables; celles-ci même ont produit quelques fois l’effet contraire, c. à. d.
que le disque qui en étoit souillé a acquis au lieu de l’électricité
se reduit lorsque deux ou plusieurs circonstances influent différemment et se
contrarient, à celle qui a le dessus.
Pr. 54. On comprend aisément, que si les souillures qu’on porte exprès
sur le disques métalliques, si des enduits si materiels, n’ont qu’une influence
médiocre, inferieure communément à celle des métaux de differente expece
(Pr. prec.); les souillures ou taches accidentelles et beaucoup plus legeres qu’ils
contractent avec le tems d’eux mêmes, ou par les attouchements, la ternissure
par l’exposition à l’air ec.; auront une influence beaucoup moindre encore;
et enfin une très-petite, et pour ainsi dire indécise, si cette ternissure: ces
taches, ou souillures seront à peu-près égales dans les disques antagonistes.
On comprend aussi quelle peut être la cause des varietés et des incertitudes
qu’on rencontre souvent dans les expériences du duplicateur, dont les
disques sont pourtant tous de même metal, par quelle raison l’électricité posi-
tive ayant été affectée dans un tems par le disque mobile, et la negative par
les disques fixes, c’est dans un autre tems le contraire ec. (Pr. ); quand toutes
les autres circonstances qui influent sur cela seroient égales, quand même les
surfaces de ces disques tous du même métal comme je viens de dire, paroi-
traient également ternies ou souillées, il est plus que probable qu’elles ne le
soient pas à la rigueur et en tout point; aujourd’hui, par ex. pendant une se-
maine, un mois, la souillure du disque mobile sera plus forte ou de nature à
lui donner plus de tendance à l’électricité positive que la souillure des disques
fixes; demain, une semaine, ou un mois après ce sera le contraire.
Toutesfois lorsque la difference à cet égard ne tombe pas sous les yeux,
ou n’est pas assez frappante, la tendance à une espece d’électricité plutôt, qu'à
l’autre est aussi très-peu marquée et fort sujette à être vaincue par les autres
circonstances qui influent sur ces tendances.
Pr. 55. Pour rapprocher maintenant et ce que j’ai amplement exposé
rapport aux accidents et variations qui se montrent dans les expériences du
duplicateur, et rapport à leurs causes, voila toutes les circonstances que j’ai
trouvé pouvoir déterminer l’espece d’électricité que le jeu de cet instrument
doit faire paroitre dans les disques respectifs qu’on suppose depourvus de toute
électricité. Premierement elle peut dépendre d’un residu d’électricité com-
muniquée, ou qu’on y ait fait jouer quelque tems avant, et dont une partie
soit resté attachée à la surface des bras isolants, dépendre immediatement de
cette électricité precedente, et être de la même espece (Pr. ): elle peut
aussi en dépendre médiatement; et n’etre pas de la même espece, mais con-
traire, s’il arrive (ce qui n’est pourtant pas fréquent) que cette ancienne élec-
contraire à l'autre partie; et que la premiere dissipée, il en subsiste encore,
de cette derniere, et puisse rentrer dans le disque (Pr. 16). Quand à ce qui donne
lieu à un tel épanchement de l’electricité et impression sur la surface isolante
et quelques fois aux deux zones électrisées contrairement une à l’autre, c’est
l’imperfection même de l’isolement, un certain degré d’humidité ec. (Pr. ). En
second lieu l’électricité qui vient à se manifester peut être tout nouvellement
produite par le jeu même du duplicateur; et les circonstances qui influent
decidément et determinent l’électricité sont :
1) la difference de métaux; voir que le metal du disque mobile differe
de celui des deux disques fixes, ou d’un seulement: ayant. trouvé, qui, etant
par ex. de laiton et d’étain, celui-ci affecte l’él. en plus.
2) le différent êtat des surfaces de ces disques opposés selon qu’elles sont,
nettes et brillantes, ou ternes, souillées, enduites d’onctuosité ec.; celles-ci af-
fectant l’él. pos. et les nettes la negative (Pr. ).
3) L’état d’humidité ou de secheresse des disques et de l’ambient, ou
que l’évaporation de l’eau attachée au disque tend à lui faire accourir l’élec-
tricité negative, la condensation de nouvelles vapeurs sur lui l’électricité po-
sitive (Pr. ).
De ces trois circonstances il m’a paru que la premiere est celle qui in-
flue plus decidément
Pr. 56. On comprend au reste que lorsque elles se trouvent en oppo-
sition l’effet qui en resulte doit être proportionnel à l’excès de la tendance
qui a le dessu, qui l’emporte sur la contraire, etant presque impossible qu’elles
soient parfaitement contrebilancées: que a mesure pourtant que les choses
approchent de cet équilibre il faudra faire au duplicateur un plus grand nombre
de tours pour que l’électricité devienne sensible (Pr. ) ec..
Pr. 57. Je vais enfin pour achever cet article tirer des conclusions pra-
tiques et utiles de mes nombreuses experiences. Ces conclusions, ou faits prin-
cipaux sont:
1) qu’après un nombre de tours plus ou moins grand qu’on fait faire
au disque mobile C (40, 50 ou tout au plus 60 pour le duplicateur dont je me
sers et par un tems qui ne soit pas trop humide), il y paroit toujours quel-
qu’électricité, soit positive, soit negative, forte d’1 dégré, de 2, de 3. ec. et
autant à peu-près, mais de l’espece contraire dans les disques immobiles A B.
Au reste le nombre des tours requis pour cela est diffèrent selon les circonstances
et surtout selon l’état des isolements, et de l’ambient. Aussi par une forte se-
cheresse il ne faut jamais plus de 20. tours; tandis que par une grande humi-
dité il en faut quelques fois 80, 100 et davantage.
2) que souvent cette électricité, qui reparoit tire son origine de l'él.
qui y a dominé precedemment, et qui n’est pas encore tout-à-fait detruite;
d’autrés fois au contraire est une électricité nouvellement excitée par le jeu même
du duplicateur, et. par certaines circonstances qui l’accompagnent. Que c’est
surement une él. nouvelle lorsqu’il n’en reste absolument plus de l’ancienne
dans les disques métalliques, ni dans leurs bras isolants : ce qui arrive quelques
fois par un tems très-sec en moins d’une minute; souvent en plusieurs minutes
par une secheresse médiocre, et plus souvent encore par des temperatures
humides en une, deux ou plusieurs heures. Que même lorsqu’il manque très
peu à l’extintion totale de l’él. ancienne, il depend des circonstances qui influent
sur l’excitation de la nouvelle que l’une ou l’autre des électricités contraires
paroisse, et qu’elle paroisse après un nombre plus ou moins grand de tours.
3) Qu’il est difficile de deviner lorsque les disques sont tous de même
métal, par ex. de laiton, également propres et secs, et qu’on les a depouillés
entierement ou à peu-près par des attouchements et par un long repos de l’élec-
tricité dont ils avoient été animés, doués précedemment ; quelle est celle qui s’y
deployera mettant en jeu de nouveau l’instrument; qu’on peut le deviner seu-
lement après que l’expérience et l’exercice faits avec tels ou tel autre dupli-
cateur nous l’ont appris: que même alors on est sujet à se tromper, puisqu’il
arrive qu’un duplicateur dont les disques fixes affectoient par ex. l’électricité
positive, affectent, apres quelques jours, sémaines, ou mois l’électricité néga-
tive, sans que rien y ait été sensiblement changé (Pr. ) : qu’enfin on ne devine
surement, que lorsqu’on sçait que l’électricité précedente n’est pas encore
éteinte; et qu’il en reste assez pour l’emporter sur tout autre tendance; ou
lorsque le metal du disque mobile est assez differente de celui des disques
fixes (Pr. ).
4) Que on n’est pas sûr de pouvoir y faire paroitre, et élever à un degré
sensible une électricité extremement foible qu’on communiqueroit expres avec
une bouteille de Leyde, ou autrement soit au disque mobile, soit aux disques
fixes; et moins encore on peut se promettre de l’evaluer: car si cette électricité
communiquée se trouve moindre en force, et contraire à celle que le dupli-
cateur lui même peut deployer par son jeu, elle sera suffoquée et vaincue; et
si elle est de la même espece les deux ensemble se confondront, et l’on ne
sçaura pas ce que peut valoir chacune.
5) Que le duplicateur n’a pas tous les avantages qu’il semble promettre
(ce qu’ont du reconnoitre leurs auteurs même) ; puisque malgré qu’on fasse
tout le possible pour le dépouiller entierement de l’ancienne électricité, et
pour l’arranger de maniere qu’il n’en acquierre pas de nouvelle, il n’est gueres
possible qu’il n’en deploye après un nombre plus ou moins grand de tours;
laquelle électricité qu’il tire, pour ainsi dire, de son propre fond, étouffe, ou
confond au moins celle qu’on lui auroit communiqué d’avance dans le but
d’1/200, ec. de degréJ’entends toûjours pour 1. degré la force qui fait diverger d’une demiligne les pailles
minces de mon Electrometre, ou de 2 lignes les feuilles d’or d’un Electroscope de BENNET.
6) Que cependant une telle machine est encore d’un grand usage, et;
d’une utilité incomparable, pouvant servir à nous découvrir des électricités,
qui quoique moins foibles que celles-là, sont toutefois encore insensibles à nos
électrometres les plus delicats, des électricités, qui n’arrivent pas à 1/4, à 1/10, à
1/20 de dégré.
Pr. 58. Or combien n’en ai-je pas découvert de ces électricités, ou pour
mieux dire combien de procédés qui les produisent ou entre ces limites juste-
ment, ou entre d’autres plus éloignées, dépuis 1/100 de degré jusqu’à 1/8, à 1/6, à 1/4,
Electricités qui ne peuvent encore être aperçues par le plus délicat Electro-
scope de BENNET, ou dont au moins on ne peut distinguer l’espece?
C’est donc pour de telles électricités encore imperceptibles, si non pour
celles qui seroient extremement petites, ou au dessous d’1/100 de degré, ec. que
le duplicateur est bon, bien entendu qu’on l’ait dépouillé au mieux de toute
électricité précedemment introduite. Plus: il peut servir à les decouvrir quand
même il n’auroit pas été dépouillé entierement, quand on n’auroit touché
et mis en communication avec la terre les disques que pour quelques instants,
et qu’on ne l’auroit laissé reposer, je ne dis pas des heures, mais peu de minutes;
il peut, dis-je, servir très-bien à decouvrir des électricités d’1/4, d’1/8, d’ 1/10 de de-
gré qu’on vienne à lui communiquer, et qu’il elevera à 1, 2, 3, 4 degrés moyen-
nant 10, 15, 20 tours; tandis qu’il en faudroit 30, ou davantage pour éléver
à 1 ou 2 degrés l’ancienne électricité, dont il retient encore un residu, ec.
Pr. 59. C’est ainsi que le duplicateur m’a servi en effet à rendre sensible,
en l’élévant au degré que j’ai voulu l’électricité ordinnairement imperceptible
excitée par le contact mutuel des métaux différents, qui est un des procédés
surindiqués ci-dessus (Pr. préc.), et l’objet que j’ai principalement en vue dans
le présent Memoire. Je vais donc le developper après vous avoir indiqué suc-
cinetement les resultats de quelques autres de ces procédés.
Art. III.
fu scritto. [Nota della Comm.].
Electricités insensibles excitées par différente procédés, sçavoir par l’évaporation lente
et naturelle de l’eau; la condensation aussi naturelle des vapeurs repandues dans l’air sur la
férents conducteurs, sur-tout métalliques; rendues sensibles à l’aide du duplicateur.
Pr. 60..........
Art. IV.
Sommario preparato dal V. nello stesso Mns. I 43 pel seguito della Memoria, che non
fu scritto. [Nota della Comm.].
Electricité excitée par le contact mutuel des métaux differents en des surfaces assez
larges sensible immediatement aux Electrometres delicats, c. à. d. sans le secours du
cateurComment en réitérant ces contacts on peut accumuler une telle étectricité dans un
simple