Volta, Alessandro Aux Redacteurs de la Bibliotheque Britannique 1802 fr volta_redBibBr_964_fr_1802.xml 964.xml

AUX RÉDACTEURS DE LA BIBLIOTHÈQUE BRITANNIQUE ALEXANDRE VOLTA.

. . . . lu par l'auteur à la Société de physique et d’histoire naturelle de Genève . . . . dans la séance du 27e ventose (18 mars 1802).

FONTI.

STAMPATE.

Bib. Brit. t. XIX (an X, 1802), scienze ed arti, pg. 274, e 339. Ant. Coll. T. II, p. II, pg. 231.

MANOSCRITTE.

Cart. Volt.: E 58, J 66, J 80, L 25, L 26.

OSSERVAZIONI.

TITOLO: da Bib. Brit. DATA: da Bib. Brit.

L 25. Minuta completa. L 26. Minuta più curata della seconda parte. E 58 e J 66. Sono due brani scritti in francese che pare si colleghino materialmente e costituiscono parte della minuta d’una lettera ad uno scienziato straniero sullo stesso argomento. J 80 è il principio della minuta di una lettera (probabilmente destinata al Brugnatelli perchè ricorda pubblicazioni affidate al suo giornale) nella quale il V. accenna pure alla costruzione di pile ad un solo metallo e di pile a soli conduttori di seconda classe, coerentemente alle sue antiche idee sui contatti eterogenei.

I Redattori della Bibliothèque Britannique posero in calce alla pag. 274 di Bib. Brit., t. XIX (an 10) la nota seguente: « Cet écrit à été lu par l’auteur à la Société de physique et d’histoire naturelle de Genève dont il est associé honoraire dans la séance du 27e ventose (18 mars). Son séjour accidentel dans notre ville (ou il est venu retablir sa santé, fort altérée a Lyon), en procurant à ses nombreux amis la satisfaction de le revoir, donne aussi à nos lecteurs l’avantage de trouver dans un même cahier de notre Recueil, la duplique et la réplique d’un procès dont la décision leur est portée ».

In ordine di tempo e di argomento a questa lettera segue la lettera ad uno dei direttori degli Annales de Chimie, assegnabili all’anno 1805 (Cart. Volt. E 57).

AUX RÉDACTEURS DE LA BIBLIOTHÈQUE BRITANNIQUE

In Bib. Brit. T. XIX pag. 270 trovasi la seguente lettera della quale il contenuto di questo numero è appunto la risposta del VOLTA. [Nota della Comm.]

Électricité Voltaïque.

Observations, etc. -Observations sur la théorie exposée par le Professeur Volta, dans un Mémoire inséré dans le Journal de Physique de Vendémiaire an X. Par W. Nicholson.

On trouve dans l’excellent Journal de Mr. Nicholson (cahier de Février) à la suite de la traduction du Mémoire publié par le Professeur VOLTA dans le Journal de Physique de La Métherie, et dans lequel il a exposé sa lumineuse théorie des effets improprement appelés gal- vaniques; on trouve, disons nous, des observations du Rédacteur, Anglais, qui tendroient à prouver que cette explication est insuffisante. Nous avons fait part de ces objections au célèbre auteur de cette théorie, en l’invitant à y répondre. On trouvera sa réponse à la suite des objec- tions de Nicholson, que nous allons traduire.

« Mr. VOLTA et plusieurs Physiciens Francais: penseront sans doute, en considérant les faits avec plus de maturité, qu’ils ont agi avec trop de précipitation en concluant que l’énergie électrique étoit l’agent unique dans les phénomènes de la pile, et que les liquides n’ont d’autre fonction que celle de conducteurs. C’est sans doute à la difficulté des communications qu’on doit attribuer l’apparition tardive du dernier numéro de mon Journal en France. Sans cette circonstance, le savant auteur de ce Mémoire auroit trouvé dans le cahier dont je parle, une objection péremptoire à cette partie de sa théorie qui donne tout au métal et rien aux fluides, dans la pile galvanique de Mr. DAVY, composée d’un seul métal, mais avec des couches alter- nantes de fluides différens; comme par exemple; métal, drap trempé dans l’acide nitreux, drap trempé dans l’eau, drap trempé dans du sulfure de potasse; puis le même métal, l’acide nitreux, l’eau, et le sulfure; ensuite le métal, etc., ou, si l’on se sert d’une auge, la séparation entre l’acide et le sulfure peut être moyennée par une plaque de corne, et les deux liquides peuvent être mis en communication par des bandes de papier humecté, mises à califourchon sur le bord de la corne, et plongeant de part et d’autre dans les deux liquides qu’elles séparent; cette disposition fait communiquer les Liquides sans qu’ils se mêlent, parce que l’eau est plus légère que l’un et l’autre. Les metaux essayes séparément et avec succès, ont été l’argent, le cuivre, le zinc et le plomb ».

« J’ajouterai à ce qui vient d’être dit, une expérience du même Physicien, qui ne tend pas moins à prouver l’action directe du liquide dans cet appareil; savoir qu’on peut déterminer dans la pile formée de deux métaux, le mouvement du fluide électrique à volonté, dans un sens ou dans l’autre, selon la nature du liquide interposé. Si l’on construit à la manière ordinaire une pile de cuivre et de fer, séparés par de l’eau, le fer devient électrisé en plus, et le cuivre en moins; mais si l’on construit la même pile, ou une pile semblable, en substituant à l’eau du sulfure de potasse, le fer devient négatif et le cuivre positif. Dans le premier cas, le fer est oxidé; dans le second, il ne l’est point, et le cuivre le devient; et il est même probablement sulfuré».

« Enfin, voici encore un exemple de l’influence particulière du liquide autrement que comme conducteur; c’est le cas dans lequel on emploie le charbon comme substance solide, et où la condition essentielle n’est que l’usage de deux liquides différens ».

« Comme nous savons par les expériences de DE SAUSSURE et d’autres physiciens, que les changemens chimiques troublent l’équilibre de l’électricité, ces changemens ayant certainement lieu dans la pile, il paroît au moins probable que l’action chimique a une influence principale dans l’appareil. Quant au principe des électro-moteurs de VOLTA, je dois observer que BENNET avoit fait plusieurs expériences directes d’application de métaux différens, les uns aux autres, par contact simple ou double, au plateau du doubleur d’électricité, et que ces contacts pro- duisoient toujours des phénomenes d’une électricité qu’il appeloit adhésive. Ces expériences ont été publiées en 1789 dans l’ouvrage qu’il intitula « Nouvelles Expériences sur l’Electricité

New experiments on Electricity.

page 86 à 102 CAVALLO a fait d’autres expériences sur l'électricité produite par le choc d’un métal qu’on laisse tomber sur un plateau métallique isolé. Ces faits ont été publiés dans le troisième volume de son ouvrage sur l’électricité en 1795. Je ne connois pas la date des expé- riences de VOLTA, mais je les crois postérieures à celles de BENNET. Ce dernier physicien, de même que CAVALLO, paroît croire que différentes substances ont des attractions ou des capa- cités différentes pour le fluide électrique. Mais l’hypothèse singulière de l'électro-motion ou de l’existence d’un courant perpétuel d’électricité mis en activité par certaines dispositions d’ap- pareil, appartient, je le crois, exclusivement au Prof. VOLTA.

Pour répondre à votre invitation, je vous adresse mes observations sur l'article du Journal de Nicholson, que vous m’avez communiqué avec quelques autres écrits où se trouvent différentes objections à ma théorie des phéno- mènes galvaniques, que je crois avoir assez démontré être des véritables et simples effets d’une électricité mue par le contact mutuel des métaux dif- ferens, dont sont composés mes appareils, bien plus que par le contact de ces mêmes métaux avec les substances humides interposées entre chaque paire. Comme je me proposois de refuter l’opinion contraire, qui attribuoit tout, ou presque tout, à l’action des fluides sur les métaux, opinion, qui avoit prévalu parmi les Physiciens, et les Chimistes sur tout, j’ai beaucoup insisté dans mes derniers Mémoires sur cette électricité qui provient du con- tact des metaux differens; en soutenant et demontrant que, dans les appa- reils, tant à colonne qu’à couronne de tasses (comme je les appelle) le fluide électrique étoit mu avec la même force à-peu-près, soit que les couches sépa- ratrices fussent d’eau pure, ou d’eau salée. Puisqu’il est de fait, que la qualité de l'électricité, savoir positive ou négative, et par là la direction du cou- rant, reste toujours celle qui est determinée par le contact mutuel des métaux differens, et que le degré ou tension de cette électricité démeure le même aussi, si non précisément, du moins à peu de chose près, soit que les couches humides soient de l’eau pure ou de l’eau salée.

Comme cela a pu faire croire, que je n’accordois aucun pouvoir ou action sur le fluide électrique à aucun conducteur humide mis en contact avec des conducteurs métalliques, je ferais remarquer pour detromper ceux qui m’ont mal compris, qu’au contraire je n’ai jamais attribué aux métaux exclusivement la faculté d’inciter le fluide électrique par leur contact mutuel, lorsqu’ils sont de differentes espèces, ayant reconnu, et prouvé par un grand nombre d’expériences directes, que cette faculté appartenoit, sans exception, à tous les conducteurs; et que si elle étoit en général plus marquée entre les métaux, elle ne laissoit pas que de se manifester aussi dans le contact d’un métal, ou conducteur de première classe (comme j’appellois les métaux et le charbon) avec un de la seconde, ou conducteur humide.

Cette assertion se trouve répétée bien de fois dans plusieurs de mes Mé- moires, dès l’année 1794, jusques à 1798; nommément dans mes lettres à VASSALLI, à GREN, à ALDINI, publiées dans les Annali di Chimica du Prof. BRUGNATELLI de Pavie. Ces expériences, qui la prouvent de plusieurs manières y sont aussi décrites amplement. C’est principalement dans la première lettre, a GREN de 1796, qui fut aussi imprimée dans son Journal Allemand (Neues Journal der Physik. IV. Band 1797) que j’établis ce principe de l’action mo- trice sur le fluide électrique, qu’exercent par le simple contact mutuel. 1° Les conducteurs de première classe, ou metalliques (bien entendu que ce contact se fasse entre deux de différente espèce). 2° Un conducteur de première classe avec un de la seconde, ou conducteur humide. 3° Même deux de cette dernière classe bien différens entr’eux: J’établis, dis- je, ce principe d’après l’expérience et de nombreux essais que j’avois faits; et je montre comment, pour déter- miner un courant électrique dans un cercle conducteur, il faut que ce cercle soit formé au moins de trois de ces conducteurs différens; soit deux de la pre- mière classe différens entr’eux, et un quelconque de la seconde; soit deux de la seconde aussi différens, et un de la premiére; soit enfin trois, tous de la seconde classe, et tous différens

Cette combinaison active de conducteurs tous de la seconde classe, m’avoit déja fait soupçonner que la nature se servoit d’un semblable artifice pour l’électricité de la torpille, comme des autres poissons, qui donnent la secousse. Or, ce qui n’étoit qu’un soupçon dans le temps où je ne connoissois pas encore l’augmentation que reçoit la force électrique par une construction de plusieurs combinaisons semblables, alternativement disposées, est devenu pour moi une vérité presque démontrée, après l’invention de la pile, à laquelle ressemblent si bien les organes électriques de la torpille. Car ne voit-on pas dans ces organes des lames super- posées les unes aux autres, comme dans la pile? La seule différence est que dans la pile ce sont des lames métalliques; dans les organes de la torpille des particules membraneuses etc.; mais il suffit qu’elles soient différentes, et disposées dans l’ordre convenable, pour qu’il en résulte un’appareil électromoteur, aussi bien que par les métaux différens, comme je l’ai avancé.

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Pour mieux montrer la chose, et la mettre, pour ainsi dire, sous les yeux, j’ai joint dans cette même lettre plusieurs figures qui représentent dans plu- sieurs combinaisons de conducteurs des deux classes, variés en nombre et en position, quelles sont celles qui doivent donner lieu au courant électrique, et celles qui ne le doivent pas, les forces en sens contraire se contrebalançant. Or, les figures pour les combinaisons actives plus simples, que j’ai exposées, sont celles-ci, où les conducteurs de première classe sont désignés par des lettres majuscules A et Z, (argent par exemple et zinc) et ceux de la seconde classe par les lettres minuscules e, s (eau, et solution saline). Ainsi donc, dans la fig. 1, ce sont deux conducteurs de la première classe différens, par exemple argent et zinc, qui se touchent immédiatement, et qui communi- quent dans un autre endroit par l’intermède d’un conducteur humide ou de seconde classe; dans la fig. 2 ce sont deux conducteurs de la seconde classe assez différens entr’eux (par exemple eau et sulfure de potasse) qui se tou- chent, joints en cercle par un métal (par exemp. argent). En termes plus concis: dans la fig. 1 c’est un seul conducteur humide interposé entre deux métaux différens qui complétent le cercle; dans la fig. 2, c’est un seul métal placé entre deux conducteurs différens.

Tout cela est indiqué dans ma première lettre à GREN, qui fut publiée dans les Journaux Allemands, dans la continuation de cette lettre, et dans une seconde très-longue qui ne parut que dans les Annali di Chimica de Pavie, déjà cités, je m’étends encore beaucoup sur ce sujet, et j’y ajoute des éclaircis- semens; entr’autres, je m’exprime à-peu-près dans ces termes au § 77

N’ayant pas sous les yeux l’original Italien, je me sers d’une traduction allemande que RICHTER a faite de quelques articles de mon Mémoire, et qu’il a inserée dans une des ses lettres à GILBERT, Rédacteur des Annalen der Physik. Cette lettre se trouve dans le 10.me cahier de ce Journal pour l’année 1801.

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« Je procède à prouver par des expériences directes ce que j’ai déjà avancé « (§ 56) savoir que la faculté que les métaux, ou conducteurs de la première « classe, ont de mettre en mouvement le fluide électrique par leur attouchement « mutuel (bien entendu qu’ils soient de différente espèce), de donner de ce « fluide, ou d’en prendre l’un à l’autre; cette même faculté, ils l’ont aussi « lorsqu’ils sont mis en contact avec des conducteurs humides, ou de seconde « classe: avec la seule différence, que dans ce dernier cas le degré de cette « force, qui se déploie, est communement, lorsque surtout c’est de l’eau simple « ou des humeurs peu differentes de l’eau, que le métal touche, le degré, dis-je, « de cette force est bien moindre, que dans l’autre cas du contact mutuel « des métaux différens ».

« Je dis communément, et lorsque les conducteurs de seconde classe « qu’on met en contact des métaux sont de l’eau simple, ou d’une nature « peu différente de l’eau; parce que l’action électrique qui se déploie par le « contact de plusieurs solutions salines avec les métaux, principalement de « certains acides avec certains métaux, et des alkalis concentrés avec presque « tous les métaux, est souvent plus forte et plus marquée que celle qui se « déploie par le contact mutuel de deux métaux peu différens entr’eux, comme « le démontrent les expériences que j’ai faites là-dessus, et que j’ai déjà rap- « portées (§ 23 et 24), dans lesquelles une grenouille non complètement pré- « parée, ou autrement peu excitable placée de la manière ordinaire, dans « deux vases d’eau, n’entroit point en convulsion lorsqu’on complétoit le « cercle avec un arc composé de deux de ces métaux peu différens, comme « argent et cuivre, cuivre et fer, etc., tandis qu’elle étoit fortement secouée « en établissant la communication entre les deux verres au moyen d’un « seul métal; par exemple, d’un simple arc de fer, ou d’un purement d’étain, « à une des extrémités duquel j’avois mis une goutte d’eau fortement salée, « une goutte d’acide nitrique, ou d’une solution alkaline »

Comme je n’avois pas encore trouvé à cette époque le moyen de rendre sensible à l’élec- tromètre commun l’électricité excitée par ces contacts des conducteurs différens, c’étoient les convulsions de la grenouille qui préparée, même imparfaitement, est une espèce d’électromètre incomparablement plus délicat, qui me servoient d’indice do cette électricité extrèmement foibles. Or donc, j’obtenois ces indices en différentes manières, savoir: 1.° Suivant la méthode ordinaire, qui étoit l’application d’un arc fait de deux métaux, soit à différentes parties de la grenouille, soit à d’autres conducteurs humides en communication avec ces parties, de ma- nière à compléter le cercle; 2.° Avec un arc d’un seul métal, dont une extrémité touchoit, à un conducteur humide, et l’autre estrémité à un autre aussi humide d’espèce différente, comme dans les expériences dont il est parlé ci-dessus; 3. ° Avec une combinaison de conducteurs tous humides, ou de seconde classe, sans aucun qui fût métallique, ou de la première classe: et c’étoit les expériences, où je réussissois à exciter des convulsions dans une grenouille complète- ment préparée, et très-excitable, par le simple contact d’une de ses jambes avec les nerfs ischia- tiques, ou avec les muscles de son dos mis à nud. Il falloit pourtant à l’ordinaire que ce fût la partie tendineuse blanche du genou, qui touchât aux dits nerfs ou muscles. et surtout qu’il se trouvât quelqu’humeur interposée, différente de l’eau, comme du sang, de l’eau salée, ou mieux une goutte de liqueur alkaline. Toutes ces expériences sont décrites au long dans une lettre à VASSALLI, et rappelées dans celles à GREN.

Ainsi done il étoit bien prouvé, que le fluide électrique est incité et mis en mouvement non-seulement par le contact mutuel des métaux differens, mais aussi par celui des métaux avec les conducteurs humides, et même par le contact de ces derniers entr’eux, s’ils sont dif- férens; que ce fluide est mu avec différens degrés de force, suivant l’espèse des métaux, et l’espèce des conducteurs humides qui se touchent: qu’en général les combinaisons que forment les métaux entr’eux, sont plus actives que celles des métaux avec les conducteurs humides; et celles-ci plus que les combinaisons des seuls conducteurs humides.

Tous ces faits que j’avois prouvés par des expériences multipliées sur la grenouille avant que je fusse arrivé à obtenir des signes sensibles à l’électromètre, ont été confirmés avec plu- sieurs autres points de ma théorie, lorsque je suis parvenu à obtenir ces signes. 1.° par le contact mutuel de deux métaux; 2.° par celui d’un métal avec un conducteur humide; 3.° par le contact de deux de ces derniers différens entr’eux. Voyez mes lettres à GREN et à ALDINI.

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Il seroit trop long de copier d’autres paragraphes qui contiennent la des- cription détaillée des expériences que j’avois faites, avec une grande variété de liqueurs, combinées à différens métaux. Je dirai seulement que j’avois été frappé de la grande activité du foie de soufre, ou sulfure alkalin, en con- tact avec l’argent et d’autres métaux, pour donner impulsion au fluide élec- trique; les effets obtenus étant plus forts que ceux provenant du contact de l’argent avec l’étain, et presqu’aussi forts qu’avec l’argent et le zinc: ce que je fis remarquer.

En voilà assez pour détruire l’objection et le reproche qu’on n’a pas manqué de me faire, comme si j’attribuois exclusivement aux métaux la faculté d’inciter par leur contact mutuel, et mettre en mouvement le fluide électrique. Cependant outre tant d’assertions formelles et de preuves du con- traire, c’est-à-dire, que cette même faculté étoit commune à tous les conduc- teurs en général, de sorte, qu’ils devenoient tous moteurs à un degré plus ou moins grand, par leur contact mutuel, pourvu seulement qu’ils fussent dif- férens, outre, dis-je; ces assertions, et ces preuves consignées dans les mémoires déjà cités, j’avois eu soin dans tous les autres mémoires, qui suivirent ceux-là, de ne jamais restreindre l’expression de moteurs du fluide électrique aux seuls métaux, mais de les désigner seulement comme les plus propres et les plus actif en général: en effet, au lieu de dire, par exemple, l’impulsion que donnent au fluide électrique par leur contact mutuel les conducteurs métal- liques différens, j’ai toujours dit les conducteurs différens, surtout métalliques: ce qui exprime assez la chose.

Enfin, dans le Mémoire que je lus, au moins de Novembre passé, à l’In- stitut national de Paris, et qui se trouve inséré dans le N.° 220 des Annales de Chimie, je crus à propos de m’expliquer encore une fois clairement, et de rappeler mes anciennes expériences sur ce sujet: voici ce que je dis au § 12. « Mais le fluide électrique ne reçoit-il aucune impulsion du contact im- « médiat d’un métal avec un conducteur humide? J’ai prouvé l’affirmative « par beaucoup d’autres expériences, rapportées dans les lettres dont j’ai « déjà parlé. Cependant cette impulsion est si foible, lorsqu’on n’emploie que « l’eau pure ou salée, qu’on ne peut la mettre en parallèle avec celle qui pro- « vient de la communication des métaux bien différens, tels que le zinc avec « l’argent ou le cuivre: à l’exception de quelques acides concentrés, de quelques « liqueurs alkalines, des sulfures alkalins etc., qui impriment par leur contact « avec divers métaux une impulsion très-sensible ».

D’après ce que je viens d’exposer, on voit que la construction d’un ap- pareil électromoteur (qu’on veut encore appeller galvanique) en employant un seul métal entre deux liqueurs différentes, comme Mr. DAVY l’a heureu- sement exécutée, bien loin de former une objection à ma théorie, en est une confirmation, que cette construction est tout-a-fait dans mes principes, et quelle se rapporte à la figure 2, (voyez les fig. ci-dessus), comme la cons- truction de l’autre appareil que j’ai inventé et mis en vogue: où il entre deux métaux et un seul conducteur humide, se rapporte à la fig. 1. Ces ap- pareils en effet ne sont autre chose l’un et l’autre qu’une addition ou série continuelle, et régulière de plusieurs de ces combinaisons simples, représentées par les dites figures. Aussi me suis-je beaucoup réjoui en apprenant cette réus- site de Mr. DAVY avec un seul métal et deux liquides différens.

Au reste, si je me suis tenu dans mes appareils, soit à colonne, soit à couronne de tasses, à la construction de deux métaux et un conducteur hu- mide, c’est d’abord que je l’ai vue infiniment plus commode que l’autre des deux liquides et un seul métal. En second lieu, parce qu’il m’a paru très-difficile de pouvoir tenir confinés à leur place les deux liquides, qui d’ailleurs devoient se toucher, sans qu’ils se confondissent ensemble. C’est par cette raison sur-tout que j’ai fait très peu d’essais de ce genre, et que je n’eus aucun succès. Mr. DAVY au contraire, y à réussi avec différens appareils et particulièrement avec un tout-à-fait semblable au mien à couronne de tasses; et qui n’en diffère que par l’article d’un seul métal communiquant à deux liquides différens, d’après la fig. 2, au lieu de deux métaux et un seul liquide, suivant la fig. 1. Il a réussi en employant pour un des liquides l’acide nitrique concentré, ou mieux le sulfure de potasse, que j’avois trouvé aussi dans mes anciennes expériences des combinaisons simples étre parmi les conducteurs humides, ou de seconde classe, l’un des meilleurs moteurs, comme j’ai déjà dit; et afin d’empêcher le mélange, pour un certain temps au moins, il lui a suffi de faire communiquer la liqueur d’une tasse avec celle de l’autre, par l’entremise d’un carton ou drap mouillé d’eau. Cet heureux expédient a valu à Mr. DAVY la réussite d’un appareil composé, assez actif pour donner la commotion, avec un seul métal.

Je ne conçois pas comment on pourroit regarder celà comme une grande objection à ma théorie, tandis que, comme je l’ai déjà dit et montré, c’est une chose tout-à-fait conforme à mes principes et à mes expériences. Oui: ce seroit une forte objection (comme s’exprime Mr. NICHOLSON dans son Journal) à cette partie de ma théorie qui attribue tout aux métaux, et rien aux fluides, si effectivement je soutenois celà; mais on a dû voir, que mon opinion fondée sur mes propres expériences, est depuis long-temps bien différente: on l’a dû voir, et on ne pouvoit pas se le dissimuler; les Mémoires étoient imprimés où je me suis exprimé là-dessus assez clairement. Or comme Mr. NICHOLSON dit qu’on ignoroit probablement sur le Continent, à cause des corréspondences interrompues, les expériences et découvertes faites dernièrement en Angle- terre, je puis dire de même qu'on ignoroit en Angleterre celles que nous avions faites il y a quelques années.

Je conçois encore moins qu’on fasse tant valoir la substitution du charbon de bois au métal dans l’appareil dont il s’agit, et comment on m’objecte celà, encore; tandis qu’il y a long-temps qu’il est connu que le charbon se comporte à tous égards comme les métaux, en qualité et de conducteur, et de moteur d’électricité. C’est moi, qui le découvris et l’annonçai en 1793. (V. Annali di Chimica); savoir, que le charbon, reconnu déjà pour un bon conducteur, étoit aussi un excellent moteur d’électricité par son contact avec les métaux, surtout avec l’étain et le zinc; et qu’il tenoit une place près de l’argent, qu’il dévançoit même. Depuis ce temps j’ai toujours compris le charbon, comme aussi la plombagine, parmi les conducteurs de première classe, les conducteurs secs; classe que j’appelle aussi des conducteurs métal- liques, parce que la plupart le sont

L’oxide noir de Manganèse y appartient, et il est beaucoup plus puissante que l’argent et le charbon même pour pousser le fluide électrique dans les autres métaux, sourtout dans le zinc.

; mais j’ai souvent averti, que le charbon y est compris; et dans un de mes Mémoires, où j’ai tracé une espèce d’échelle de ces conducteurs, suivant qu’ils poussent le fluide électrique l’un dans l’autre, je l’ai justement placé au-dessous de l’argent, et de l’or.

Mr. NICHOLSON objecte encore aux physiciens d’avoir été trop précipités à admettre d’après ma théorie, que l’électricité soit le seul agent dans les phénomènes galvaniques, la seule cause efficiente de ces phénomènes. Il auroit fallu attendre, j’ajouterai, qu’on fût parvenu à produire tous les effets propres à la pile, avec l’électricité ordinaire des machines. Eh bien: que dira-t-il à présent qu’on les a effectivement obtenus; et avec une électricité élevée à ce même degré qui se manifeste dans la pile, etc.? Je me rapporte en celà, à des expériences faites justement en Angleterre, qu’il doit connoître; et à celles exécutées en grand en Hollande par mon ami le Dr. VAN-MARUM. Que dira-t-il, si non qu’il est tenu de se rendre à l’évidence?

On a fait, et on continue de faire d’autres objections à ma théorie. Ce ne sont pas, dit-on, des phénomènes purement électriques que présente la pile: le développement du gaz hydrogène d’un côté, et de l’oxigène de l’autre; l’oxidation des métaux; la production d’un acide (l’acide nitrique à ce qu’il paroit) du côté de l’oxigène, et d’un alkali (l’ammoniaque) du côté de l’hy- drogène, etc., ces faits semblent être propres seulement à cette classe d’appareils. D’ailleurs, cette oxidation paroît être plutôt cause qu’effet de l’action gal- vanique, ou contribuer au moins beaucoup à son énergie.

Je réponds premièrement, que dès que tous ces effets de la pile ont pu être produits et imités exactement par l’électricité ordinaire, il ne doit plus y avoir de difficulté à les attribuer à l’électricité qui se manifeste dans la pile elle-même au degré suffisant pour les produire, eu égard surtout à son action continuelle. En second lieu, que l’oxidation est en partie indépendante de l’action galvanique, ou pour mieux dire électrique; car elle est l’effet chi- mique ordinaire de tel ou tel fluide sur tel ou tel métal: elle en dépend aussi en partie, en tant que le courant électrique modifie singulièrement cette oxi- dation, en l’augmentant beaucoup dans le métal d’où le courant sort pour passer dans l’eau ou tout autre liquide oxidant, et en la diminuant ou sup- primant tout-à-fait dans le métal où le courant électrique entre, et où le gaz hydrogène se développe. Ainsi donc, le courant électrique exerce une action oxidante, et une désoxidante, suivant qu’il passe d’un métal dans un liquide, ou du liquide dans le métal; mais cette action n’est nullement la cause du courant, elle n’en est que l’effet.

Je sais bien qu’il y a des apparences contraires qui ont pu en imposer: on a observé qu’en général, plus l’un des métaux est oxidable (le zinc en effet est à cet égard en première ligne) et plus le liquide qui le touche est oxidant, et plus aussi la commotion que donne la pile est forte, et plus le développement des bulles d’air autour des fils, qui plongent dans l’eau et font partie de l’arc conducteur, est prompt. Mais il faut observer que ces effets, je veux dire ce développement des gaz, et surtout la commotion, tiennent non seulement à la force ou charge d’électricité; mais aussi à la qualité plus ou moins perméable des conducteurs du courant électrique. Or ce courant est toujours fort re- tarde si les conducteurs métalliques sont interrompus par d’autres non-mé- talliques infiniment moins bons qu’eux, et cette disposition a lieu dans la pile. Ce même courant est beaucoup plus retardé par l’eau simple que par les solutions salines, qui ne sont pas à beaucoup près si mauvais conducteurs qu’elle, ainsi que des expériences directes l’ont prouvé. Voilà pourquoi en imbibant de ces humeurs salines les cartons de la pile on a des commotions beaucoup plus fortes par le même nombre de couples métalliques, et par le même degré de tension électrique de la pile, qu’en les trempant d’eau pure: on a, dis-je de beaucoup plus fortes commotions, indépendamment de l’action chimique de ces liqueurs salines.

Parmi un grand nombre d’expériences qui prouvent mon assertion, il y en a une que j’ai rapportée dans un de mes derniers Mémoires; (celui que je lus à, l’Institut national de Paris): dans cette expérience, un appareil à cou- ronne de tasses donnoit à l’électromètre à peu-prés le même degré d’électri- cité lorsqu’il n’y avoit dans les tasses que de l’eau pure, que lorsqu’il y avoit de l’eau salée; tandis que la commotion étoit incomparablement moins forte avec l’eau simple. Or l’électromètre est bien un meilleur juge de la force élec- trique, c’est-à-dire, il nous fournit une mesure bien plus fidèle, et bien plus exacte de cette force que la commotion, laquelle dépendant en grande partie de circonstances accessoires, et surtout de la bonté de l’arc conducteur, n’est souvent qu’un signe très-équivoque, et jamais une mesure précise.

Une autre expérience bien démonstrative, que je propose ici, est de charger une très-grande bouteille de Leyde, à un degré très-foible, au point seulement qu’elle puisse donner une médiocre secousse jusqu’au coude lorsque d’une main mouillée on tiendra l’extérieur de la bouteille, et que de l’autre, éga- lement mouillée et armée d’un conducteur métallique un peu volumineux, on touchera le crochet de cette même bouteille. Après avoir bien remarqué la force et l’étendue de la commotion lorsqu’on décharge la bouteille de cette manière, essayez de décharger cette même bouteille, chargée précisement au même degré, en substituant au conducteur métallique tenu dans la main une pile avec les cartons humectés d’eau pure, et une autre fois une pile du même nombre de pièces mais dont les cartons soient imbibés d’une bonne solution saline: vous éprouverez une commotion très-foible lorsque la pile à l’eau servira d’arc conducteur, et une beaucoup moins foible lorsque vous employerez la pile à l’eau salée; et celle-ci sera encore considérablement in- férieure à la commotion obtenue par l’intermède du conducteur métallique pur.

Ainsi donc les interpolations des couches humides aux couples métal- liques, soit dans les piles, soit dans les appareils à couronne de tasses, sont, surtout lorsque le liquide est de l’eau pure, des obstacles très-considérables à la rapidité du courant électrique, qui sans ces entraves seroit beaucoup plus grande. On diminue ces obstacles suivant que les liquides choisis sont des conducteurs moins imparfaits, et qu’ils s’appliquent mieux au contact du métal: et par cette raison probablement ceux qui attaquent le métal même et s’appliquent ainsi de bien plus près à sa surface, réussissent le mieux. On les diminue encore, ces obstacles, à mesure qu’on donne plus d’étendue au contact de la substance humide avec le métal. Cela explique l’avantage des grande plaques qui serrent entre elles des disques humides aussi grands.

Cependant les appareils ou piles à grandes plaques, qui brûlent si ai- sément le fil de fer et fondent d’autres fils métalliques, ne donnent pas des commotions sensiblement plus fortes que les piles étroites, à nombre égal de plaques, de même qu’elles n’élèvent pas l’électromètre à un plus haut degré de tension. Ce dernier fait s’entend facilement: mais, que la commotion provenant d’une pile qui a la force de fondre des fils métalliques soit moderée et supportable, celà paroit bien surprenant, et difficile à expliquer. Cependant on le comprendra assez si on réflechit que le corps même de l’homme retarde beaucoup, comme mauvais conducteur, le courant électrique mû avec une foible tension, comme l’est toujours celle de la pile. On a des preuves de ce retard par d’autres expériences analogues; eu tirant la commotion d’une grande bouteille de Leyde foiblement chargée, ou d’un de mes appareils, avec une chaîne de personnes qui se tiennent réciproquement serrées par leurs mains humectées, on trouve que cette commotion s’affoiblit beaucoup pour chaque personne qui s’ajoute successivement à la chaîne. Avec deux personnes seulement elle est déjà considérablement moins forte qu’avec une seule; d’où l’on peut juger que même une seule personne retarde déjà beaucoup le courant électrique par l’obstacle que lui oppose le corps humain à traverser.

Cet obstacle a tant d’influence, que si dans l’expérience des grandes plaques disposées pour fondre et brûler le fil de fer, ce fil, au lieu de com- muniquer immédiatement avec la base de la pile, communique avec elle moyennant une personne qui la tienne dans sa main, ou autrement, on ne réussit plus à fondre, pas même sa pointe; tandis que, par une communi- cation immédiate, on en fondroit plusieurs lignes etc.

Concluons que tous les conducteurs humides, ou de seconde classe, sont des conducteurs très-imparfaits; mais que l’eau tenant en dissolution d’autres substances, et surtout des sels, est un conducteur beaucoup moins imparfait que l’eau pure. Mr. CAVENDISH, dans un excellent Mémoire dans lequel il ramène tous les phénomènes de la torpille aux lois de l’électricité, (Trans. Phil. 1775) estime, d’après certaines expériences, que l’eau est 400 millions de fois moins conductrice que les métaux.

Concluons que si on obtient des commotions, et d’autres effets beaucoup plus forts lorsque les couches humides de l’appareil électro-moteur sont des solutions salines, que lorsqu’elles sont de l’eau pure, ce n’est pas qu’elles augmentent réellement la force électrique: si quelquefois elles l’accroissent un peu, d’autre fois aussi elles la diminuent, suivant que l’impulsion que leur contact avec les métaux produit sur le fluide électrique, (impulsion ordinairement foible mais réelle cependant, ainsi que je l’ai montre plus haut) favorise ou contrarie le courant électrique déterminé par le contact mutuel des métaux differens dont est composé l’appareil. Ce n’est pas, dis-je, que ces solutions salines contribuent beaucoup à exciter le fluide électrique, et à le pousser dans la direction que prend son courant, en un mot, à aug- menter la force ou tension électrique; bien moins, dirai-je, qu’elles soient la principale cause de cette électricité; mais c’est plutôt parce qu’elles oppo- sent moins de résistance, en leur qualité de conducteurs moins imparfaits, à ce courant déterminé par le contact mutuel des métaux differens: c’est, en un mot qu’elles le laissent passer plus librement.

Au reste ce ne sont pas toujours les liquides les plus oxidans qui donnent lieu aux plus fortes commotions: et, en général, si on compare bien, je ne dis pas les effets sur l’électromètre, mais même les commotions (qui sont d’ailleurs des signes si équivoques), on ne remarquera pas ce rapport entre la vertu oxidante des liqueurs employées dans l’appareil, ou pour mieux dire, entre le procédé d’oxidation qui a lieu, et la force de la commotion. Par exemple, la potasse liquide n’est pas un fluide plus oxidant, il n’attaque pas plus les métaux, et en particulier le zinc, que ne le fait l’eau pure; et cependant si les cartons de la pile sont imbibés de cette liqueur alkaline au lieu d’eau, la commotion qu’on reçoit dans ce cas est beaucoup plus forte, et prèsque égale à celle qui auroit lieu s’ils étoient imprégnés d’eau salée ou acidulée. La potasse liquide n’est pas une substance plus oxidante, mais elle est un beaucoup meilleur conducteur que l’eau: voilà pourquoi elle permet, je m’exprime ainsi, une commotion beaucoup plus forte. Tout dépend donc, sous le rapport de la commotion plus ou moins forte, et du plus ou moins prompt développement des gas autour des fils metalliques plongés dans l’eau, et qui font partie du cercle, tout dépend, dis-je, ou prèsque tout, sous ces deux points de vue, de la faculté conductrice des liquides interposés; faculté qui varie beaucoup pour les différentes solutions salines.

Encore un mot sur ce que plusieurs physiciens croient la présence de l’air respirable nécessaire à l’action de la pile; et que dans le vide de la machine pneumatique cette action cesse entièrement, ou à-peu-près: le Dr. VAN-MARUM vient de prouver le contraire; et quand il ne l’auroit pas fait, mes épreuves déjà rapportées dans ma lettre à Sir JOSEPH BANKS (Mars 1800) qui consis- toient à entourer d’huile ou de cire toute la pile, laquelle continuoit d’agir très-bien avec une telle enveloppe, et pendant plusieurs semaines, ces expé- riences, dis-je, démontrent assez que les effets ont lieu sans le concours de l’air.

Mais comment ont-ils donc été induits en erreur les physiciens qui atte- stent avoir vu les effets de la pile disparoître ou s’affoiblir prodigieusement dans le vide de BOYLE? En accordant quelque chose à leurs observations, j’expliquerois le fait en attribuant l’affoiblissement des signes d’action, pre- mièrement à l’évaporation de l’humidité des cartons, évaporation provoquée par le vide d’air qui à pû les dessécher au point de ne plus laisser passer le courant électrique avec la vitesse requise pour donner une commotion assez sensible; en second lieu, à ces mêmes vapeurs, condensées sur l’extérieur de la pile jusqu’à la mouiller; ce qui, comme on sait, nuit beaucoup.

On m’objectera qu’on à observé que l’air d’un vase dans lequel on tient enfermée une pile en action, diminue sensiblement. -Il concourt donc... Oui, repondrai-je, il concourt à l’oxidation des métaux, qui est en train

Je croirois encore plus probable, avec M. SENEBIER qui me le suggère, que le gaz hydro- gène, qui se développe, se combine dans son état naissant, à l’oxigène de l’air ambient pour former de l’eau; et qu’il occasionne ainsi la diminution observée dans cet air.

, mais cette oxidation n’à proprement rien à faire avec l’action électrique, comme je l’ai assez fait voir: c’est un phénomène purement chimique, dont je ne dois pas m’occuper ici, où il n’est question que de l’excitation élec- trique et des phénomènes qui en dépendent. Sous ce dernier point de vue, l’oxidation a bien quelque rapport à l’électricité de la pile, mais comme effet de celle-ci, et nullement comme cause; suivant ce que nous avons expliqué.

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