Volta, Alessandro Lettere del Volta 1780-1781 it volta_lettVolta_806_it_1781.xml 806.xml

LETTERE DEL VOLTA

PRECEDENTI ALLA PUBBLICAZIONE DELLA MEMORIA SUL CONDENSATORE E RIGUARDANTI LO STESSO ARGOMENTO

Dal 1780 al 1781.

FONTI.

STAMPATE.

Mont.: pag. 36.

MANOSCRITTE.

A. S. M. Autografi di A. Volta. Ginevra Bibl. Univ. Ms. Sen.: 2 f. 378- 379; 380; 381-382. Cart. Volt.: E fot. 3; E fot. 4; E fot. 5.

OSSERVAZIONI.

TITOLO: DATA: dai Mns. autografi e da Mont.

A. S. M.: è un brano di lettera in data 27 giugno 1780, nella quale il V. preannuncia al C.te Firmian la sua memoria sul Condensatore. Mont. pg. 36: è una lettera in data 22 Dicembre 1780, nella quale il V. espone al Landriani le proprietà del suo Micro-elettroscopio. Ginevra Bibl. Univ. Ms. Sen.: sono tre lettere, le prime due rispettivamente in data 29 agosto e 3 novembre 1780, l’ultima in data 14 luglio 1781; in esse il V. espone al Senebier le proprietà del Micro-elettroscopio, sulle quali sta prepa- rando una memoria per la Società Reale di Londra. Benchè di queste tre lettere le prime due non riguardino esclusivamente l’elettrostatica, tuttavia, per non spezzarle, si pubblicano qui per intero, scrupolosamente riproducendo le grafie delle fonti. Cart. Volt. E fot. 3, E fot. 4, E fot. 5, sono copie fotografiche di queste tre lettere.

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A. S. M. Autografi di A. Volta.

1780, 27 Giugno

Eccellenza

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Ho steso una Memoria sopra alcune nuove sperienze elettriche da me fatte in questi ultimi mesi, e che spargono molto lume sopra l’azione delle atmosfere elettriche: ora terminate le lezioni darò l’ultima mano a questo scritto, che mando al Principe COWPER a Firenze, il quale vorrà presentarlo alla Reale Società di Londra.

Ho l’onore di raffermarmi col più profondo rispetto di V. Eccellenza

Pavia li 27, giugno 1780.

Umill.mo Obb.mo Osseq.mo Servitore ALESSANDRO VOLTA P. P.re di Fisica Sperimentale

Mont. pg. 36.

Pavia, 22 dicembre 1780

C. A.

Per mezzo dell’abate VILLA vi mando il piano semicoibente, che mi cercate. Vedrete che questo non è altro che un legno bene stagionato, e verniciato da una parte. Serve però da ambe le parti quando è tenuto in luogo asciutto; ma dalla parte verniciata sempre meglio. Altro non si ri- cerca se non che la lamina metallica che dee posar sopra vi si adatti bene: questa è una delle principali condizioni. Come avrete veduto l’effetto di questo piatto di legno già usato e anzi in poco guasto che vi mando, ne farete fare un altro più ben tirato, e lo coprirete di buona vernice copale, che vi riuscirà assai meglio. Ma meglio ancora riesce una tela incerata fina, li- scia, e nitida, che non sia però fresca: finchè fa freddo mantenendosi ella secca e dura è ottima davvero: si può ricoprirne un piano qualunque; ma torna meglio stenderla sopra un telaio, che così arrendendosi si adatta be- nissimo alla lamina metallica che vi posate sopra, la qual lamina perciò sarà bene che sia gravata da qualche discreto peso. Io ho un simile telaio o quadro di tela incerata nera, su cui posando uno scudo ordinario o elettroforo di 8, 10, 12 pollici di diametro, ed infondendo l’elettricità a questo scudo coll’uncino di una boccetta di Leyden, che appena attrae un leggerissimo filo, e alzandolo quindi anche dopo molti secondi mi vibra una scintilla di più d’un pollice; me la vibra ancora, ma men grande, alzandolo dopo tre, quattro minuti primi, e fin dopo un quarto, una mezza, un’ora intiera: me la vibra ancorchè l’abbia toccato e ritoccato col dito o con la chiave sessanta, ot- tanta, cento volte mentre ancor giaceva. Una tale tenacità dell’elettricità infusa che non si dissipa per tali toccamenti lunghi e replicati, in grazia dello starsi la lamina elettrizzata combaciata col piano semicoibente, è quello che vi è di più sorprendente in queste sperienze; ma il più utile e vantag- gioso si è che in tale stato riposando la detta lamina prenda sopra di sè una molto maggior dose di elettricità sia da una boccia debolmente carica, sia da una macchina che agisca poco, sia dal conduttore dell’elettricità atmo- sferica che non dà segni, o li dà picciolissimi, di quella che prenderebbe standosi isolata. Con ciò si ottiene, che levandola dopo dal piano semicoi- bente compaiono segni cospicui e vivaci di quella elettricità, che altrimenti rimarrebbe insensibile od inosservata. Or non vi piacerebbe, amico, di chia- mare questo nuovo mio apparato micro-elettroscopio? Comunque vogliate chiamarlo mi piacerà il sentire, che ve ne siate servito utilmente nella serie delle vostre osservazioni meteorologiche.

Ho tardato io molto a mandarvi il piano semicoibente: ma voi avete tardato più a mandarmi la stagnola, che aspetto ancora. Io avea raccoman- dato al libraio MARGUILLARD, che fu ultimamente a Pavia, di farvene me- moria, e di dirvi che potevate consegnarla a lui. Fatelo, se vi piace, o cercate conto del Canon-d’-oro, che vi suggerii un’altra volta, o almeno consegna- tela all’istesso abate VILLA, o al dott. LAMBERTENGHI, che al principio d’anno saran di ritorno a Pavia. Addio intanto. Sono con tutta l’amicizia

Vostro affezionatissimo amico A. VOLTA

Ginevra Bibl. Univ. Ms. Sen.: Cart. Volt. E fot. 3.

Monsieur

De Milan ce 29.me Août 1780.

Je profite d’un moment de loisir qui me reste avant d’entreprendre un voyage dans la Toscane pour vous écrire deux mots. J’étais encore en donte de votre retablissement, lorsque votre lettre m’a consolé en me l’apprenant: quoiqu’il ne soit pas encore parfait, j’ai la meilleure espérance qu’il le sera bientôt; et il faut que vous l’ayiez aussi cette espérance, car cela peut con- tribuer beaucoup: même je crois qu’il faut que vous vous comportiez de façon comme si vous étiez tout-a-fait sain, à l’application près; car il y a apparence que l’excès d’étude a été l’origine de votre maladie. Pour moi je ne cours aucun danger de ce coté-là de tomber malade; et vous le savez bien, qui me reprochez l’oisiveté dans laquelle je vis: tant pis pour le me- decin, et tant mieux pour moi; ma santé ne peut pas être meilleure. Ce- pendant ne croyez pas que j’aye tout-a-fait abandoné les recherches sur les airs, et sur l’électricité. Touchant les premiers j’ai un peu perfectionné mon Eudiometre, et l’ai conduit à un point d’exactitude, que sans beaucoup de précaution je ne tombe jamais dans une erreur qui soit plus grande d’un dégré sur mon échelle, qui est divisée en 200. Ce que l’Abbé FONTANA peut à peine obtenir avec son Eudiometre mis en usage avec tant de precautions.

Pour ce qui est de l’électricité je viens d’écrire un long memoire, qui doit être présenté à la Societé Royale de Londres; et qui ne sera publié que d’ici à quelque tems. Il contient entre autres expériences celle d’aug- menter, ou pour mieux dire, de rendre sensible, et même assez vive et étincelante l’électricité très-foible par elle-même et tout-a-fait impercep- tible soit d’une mauvaise machine, soit d’une bouteille de Leyde si pauvre- ment chargée qu’elle sauroit à peine attirer un fil leger, soit enfin d’un Conducteur de l’électricité aërienne, qui ne peut pas même mouvoir ce fil. Oui, Monsieur, une électricité si foible, qui ne se manifeste par aucun signe, ou tout-au plus par des extremement petits, je parviens à la rendre je ne dis pas bien forte, mais incomparablement plus perceptible, jusqu'à donner des signes très-marqués, même des étincelles, au moyen de la faire passer dans un appareil, qui ressemble à l’Electrophore, et que faute d’un nom propre j’appelle Apparecchio ingranditore. Quand une barre Franklinienne élevée dans les airs ne donne aucun signe sensible d’électricité; il suffit que j’en fasse comuniquer le fil conducteur à mon appareil, savoir à la pla- que superieure de cette espece d’électrophore, pour que cette même plaque retirée un peu après, et otée de dessus le plat, attire fortement un fil, et donne même une petite étincelle. Il n’est pas besoin de vous faire remar- quer que la surface du plat inferieur ne doit pas être précedemment élec- trisée, pour être sûr que l’électricité de la plaque superieure vient de l’atmo- sphere par le moyen du Conducteur.

Vous comprenez assez l’avantage du dit appareil. Il vous suffit de savoir qu’il n’y a pas de tems serein ou nubileux, il n’y a pas une heure du jour ou de la nuit, où l’on ne puisse obtenir par son moyen des signes d’électricité naturelle bien marqués; et cela quoique la barre ne soit pas beaucoup élévée en l’air. Avec une qui ne l’étoit que médiocrement, et qui ne donnoit des signes que dans les tems d’orage ou de grosse pluye rare- ment; j’ai fait des expériences pendant un mois avec le plus grand succès. L’air serein m’a toujours donné des signes d’une électricité positive marqués avec un bon électrometre, et souvent avec une étincelle très-petite pourtant; mais la nuit du 28.me au 29.me Juillet dernier le Ciel encore serein, ayant paru une très-belle aurore boreale, qui s’étendoit jusqu’au zenit, j’ai eu des étincelles huit fois plus grandes qu’à l’ordinaire. Je ne sache pas qu’aucun physicien ait eu avant ce tems des preuves directes de l’électricité de l’aurore boreale.

J’ai repeté les expériences de Mr. JNGEN-HOUSZ, sur ce qu’il appelle air inflammable extemporané; et j’ai trouvé que nous n’avons pas besoin de l’éther: l’esprit de vin ordinaire suffit même affoibli avec un peu d’eau. J’en verse une ou deux gouttes dans un de mes pistolets de fer blanc, que je tiens une minute dans ma main pour l’echauffer et convertir le peu de liqueur en vapeur (si les parois du pistolet étoient épaisses il faudroit l’échauffer au feu ou au soleil); aussitot avec une etincelle électrique je l’allume, et il fait une très-forte explosion; chaque étincelle électrique ne suffit pas, il y faut celle au moins d’une petite bouteille de Leyde.

Je suis charmé, Monsieur, que mes idées sur la chaleur animale, que je présume en partie au moins produite par la digestion et nutrition, soient conformes à quelqu’égard aux vôtres.

Je vais partir et ne reviendrai à Côme que vers la moitié du mois d’Octo- bre. J’espere de recevoir alors de vos nouvelles. Je vous prie de faire bien de compliments de ma part à Mrs. BONNET, DE SAUSSURE, et TREMBLEY le jeune, et Mr. SALADIN (si ces deux-ci sont retournes de leur voyage en Al- lemagne). Continuez à m’aimer, et soyez sûr que je suis avec toute l’amitié.

Monsieur

Votre très-humble très-obéissant Serv.eur A. VOLTA.

Ginevra Bibl. Univ. Mns. Sen.: Cart. Volt. E fot. 4.

Monsieur

à Côme ce 3.me 9.bre 1780.

Ne recevant point de vos nouvelles je crains pour votre santé. Je me flattois d’en recevoir à mon retour de Toscane, vous ayant écrit avant de partir. J’ai eu bien du plaisir dans ce petit tour que j’ai fait; mais j’ai été privé de la satisfaction de voir Mr. DE SAUSSURE lors de son passage par Milan.

Je vous écrivois la derniere fois le resultat de quelques nouvelles expé- riences électriques, que je venois de faire, et en particulier d’un appareil pour rendre bien sensible l’électricité, qui seroit sans cela imperceptible: on pourroit appeller cet appareil micro-electroscope: il est surtout utile de s’en servir pour l’électricité athmosphérique, lorsque l’appareil ordinaire ou le simple Conducteur ne donne aucun signe; puisqu’à l’aide de mon Elec- troscope on obtient toujours de signes bien marqués, même quand le Ciel est serein. Je suis maintenant occupé à copier le memoire que j’ai composé au sujet de ces nouvelles expériences, et que je dois envoyer à la Société Royale de Londres.

J’ai enfin perfectionné mon Eudiometre à air inflammable: il est très- exact, et comparable: il marque deux cent degrés; et en faisant l’expérience avec beaucoup moins d’attention que n’en veut Mr. l’Abbé FONTANA pour le sien, mon Eudiometre va toujours à la précision d’un demi degré. J’ai fait voir les expériences avec cet instrument à plusieurs Savans à Florence, qui en ont été très-satisfaits. À propos d’Eudiometre je dois vous dire, que j’ai nouvellement essayé cette année l’air pris au sommet d’une des plus hautes montagnes, et que je l’ai trouvé de trois dégrés moins bon, c’est-à-dire plus phlogistiqué que l’air des plaines et des collines. Mr. DE SAUSSURE a trouvé la meme chose dans ses expériences. Il me fait l’honneur de me citer dans l’endroit où il en parle; et de donner avec son suffrage du poids à ma con- jecture sur l’existence d’une portion d’air inflammable dans les regions su- périeures de l’athmosphere; mais je dois avouer que dans les essays que j’ai fait exprès je n’ai pu découvrir la moindre quantité sensible d’air inflammable dans cet air pris au sommet de la grande montagne, m’étant servi pour ce- la de l’appareil que je vous ai décrit autrefois.

Et vous, Monsieur, quand nous donnerez-vous vos expériences et vos découvertes sur les airs, et sur le phlogistique?

Je suis avec les sentiments d’estime et d’amitié, que vous me connaissez.

Monsieur

Votre très-humble Ser.eur A. VOLTA.

Ginevra Bibl. Univ. Mns. Sen.: Cart. Volt. E fot. 5.

Monsieur

Vous avez raison, Monsieur, de me reprocher mon long silence. Votre derniere lettre auroit dû me le faire rompre aussitôt; et cependant voila un mois déja passé avant d’y faire reponse.

Quelles raisons vous alléguerai-je pour m’en excuser? La foule d’occu- pations dont j’ai été presque opprimé, de sorte que toutes mes correspon- dances ont été interrompues, et que j’ai dû renvoyer la reponse à plusieurs lettres au tems qu’étant quitte des fonctions de l’Université je me serois rendu à ma Patrie, et à un doux repos au sein de ma famille.

Je vous ai parlé de mon Micro-electroscope; mais vous ai-je dit en quoi il consiste, et comment on s’en sert? Sans en faire ici une longue description il vous suffit de savoir que c’est une espece d’Electrophore, et que l’Electro- phore même peut servir, pourvu que la couche resineuse en soit extreme- ment mince: la mieux que j’ai trouvé est une plaque de marbre bien dressée et travaillée avec la plaque même de métal qui doit servir d'écu, de sorte qu’elles forment deux plans de cohesion: après cela la surface travaillée du marbre, ou celle de la plaque de métal doit être vernissée de copal. On ren- contre quelque fois des marbres qui sont assez mauvais conducteurs pour n’avoir pas besoin de vernis, pourvu qu’ils soient secs; même tous les mar- bres peuvent réussir, si on a l’attention de les bien secher au feu ou au soleil chaque fois qu’on en veut faire usage. Le bois bien seché, ou encrouté de plâtre pareillement bien sec, ou, qui est mieux, vernissé, reussit très-bien; mais pas tant que le marbre, à cause qu’on ne peut pas le travailler de même et le faire adapter si bien à la plaque de metal, et qu’il est toujours sujet à se dejetter. Enfin la toile cirée dure et seche, ou celle d’un vieux tableau peut tenir lieu du marbre vernissé ou du plat de l’electrophore, et il suffit que la plaque de metal s’y adapte bien: en un mot tout corps qui soit un très-mauvais conducteur, ou qui soit recouvert d’une couche mince de matière électrique: ainsi vous pouvez étendre un taffetas ou un autre drap de soye sur une table, sur un lit ec. et poser dessus la plaque de metal avec un bon succès. Mais quel est donc ce succès? Il est tel que si vous introduisez l’électricité dans la plaque métallique ainsi posée avec une bouteille de Leyde très-foiblement chargée, avec une machine électrique qui agit fort peu, avec un Conducteur athmosphérique dont l’électricité pour n’être pas nulle n’en est pas moins imperceptible, si vous introduisez, dis-je, l’électricité avec un si foible agent dans la plaque de métal qui repose sur le plat de l’Elec- trophore, sur le marbre vernissé, ou sur un plan semblable, en otant après cette même plaque de dessus ce plan, vous la trouverez beaucoup plus for- tement électrisée qu’on n’auroit pu attendre de la debilité de l’agent élec- trique employé. Voila donc un grand avantage de cet appareil, surtout lorsqu’on veut observer l’électricité atmosphérique: il arrive souvent qu’en s’arretant au simple Conducteur élevé dans l’air on la croiroit nulle, puisque le fil introduit dans la chambre ne donne aucun signe; cependant si vous portez en contact de ce fil conducteur la plaque de métal posée convena- blement sur son plan, et l’y laissez un demi quart d’heure ou un quart tout au plus, et qu’après l’avoir retirée vous la detachiez de ce plan, elle vous donnera des signes très-marqués, jusqu’à faire éclater une étincelle. Cette aptitude de rendre très-sensible l’électricité infiniment petite, voila ce qui m’a fait appeller mon appareil Micro-electroscope.

Vous comprenez bien, Monsieur, que pour juger de l’électricité qu’on introduit dans la plaque de métal soit au moyen du conducteur athmos- phérique, soit au moyen de la bouteille de Leyde, ou de quelque manière que ce soit, il faut auparavant s’assurer qu’il n’y en ait point d’inhérente à la surface résineuse ou vernissée du plan, autrement les effets de l’Electro- phore se confondroient avec ceux du Micro-electroscope; et je vous avouerai qu’il n’y a pas peu de peine quelquesfois à bien purger la superficie du plan de l’électricité si elle en avoit déja contractée. Je conseillerois donc à ne jamais exposer mon appareil à une électricité tant soit peu forte, qui puisse penetrer avant dans la dite surface, à ne jamais la frotter, et même à prendre garde que cela n’arrive lorsqu’on pose dessus la plaque métal- lique. Au reste il est aisé à quiconque de s’assurer s’il n’y a point d’électri- cité inhérente à la surface du plan: il suffit de poser dessus la plaque métal- lique, et l’ayant touchée du doigt de la retirer sur le champ; si alors elle n’attire pas un fil leger, on peut se reposer sur l’exactitude de l’expé- rience qu’on va faire, c’est-à-dire faisant communiquer l’appareil au fil Conducteur, et trouvant après cette comunication que la plaque métallique donne des signes en la détachant comme auparavant de son plan, on sera sûr que l’électricité lui est venue du dit Conducteur et par conséquent de l’athmosphere: ce qu’on confirmera encore voyant qu’après comme aupara- vant l’appareil n’a aucun jeu d’Electrophore.

En voila assez, Monsieur, sur la construction et l’usage du Micro-electro- scope. Je souhaiterois que vous, et Mr. DE SAUSSURE en fissiez quelques épreu- ves. Au defaut du marbre vernissé servez-vous d’un Electrophore ordinaire avec les précautions que j’ai indiquées. Je ne sçais si vous avez le Conducteur Athmosphérique: Mr. DE SAUSSURE en a un excellent pour les observations. C’est lui qui pourra bien suivre les vicissitudes de l’électricité athmosphé- rique, decouvrir s’il y a quelque periode constant, et surtout averer ou détruire l’influence de l’électricité sur l’aurore boreale. Pour moi, qui vis tantôt çà tantôt là, je n’ai pas la commodité de suivre regulierement ces observations.

Je ne puis pas vous détailler les améliorations que j’ai faites à mon Eudiometre à air inflammable, car il seroit trop long. Peut-être en ferai-je la description en peu de tems à l’occasion que j’en envoye un à Mylord COWPER à Florence: alors je ne manquerai pas de vous en envoyer une copie. Je ne sçais pas si j’aurai la commodité de faire les expériences que vous m’indiquez sur les exhalaisons du foin lorsqu’il s’échauffe: si je pourrai les faire je vous les adresserai aussitôt.

Vous me demandez comment j’explique la formation de l’air infl. lors- qu’au lieu d’acide on dissout les métaux dans l’alkali volatil, et comment dans ce cas peut subsister l’idée du soufre aërien. Je me suis expliqué la des- sus dans mes lettres sur l’air infl. Voyez la lettre 6.me vers la fin, où je parle de l’air infl. qui a pour base l’alkali volatil, et où je modifie le sens qu’on peut donner à mon soufre aërien.

Je verrai avec bien du plaisir la lettre sur la Magnesie du Sel d’Epsom, dont vous me parlez; et je vous serai bien obligé si vous voudrez bien me la procurer, aussi bien que l’ouvrage de Mr. DE SAUSSURE sur l’Hygromètre, dont je suis encore plus curieux. Que ne peut on attendre de sa patience et de sa sagacité conjointes à des lumieres si étendues? Je ne connois encore aucun ecrivain dans lequel le Savant Naturaliste et le Physicien profond et industrieux soient reuni (sic) avec une assiduité de travaux étonnante, avec des vues si belles, des découvertes si heureuses, comme dans Mr. DE SAUSSURE. Je vous prie à le féliciter de ma part, et à lui rappeller la grande estime que je nourris de ses talents, et le désir de continuer dans l’amitié dont il m’a onoré. Ne m’oubliez pas aussi auprès de l’incomparable Contemplateur de la Nature; et ne vouliez pas vous-même me priver de votre amitié et de votre correspondence pour me punir de ma paresse et de mon silence.

Soyez sûr que je suis et serai toujours

Monsieur à Côme ce 14 Juillet 1781

Votre très-humble très-obeissant Serviteur A. VOLTA.