LETTERE DEL VOLTA
PRECEDENTI ALLA PUBBLICAZIONE DELLA MEMORIA SUL CONDENSATORE
E RIGUARDANTI LO STESSO ARGOMENTO
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1780, 27 Giugno
Eccellenza
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Ho steso una Memoria sopra alcune nuove sperienze elettriche da me
fatte in questi ultimi mesi, e che spargono molto lume sopra l’azione delle
atmosfere elettriche: ora terminate le lezioni darò l’ultima mano a questo
scritto, che mando al Principe COWPER a Firenze, il quale vorrà presentarlo
alla Reale Società di Londra.
Ho l’onore di raffermarmi col più profondo rispetto
di V. Eccellenza
Pavia li 27, giugno 1780.
Umill.
ALESSANDRO VOLTA
P. P.
Pavia, 22 dicembre 1780
C. A.
Per mezzo dell’abate VILLA vi mando il piano semicoibente, che mi
cercate. Vedrete che questo non è altro che un legno bene stagionato, e
verniciato da una parte. Serve però da ambe le parti quando è tenuto in
luogo asciutto; ma dalla parte verniciata sempre meglio. Altro non si ri-
cerca se non che la lamina metallica che dee posar sopra vi si adatti bene:
questa è una delle principali condizioni. Come avrete veduto l’effetto di
questo piatto di legno già usato e anzi in poco guasto che vi mando, ne
vi riuscirà assai meglio. Ma meglio ancora riesce una tela incerata fina, li-
scia, e nitida, che non sia però fresca: finchè fa freddo mantenendosi ella
secca e dura è ottima davvero: si può ricoprirne un piano qualunque; ma
torna meglio stenderla sopra un telaio, che così arrendendosi si adatta be-
nissimo alla lamina metallica che vi posate sopra, la qual lamina perciò sarà
bene che sia gravata da qualche discreto peso. Io ho un simile telaio o quadro
di tela incerata nera, su cui posando uno scudo ordinario o elettroforo di
8, 10, 12 pollici di diametro, ed infondendo l’elettricità a questo scudo
coll’uncino di una boccetta di Leyden, che appena attrae un leggerissimo
filo, e alzandolo quindi anche dopo molti secondi mi vibra una scintilla di più
d’un pollice; me la vibra ancora, ma men grande, alzandolo dopo tre, quattro
minuti primi, e fin dopo un quarto, una mezza, un’ora intiera: me la vibra
ancorchè l’abbia toccato e ritoccato col dito o con la chiave sessanta, ot-
tanta, cento volte mentre ancor giaceva. Una tale tenacità dell’elettricità
infusa che non si dissipa per tali toccamenti lunghi e replicati, in grazia
dello starsi la lamina elettrizzata combaciata col piano semicoibente, è quello
che vi è di più sorprendente in queste sperienze; ma il più utile e vantag-
gioso si è che in tale stato riposando la detta lamina prenda sopra di sè
una molto maggior dose di elettricità sia da una boccia debolmente carica,
sia da una macchina che agisca poco, sia dal conduttore dell’elettricità atmo-
sferica che non dà segni, o li dà picciolissimi, di quella che prenderebbe
standosi isolata. Con ciò si ottiene, che levandola dopo dal piano semicoi-
bente compaiono segni cospicui e vivaci di quella elettricità, che altrimenti
rimarrebbe insensibile od inosservata. Or non vi piacerebbe, amico, di chia-
mare questo nuovo mio apparato micro-elettroscopio? Comunque vogliate
chiamarlo mi piacerà il sentire, che ve ne siate servito utilmente nella serie
delle vostre osservazioni meteorologiche.
Ho tardato io molto a mandarvi il piano semicoibente: ma voi avete
tardato più a mandarmi la stagnola, che aspetto ancora. Io avea raccoman-
dato al libraio MARGUILLARD, che fu ultimamente a Pavia, di farvene me-
moria, e di dirvi che potevate consegnarla a lui. Fatelo, se vi piace, o cercate
conto del Canon-d’-oro, che vi suggerii un’altra volta, o almeno consegna-
tela all’istesso abate VILLA, o al dott. LAMBERTENGHI, che al principio d’anno
saran di ritorno a Pavia. Addio intanto. Sono con tutta l’amicizia
Vostro affezionatissimo amico
A. VOLTA
Monsieur
De Milan ce 29.
Je profite d’un moment de loisir qui me reste avant d’entreprendre un
voyage dans la Toscane pour vous écrire deux mots. J’étais encore en donte
de votre retablissement, lorsque votre lettre m’a consolé en me l’apprenant:
quoiqu’il ne soit pas encore parfait, j’ai la meilleure espérance qu’il le sera
bientôt; et il faut que vous l’ayiez aussi cette espérance, car cela peut con-
tribuer beaucoup: même je crois qu’il faut que vous vous comportiez de
façon comme si vous étiez tout-a-fait sain, à l’application près; car il y a
apparence que l’excès d’étude a été l’origine de votre maladie. Pour moi
je ne cours aucun danger de ce coté-là de tomber malade; et vous le savez
bien, qui me reprochez l’oisiveté dans laquelle je vis: tant pis pour le me-
decin, et tant mieux pour moi; ma santé ne peut pas être meilleure. Ce-
pendant ne croyez pas que j’aye tout-a-fait abandoné les recherches sur
les airs, et sur l’électricité. Touchant les premiers j’ai un peu perfectionné
mon Eudiometre, et l’ai conduit à un point d’exactitude, que sans beaucoup
de précaution je ne tombe jamais dans une erreur qui soit plus grande d’un
dégré sur mon échelle, qui est divisée en 200. Ce que l’Abbé FONTANA peut
à peine obtenir avec son Eudiometre mis en usage avec tant de precautions.
Pour ce qui est de l’électricité je viens d’écrire un long memoire, qui
doit être présenté à la Societé Royale de Londres; et qui ne sera publié
que d’ici à quelque tems. Il contient entre autres expériences celle d’aug-
menter, ou pour mieux dire, de rendre sensible, et même assez vive et
étincelante l’électricité très-foible par elle-même et tout-a-fait impercep-
tible soit d’une mauvaise machine, soit d’une bouteille de Leyde si pauvre-
ment chargée qu’elle sauroit à peine attirer un fil leger, soit enfin d’un
Conducteur de l’électricité aërienne, qui ne peut pas même mouvoir ce fil.
Oui, Monsieur, une électricité si foible, qui ne se manifeste par aucun signe,
ou tout-au plus par des extremement petits, je parviens à la rendre je ne
dis pas bien forte, mais incomparablement plus perceptible, jusqu'à donner
des signes très-marqués, même des étincelles, au moyen de la faire passer
dans un appareil, qui ressemble à l’Electrophore, et que faute d’un nom
propre j’appelle Quand une barre Franklinienne
élevée dans les airs ne donne aucun signe sensible d’électricité; il suffit
que j’en fasse comuniquer le fil conducteur à mon appareil, savoir à la pla-
que superieure de cette espece d’électrophore, pour que cette même plaque
retirée un peu après, et otée de dessus le plat, attire fortement un fil, et
Il n’est pas besoin de vous faire remar-
quer que la surface du plat inferieur ne doit pas être précedemment élec-
trisée, pour être sûr que l’électricité de la plaque superieure vient de l’atmo-
sphere par le moyen du Conducteur.
Vous comprenez assez l’avantage du dit appareil.
Il vous suffit de
savoir qu’il n’y a pas de tems serein ou nubileux, il n’y a pas une heure
du jour ou de la nuit, où l’on ne puisse obtenir par son moyen des signes
d’électricité naturelle bien marqués; et cela quoique la barre ne soit pas
beaucoup élévée en l’air. Avec une qui ne l’étoit que médiocrement, et qui
ne donnoit des signes que dans les tems d’orage ou de grosse pluye rare-
ment; j’ai fait des expériences pendant un mois avec le plus grand succès.
L’air serein m’a toujours donné des signes d’une électricité positive marqués
avec un bon électrometre, et souvent avec une étincelle très-petite pourtant;
mais la nuit du 28.
paru une très-belle aurore boreale, qui s’étendoit jusqu’au zenit, j’ai eu des
étincelles huit fois plus grandes qu’à l’ordinaire. Je ne sache pas qu’aucun
physicien ait eu avant ce tems des preuves directes de l’électricité de l’aurore
boreale.
J’ai repeté les expériences de Mr. JNGEN-HOUSZ, sur ce qu’il appelle air
inflammable extemporané; et j’ai trouvé que nous n’avons pas besoin de
l’éther: l’esprit de vin ordinaire suffit même affoibli avec un peu d’eau. J’en
verse une ou deux gouttes dans un de mes pistolets de fer blanc, que je tiens
une minute dans ma main pour l’echauffer et convertir le peu de liqueur
en vapeur (si les parois du pistolet étoient épaisses il faudroit l’échauffer
au feu ou au soleil); aussitot avec une etincelle électrique je l’allume, et il
fait une très-forte explosion; chaque étincelle électrique ne suffit pas, il y
faut celle au moins d’une petite bouteille de Leyde.
Je suis charmé, Monsieur, que mes idées sur la chaleur animale, que je
présume en partie au moins produite par la digestion et nutrition, soient
conformes à quelqu’égard aux vôtres.
Je vais partir et ne reviendrai à Côme que vers la moitié du mois d’Octo-
bre. J’espere de recevoir alors de vos nouvelles.
Je vous prie de faire bien de
compliments de ma part à Mrs. BONNET, DE SAUSSURE, et TREMBLEY le
jeune, et Mr. SALADIN (si ces deux-ci sont retournes de leur voyage en Al-
lemagne). Continuez à m’aimer, et soyez sûr que je suis avec toute l’amitié.
Monsieur
Votre très-humble très-obéissant
Serv.
Monsieur
à Côme ce 3.
Ne recevant point de vos nouvelles je crains pour votre santé.
Je me
flattois d’en recevoir à mon retour de Toscane, vous ayant écrit avant de
partir. J’ai eu bien du plaisir dans ce petit tour que j’ai fait; mais j’ai été
privé de la satisfaction de voir Mr. DE SAUSSURE lors de son passage par
Milan.
Je vous écrivois la derniere fois le resultat de quelques nouvelles expé-
riences électriques, que je venois de faire, et en particulier d’un appareil
pour rendre bien sensible l’électricité, qui seroit sans cela imperceptible:
on pourroit appeller cet appareil
s’en servir pour l’électricité athmosphérique, lorsque l’appareil ordinaire ou
le simple Conducteur ne donne aucun signe; puisqu’à l’aide de mon Elec-
troscope on obtient toujours de signes bien marqués, même quand le Ciel
est serein. Je suis maintenant occupé à copier le memoire que j’ai composé
au sujet de ces nouvelles expériences, et que je dois envoyer à la Société
Royale de Londres.
J’ai enfin perfectionné mon Eudiometre à air inflammable: il est très-
exact, et comparable: il marque deux cent degrés; et en faisant l’expérience
avec beaucoup moins d’attention que n’en veut Mr. l’Abbé FONTANA pour
le sien, mon Eudiometre va toujours à la précision d’un demi degré. J’ai fait
voir les expériences avec cet instrument à plusieurs Savans à Florence, qui
en ont été très-satisfaits. À propos d’Eudiometre je dois vous dire, que j’ai
nouvellement essayé cette année l’air pris au sommet d’une des plus hautes
montagnes, et que je l’ai trouvé de trois dégrés moins bon, c’est-à-dire plus
phlogistiqué que l’air des plaines et des collines. Mr. DE SAUSSURE a trouvé
la meme chose dans ses expériences. Il me fait l’honneur de me citer dans
l’endroit où il en parle; et de donner avec son suffrage du poids à ma con-
jecture sur l’existence d’une portion d’air inflammable dans les regions su-
périeures de l’athmosphere; mais je dois avouer que dans les essays que j’ai
fait exprès je n’ai pu découvrir la moindre quantité sensible d’air inflammable
dans cet air pris au sommet de la grande montagne, m’étant servi pour ce-
la de l’appareil que je vous ai décrit autrefois.
Et vous, Monsieur, quand nous donnerez-vous vos expériences et vos
découvertes sur les airs, et sur le phlogistique?
Je suis avec les sentiments d’estime et d’amitié, que vous me connaissez.
Monsieur
Votre très-humble Ser.
A. VOLTA.
Monsieur
Vous avez raison, Monsieur, de me reprocher mon long silence.
Votre
derniere lettre auroit dû me le faire rompre aussitôt; et cependant voila un
mois déja passé avant d’y faire reponse.
Quelles raisons vous alléguerai-je pour m’en excuser?
La foule d’occu-
pations dont j’ai été presque opprimé, de sorte que toutes mes correspon-
dances ont été interrompues, et que j’ai dû renvoyer la reponse à plusieurs
lettres au tems qu’étant quitte des fonctions de l’Université je me serois
rendu à ma Patrie, et à un doux repos au sein de ma famille.
Je vous ai parlé de mon Micro-electroscope; mais vous ai-je dit en quoi
il consiste, et comment on s’en sert? Sans en faire ici une longue description
il vous suffit de savoir que c’est une espece d’Electrophore, et que l’Electro-
phore même peut servir, pourvu que la couche resineuse en soit extreme-
ment mince: la mieux que j’ai trouvé est une plaque de marbre bien dressée
et travaillée avec la plaque même de métal qui doit servir
qu’elles forment deux plans de cohesion: après cela la surface travaillée du
marbre, ou celle de la plaque de métal doit être vernissée de copal. On ren-
contre quelque fois des marbres qui sont assez mauvais conducteurs pour
n’avoir pas besoin de vernis, pourvu qu’ils soient secs; même tous les mar-
bres peuvent réussir, si on a l’attention de les bien secher au feu ou au soleil
chaque fois qu’on en veut faire usage. Le bois bien seché, ou encrouté de
plâtre pareillement bien sec, ou, qui est mieux, vernissé, reussit très-bien;
mais pas tant que le marbre, à cause qu’on ne peut pas le travailler de même
et le faire adapter si bien à la plaque de metal, et qu’il est toujours sujet
à se dejetter. Enfin la toile cirée dure et seche, ou celle d’un vieux tableau
peut tenir lieu du marbre vernissé ou du plat de l’electrophore, et il suffit
que la plaque de metal s’y adapte bien: en un mot tout corps qui soit
un très-mauvais conducteur, ou qui soit recouvert d’une couche mince de
matière électrique: ainsi vous pouvez étendre un taffetas ou un autre drap
de soye sur une table, sur un lit ec. et poser dessus la plaque de metal avec
un bon succès. Mais quel est donc ce succès?
Il est tel que si vous introduisez
l’électricité dans la plaque métallique ainsi posée avec une bouteille de Leyde
très-foiblement chargée, avec une machine électrique qui agit fort peu,
avec un Conducteur athmosphérique dont l’électricité pour n’être pas nulle
n’en est pas moins imperceptible, si vous introduisez, dis-je, l’électricité avec
un si foible agent dans la plaque de métal qui repose sur le plat de l’Elec-
trophore, sur le marbre vernissé, ou sur un plan semblable, en otant après
cette même plaque de dessus ce plan, vous la trouverez beaucoup plus for-
trique employé. Voila donc un grand avantage de cet appareil, surtout
lorsqu’on veut observer l’électricité atmosphérique: il arrive souvent qu’en
s’arretant au simple Conducteur élevé dans l’air on la croiroit nulle, puisque
le fil introduit dans la chambre ne donne aucun signe; cependant si vous
portez en contact de ce fil conducteur la plaque de métal posée convena-
blement sur son plan, et l’y laissez un demi quart d’heure ou un quart tout
au plus, et qu’après l’avoir retirée vous la detachiez de ce plan, elle vous
donnera des signes très-marqués, jusqu’à faire éclater une étincelle. Cette
aptitude de rendre très-sensible l’électricité infiniment petite, voila ce qui
m’a fait appeller mon appareil
Vous comprenez bien, Monsieur, que pour juger de l’électricité qu’on
introduit dans la plaque de métal soit au moyen du conducteur athmos-
phérique, soit au moyen de la bouteille de Leyde, ou de quelque manière
que ce soit, il faut auparavant s’assurer qu’il n’y en ait point d’inhérente
à la surface résineuse ou vernissée du plan, autrement les effets de l’Electro-
phore se confondroient avec ceux du Micro-electroscope; et je vous avouerai
qu’il n’y a pas peu de peine quelquesfois à bien purger la superficie du
plan de l’électricité si elle en avoit déja contractée. Je conseillerois donc à
ne jamais exposer mon appareil à une électricité tant soit peu forte, qui
puisse penetrer avant dans la dite surface, à ne jamais la frotter, et même
à prendre garde que cela n’arrive lorsqu’on pose dessus la plaque métal-
lique. Au reste il est aisé à quiconque de s’assurer s’il n’y a point d’électri-
cité inhérente à la surface du plan: il suffit de poser dessus la plaque métal-
lique, et l’ayant touchée du doigt de la retirer sur le champ; si alors elle
n’attire pas un fil leger, on peut se reposer sur l’exactitude de l’expé-
rience qu’on va faire, c’est-à-dire faisant communiquer l’appareil au fil
Conducteur, et trouvant après cette comunication que la plaque métallique
donne des signes en la détachant comme auparavant de son plan, on sera
sûr que l’électricité lui est venue du dit Conducteur et par conséquent de
l’athmosphere: ce qu’on confirmera encore voyant qu’après comme aupara-
vant l’appareil n’a aucun jeu d’Electrophore.
En voila assez, Monsieur, sur la construction et l’usage du Micro-electro-
scope. Je souhaiterois que vous, et Mr. DE SAUSSURE en fissiez quelques épreu-
ves. Au defaut du marbre vernissé servez-vous d’un Electrophore ordinaire
avec les précautions que j’ai indiquées. Je ne sçais si vous avez le Conducteur
Athmosphérique: Mr. DE SAUSSURE en a un excellent pour les observations.
C’est lui qui pourra bien suivre les vicissitudes de l’électricité athmosphé-
rique, decouvrir s’il y a quelque periode constant, et surtout averer ou
détruire l’influence de l’électricité sur l’aurore boreale. Pour moi, qui vis
tantôt çà tantôt là, je n’ai pas la commodité de suivre regulierement ces
observations.
Je ne puis pas vous détailler les améliorations que j’ai faites à mon
Eudiometre à air inflammable, car il seroit trop long. Peut-être en ferai-je
la description en peu de tems à l’occasion que j’en envoye un à Mylord
COWPER à Florence: alors je ne manquerai pas de vous en envoyer une copie.
Je ne sçais pas si j’aurai la commodité de faire les expériences que vous
m’indiquez sur les exhalaisons du foin lorsqu’il s’échauffe: si je pourrai les
faire je vous les adresserai aussitôt.
Vous me demandez comment j’explique la formation de l’air infl. lors-
qu’au lieu d’acide on dissout les métaux dans l’alkali volatil, et comment
dans ce cas peut subsister l’idée du soufre aërien. Je me suis expliqué la des-
sus dans mes lettres sur l’air infl. Voyez la lettre 6.
de l’air infl. qui a pour base l’alkali volatil, et où je modifie le sens qu’on
peut donner à mon soufre aërien.
Je verrai avec bien du plaisir la lettre sur la Magnesie du Sel d’Epsom,
dont vous me parlez; et je vous serai bien obligé si vous voudrez bien me
la procurer, aussi bien que l’ouvrage de Mr. DE SAUSSURE sur l’Hygromètre,
dont je suis encore plus curieux. Que ne peut on attendre de sa patience
et de sa sagacité conjointes à des lumieres si étendues? Je ne connois encore
aucun ecrivain dans lequel le Savant Naturaliste et le Physicien profond et
industrieux soient reuni (
vues si belles, des découvertes si heureuses, comme dans Mr. DE SAUSSURE.
Je vous prie à le féliciter de ma part, et à lui rappeller la grande estime que je
nourris de ses talents, et le désir de continuer dans l’amitié dont il m’a
onoré. Ne m’oubliez pas aussi auprès de l’incomparable Contemplateur de
la Nature; et ne vouliez pas vous-même me priver de votre amitié et de
votre correspondence pour me punir de ma paresse et de mon silence.
Soyez sûr que je suis et serai toujours
Monsieur
à Côme ce 14 Juillet 1781
Votre très-humble très-obeissant
Serviteur A. VOLTA.