SULL'ELETTRIZZAZIONE DEL GHIACCIO
PER RASPAMENTO
1788 - 1789.
Il Sig.
ratura di pochi gradi sotto il zero del Termometro di Reaumur, fino cioè
a - 8 è ancora conduttore, sebbene imperfetto dell’elettricità, raffreddato
fino a - 20 non lo è più, e mostrasi anzi un vero
elettrizzabile cioè per istropicciamento. Il Sig.
che può elettrizzarsi per questo modo il ghiaccio qualunque sia molto men
freddo dei - 20 gr. anche meno degli - 8, non solo men freddo di - 8,
anche ridotto al limite della fusione e perfino allorchè esposto ad un ambiente
caldo di 10. 15. 20. gradi sopra tal termine, va a tutta possa squagliandosi.
Insomma finchè ne rimane un pezzo solido in guisa da poterlo raschiare con
un coltello. Egli non fa altro che lasciarne cadere le raschiature sopra di un
piano metallico isolato; e. g. sopra un tondo d’argento, il quale tosto dà segni
sensibilissimi di elettricità
per metà il fondo di cotesta sottocoppa di tali raschiature di ghiaccio simili
a neve, ch’essa vibra al dito che se gli accosta, una scintilla visibile anche di
giorno.
Questo mezzo di raschiare con coltello, o con lima, a secondo che più
conviene, in luogo di semplicemente strofinare colla mano, con panno, con
marocchino, o con fogliette metalliche, i corpi, de’ quali si vuol sapere, se
posseggano o no la elettricità originaria, riesce ancor meglio che quello ana-
logo del Sig.
lico o simile, in modo che striscino, ovvero di farle passare per uno staccio;
e che quell’altro del Sig.
e spingerle fuori con empito facendo vento. Soprattutto il metodo del Sig.
è preferibile per quelle sostanze, che in grazia di una certa pastosità non si
riducono in polvere, come la cera, il sego, le gomme, la canfora, il cioccolatte.
Codesti corpi, che strofinati soltanto, danno appena nelle circostanze più favo-
revoli qualche segno di elettricità, ma che raschiati nell’indicato modo con
lasciarne cioè cadere le raschiature sopra il piatto isolato vi portano un’elet-
tricità che va fino a dar scintilla.
Che tanto facciano le raschiature dei corpi, che sono alla fine cattivi con-
duttori, e in cui si eccita pure qualche elettricità col semplice strofinamento,
non dee tanto cagionarci meraviglia quanto che lo facciano le raschiature del
ghiaccio il quale massime allorchè è vicino a fondersi è molto miglior con-
duttore, e che strofinato al consueto modo non ha mai dato segni se non
quando si trovò nelle sper. del sig.
la congelazione. Certo il fenomeno è inaspettato; e come il sig.
promette la spiegazione, accompagnata d’altre sue osservazioni, siamo con
gran desiderio attendendola per farne parte al pubblico,
Monsieur
Votre lettre du 2 9bre m’a été très-agréable, et par la connaissance
qu’elle m’a procurée du Docteur
expressions d’amitié qu’elle contient, et enfin par la relation de quelques
unes de vos experiences, qui accompagnent le présent de votre beau Memoire
sur l’électricité des cataractes. Je suis charmé de voir, que quittant la vôtre,
vous ayez embrassé entierement mon opinion sur la cause de cette électricité.
Cependant je dois vous dire, et vous en serez peut-être étonné, que l’idée
que vous aviez adoptée d’une électricité exciteé par le frottement des par-
ticules d’eau, et qui m’avoit paru étrange, ne l’est plus à mes yeux, et qu’elle
ne me paroit pas tout-à-fait insoutenable (quoique je préfére toujours mon
ancienne opinion) depuis les experiences sur la glace, dont je vais vous faire
part.
Vous savez que la glace est un mauvais conducteur, et toujours plus
mauvais à raison qu’elle devient plus endurcie par un plus grand froid, jusqu’à
ce que devenue tout-à-fait non-conducteur ou isolante elle peut s’électriser
par frottement comme le verre ec. Mr.
fut refroidi de 20. degrés au dessous du zero de Reaumur: lorsqu’elle ne l’étoit
que de 8. elle lui parut seulement un mauvais conducteur, et point du tout
électrisable par frottement: enfin en approchant davantage du terme de la
fusion, il la trouva un assez bon conducteur, peu ou point inferieur à l’eau
liquide.
Cependant elle ne l’est pas assez pour transmettre instantanément la
decharge d’une bouteille de Leyde; de sorte que quoique cette decharge ait
lieu elle se fait sans produire de commotion, la commotion n'a pas lieu si
cette glace fait part du cercle conducteur. J’en ai fait l’experience de plusieurs
manieres avec la glace qui étoit prête de fondre n’ayant qu’un demi degré
sur un gros morceau de cette glace, tandis que tenant de l’autre la bouteille
chargée j’en portois le crochet au contact du meme morceau a quelques pouces
de la main posée: il se faisoit alors une decharge mais foiblement; à peine
ressentois-je une legere commotion aux premieres articulations des doigts
posés; et si l’attouchement du crochet à la glace n’avoit pas été long, la bou-
teille avoit encore un reste de charge. La chose en un mot se passoit comme
si je tâchois de décharger la bouteille de la meme maniere sur une planche
de bois pas tout-à-fait verte, mais plus verte que seche. Le froid, que nous
eûmes les derniers jours de xbre passé, et les premiers de Janvier, excessif
pour notre climat, me donna occasion d’essayer la glace à différents dégrés,
jusqu’au 10.me dessous le zero Reaum. Suivant ces dégrés la conducibilité
de la glace fut toûjours moindre; cependant elle étoit à 10. d. encore plus
grande que celle d’une vieille table, d’une muraille seche, d’une brique ec.,
car à peine pouvoit elle servir de plan condensateur, tandis que ces autres
corps servoit très-bien; et la parte de la charge que la glace laissoit en arriere
dans la bouteille après un seul attouchement, n’égaloit pas à beaucoup près la
partie qu’elle emportoit, ni celle que laissoient en arriere la muraille, la table ec.
sur les quelles on provoquoit de même la decharge. Enfin une très grande
piece de cette glace à -10. deg. ne put jamais arreter l’electricité pour un
tems sensible ni dans un conducteur placé dessus, ni dans une partie de sa
propre surface; puisque en touchant un seul endroit de cette grande piece
de glace avec un conducteur electrique, ou avec le crochet d’une bouteille
chargée, l’electricité étoit presqu’instantanément communiquée à toute la
piece, comme je m’en aperçevais lorsque je faisois l’experience en la tenant
isolée. On voit donc que la glace à ce degré de froid quoique, comme on l’a cru,
elle conduise plus mal l’électricité que la glace moins froide, est bien loin
encore d’etre un cohibent: je dis au degré - 10, car je suis là dessus bien con-
vaincu qu’elle deviendroit à -20, et je n’ai aucun doute sur les expérience
de Mr. Maintenant je vais montrer, qu’elle est très-decidément idio-
electrique, c. à d. électrisable par frottement à un degré de froid fort moindre
de celui que Mr.
a -1. à zero enfin.
Il paroit que vu le degré de conducibilité dont jouit la glace le pouvoir
de conduire l’electricité que retient la glace refroidie aux dégrés, que je viens
d’indiquer, vu combien elle est encore electrisable par communication, je
n’auroi pas du esperer de pouvoir l’électriser par frottement, une disposition
étant contraire à l’autre, comme on sçait.
Cependant encouragé par le succès avec plusieurs autres corps aussi
conducteurs que la glace, desquels j’avois obtenu malgré cela des signes
plus ou moins marqués d’électricité originaire, en employant pour l’exciter
celle endurcie par un froid de 4. 8. 10. degrés sous le zero, je pourrois bien
obtenir quelque chose. Ce moyen est de reduire ce corps, qu’on ne sauroit
electriser par un frottement ordinnaire, qui sont portant mauvais conducteurs,
de les reduire en poudre, et d’assujettir cette poudre a un leger frottement,
en la faisant glisser et tomber de dessus une cuillere, ou une assiette metal-
lique non isolée dans une autre assiette isolée, qui donne bientôt des signes
d’électricité. Nous devons à Mr.
vrir l’electricité originaire d’un très grand nombre de corps, qui se refusent
aux autres tentatives: Mr.
methode de chasser les poudres avec violence hors d’un soufflet; et de les
assujettir ainsi à un frottement plus fort. Par ce moyen les cendres, la farine,
toutes les poudres fines, la poussiere des rues et jusqu’à la poudre des livres,
s’électrisent: mais aussi par celui de
plus grossieres, comme la limaille des bois, des os, ec. les sables de toute
espece, et jusqu’à celui de l’.....
parola.
de s’électriser quelque peu. Mais une méthode plus avantageuse encore pour
essayer un grand nombre de substances qui ne sont pas naturellement en
poudre, celui dont je me suis beaucoup servi, et avec le plus grand succès,
est de racler avec une lame de coteau, ou avec une lime selon qu’il convient,
ces substances, et recevoir immediatement les raclures dans l’assiette isolée.
Par ce moyen si j’employe, je ne dirai pas du souffre, des resines, de la cire
dure, et d’autre corps qui sont reconnus depuis long-tems pour être très-
electriques, mais le suif, le camphre, le chocolat, l’alun, et plusieurs autres
substances peu électriques en elles même, c. à d. qui donnent à peine quelques
signes frottés de la maniere ordinnaire, j’obtiens en très-peu de tems, et
lorsqu’il n’est encore tombé qu’une petite quantité de raclures sur le plat
qui ne va pas à une demie dragme, ses signes assez grands pour faire ouvrir
de 10. 12. 15. degrés le quadrant-electrometre qui communique au dit plat,
et pour faire donner à celui-ci une étincelle lorsqu’on vient à le toucher. Enfin
j’ai encore des signes assez sensibles à l’electrometre de Mr.
sensibles pour celui très-mobile de
des briques, de la croute de pain, du biscuit, des os et du bois peu secs, et
une infinité d’autres corps qu’on ne sauroit électriser en les frottant de la
maniere ordinnaire avec un conducteur tel que le metal, sans les entamer,
sans en detacher par le frottement meme des parcelles. Je dis en les frottant
avec
vais conducteur, et par là plus ou moins electrique comme un drap de laine,
été tenu isole, se trouvera electrisé, fût-il le meilleur conducteur qui ne jouit
par consequent d’aucune électricité originaire, comme les métaux. Mais il
ne le sera jamais si on le tient à la main. Ce qui doit surprendre donc est que
touts ces corps qu’on a toujours regardés comme conducteurs, quoique im-
parfaits dans lesquels on ne soupçonnoit pas qu’un pût exciter la vertu élec-
trique en les frottant contre des autres conducteurs, aussibons, ou meilleurs
qu’eux, manifestent cette électricité originaire lorsque le frottement va jusqu’à
l’abrasion, et que cette électricité que refuse de paroitre dans le corps entier se
deploye d’une maniere si marquée dans les parcelles détachées. Il n’est donc
pas nécessaire pour cela qu’un corps soit tout-à-fait cohibent, même très-
mauvais conducteur: il suffit qu’il soit capable de rallentir la décharge de
la bouteille de Leyde au point d’empecher ou d’affoiblir la secousse. C’est
ce que font hormis les corps métalliques le charbon de bois bien cuits, l’eau
et les corps qui en sont imbibés d’eaux. C’est ainsi qu’un bois entièrement
verd, une brique assez humide ec. qui conduisent la commotion, raché, limé,
de maniere que les raclures tombent en abondance sur le plat isolé, ne
l’électrisent point: tout au plus on peut remarquer quelque mouvement dans
l’électrometre de
Je dirai plus: le charbon de bois, qui est après les metaux le meilleur con-
ducteur, qui conduit très-bien la commotion, m’a donné des signes d’élec-
tricité soit en le raclant à ma maniere, soit après l’avoir mis en poudre en
le poussant par le soufflet sur le plat isolé à la maniere de
qui alloient souvent à plus de 10. degrés de mon electrometre à pailles.
Après de telles expériences je ne doutai gueres d’une pareille réussite
avec la glace au moins avec celle bien seche et refroidie de 5. 8. 10. dégrés
au dessous de zero R. (bien loin encore du degré que Mr.
saire pour que la glace pût s’electriser par frottement); et je n’attendois
que l’occasion favorable pour cela. Je profitai donc du froid extraordinaire
des jours passés, et je commençai lorsqu’il fut arrivé à -4 d. Je pris un gros
morceau de glace dans une main, et le raclant avec la lame d’un couteau que
je tenois dans l’autre, j’en fis tomber les raclures sur un plat d’argent posé
sur le chapeau de mon électrometre à paille, (qui ne differe pas beaucoup
de celui de
la 1
dans un Journal Physique qui paroit avec le titre de
ropa
pagliette vedasi il N
parcelles qui toucherent le plat ».
gito alla correzione, venne soppressa la parola
l’electrometre commencerent à s’écarter l’une de l’autre et leur divergence
alla en augmentant si vite que bientôt elles atteignirent par une eloignement
de plus de 10. lignes les parois de la cloche qui les enfermoit. Je ne doutais
plus alors de pouvoir obtenir des signes plus forts et jusqu’à l’étincelle. Dans
cette vue je placai le plat qui devoit recevoir les raclures de glace, sur un gué-
ridon isolant, et j’adaptai un quadrant-électrometre de
aussi faits quelques changements pour le perfectionner): eh bien? jusqu’à
quel point croyez-vous, que soit monté l’électricité lorsque le fond du plat
n’étoit pas encore couvert à moitié de ces raclures? Vous serez étonné lorsque
vous apprendrai, que le quadrant électrometre marquoit au de là de 10. degrés,
qui repondent à 100 de l’électrometre à paille, et quelquesfois 12. 15. et qu’on
tiroit de ce plat en y approchant le doigt une étincelle très-visible même de
jour; vous serez, dis-je, étonné car je le fus moi-même. J’avois obtenu à la
verité un pareil effet en raclant du soufre, des resines, de la cire, du suif,
du camphre, et singuliérement du chocolat; mais les premiers de ces corps
sont de veritables isolants et reconnus pour des bons idioélectriques, les autres
fort mauvais conducteurs, iucapables de transmettre la commotion, au lieu
que la glace à la temperature de -5. est, comme je l’ai prouvé plus haut
absolument incapable d’isoler, et transmet, en l’affoiblissant seulement, la
commotion.
Ma surprise augmenta à mesure, qu’en repetant les experiences sur de
la glace moins froide, et par conséquent plus conductrice, je vis, que j’obtenois
toujours à peu près la même force d’électricité; il en fut de même lorsque elle
prit la temperature de zero; et ce qui est plus lorsque l’ambient fut beaucoup
plus chaud; je dis l’ambient, non pas la glace, car celle-ci tant, qu’elle con-
tinue d’être glace retient la temperature de 0. comme on sçait, et comme
on explique en disant que la chaleur s’employant à la fondre ne va pas au
dela de la partie superficielle que se liquefie, et y devient
Pour voir jusqu’où la chose pouvoit aller, je transportai un morceau de
glace de la grosseur et de la figure d’une brique dans une chambre echauffée
par un fourneau, d’abord a 10. puis, à 15. à 20. et à 23. degrés, et je le laissai
exposé longtemps à toutes ces temperatures, et à toutes je l’essayai: ce morceau
se foudoit peu à peu, et l’eau en couloit de toute la surface; à la fin après
deux heures et plus il étoit reduit à moins de la moitié, et il nageoit dans son
eau. Malgré cela, malgré la chaleur de l’air qui l’entouroit, de la main qui
l’empoignoit presque tout, et de la lame du couteau avec laquelle je le raclois,
très-forts d’eletricité, et même l’étincelle. Voila donc comme on peut faire
l’expérience même au fort de l’été, tant qu’on peut se procurer un morceau
de glace, et le manier avant qu’il soit tout fondu: bien loin qu’un froid extraor-
dinnaire comme celui que nous essayons cet hyver, ou un beaucoup plus
fort, comme celui avec lequel reussirent les experiences de Mr.
nous avons electrisé l’un et l’autre le glace jusqu’à en obtenir des étincelles,
lui par simple frottement, moi par un frottement avec abrasion, lui par un
froid de l’air de -20 qui n’auroit pas été suffisant, s’il eût été de quelques
degrés moindre, moi depuis -10 jusqu’à + 25: Voila combien est efficace
cette maniere d’exciter l’électricité.