SUI FENOMENI ELETTRICI
CHE PRESENTA LA TORMALINA RISCALDATA
LETTERA A FLEURIAN DE BELLEVUE
[Empty Page]
Monsieur
Votre lettre du 27.me Mai m’a fait le plus grand plaisir et par les obli-
geantes expressions dont elle est pleine, et par les nouvelles que vous me donnez.
J’apprens les excursions que vous avez deja faites, et celles que vous allez
faire, les conversations que vous avez eu avec plusieurs Savants la pluspart
de ma connoissance, et les connoissances que vous puisez partout, en par-
tageant les vôtres; et je suis extremement flatté tant du souvenir, que de
la bonne opinion, que tous ont pour moi, et vous, Monsieur, le premier.
En verité ja ne sçais comment repondre à cette opinion et prévention favo-
rable; car mes travaux litteraires sont si peu que rienPourtant comme
vous souhaitez que je vous dise quelques chose de mes petites expériences sur
la Tourmaline
in lettere del V. al Can. Fromond in data 31 luglio e 3 agosto 1775, già pubblicate nel No XLV (C)
del Vol. III
ici en peu de mots les resultats.
C’est
une colonne rayée ou à plusieurs faces inegales de 8. lign. de longueur, et
4. de grosseur environ. J’en ai fait dresser les têtes en les usant à l’emeril,
pour qu’elle pût se tenir droite sur l’une et sur l’autre
esperienze compiute sulla tormalina e attraverso a correzioni che si sovrappongono le une alle
altre, a trattare improvvisamente dell’uniforme dilatazione dell’aria pel calore.
Comm.
deux garnitures de cuivre, qui couvrent ces deux têtes, et s’avancent sur les
encore 5. lignes de la tourmaline, à nu. Ainsi ces armures on peut les attacher
et oter à volonté.
Je commence les expériences par placer la tourmaline sans armures sur
la plaque du chapeau d’un de mes électrometres à paille, la tête ou pôle, que
je trouve être le
et par couvrir l’autre tête tournée en haut avec un cube de cuivre un peu plus
grand que cette tête, bien echauffé. Un instant après les pailles de l’électro-
metre commencent à s’ouvrir par une
mentant jusqu’à, 10. 15. 20 degrés, sùr-tout si touchant le cube avec un fil
de fer ou autrement, je le fais communiquer au plancher.
Si au lieu de cela je le fais communiquer moyennant un fil metallique
au chapeau d’un autre electrometre semblable, il est beau de voir les pailles
de celui-ci s’ouvrir de même, et à-peu-près autant que celles du premier,
mais par une électricité contraire, c’est-à-dire
chant au fil conducteur un bâton de cire d’espagne frotté (qui est electrisée
negativement) on voit decroitre et cesser la divergence des pailles du premier
électrometre, je veux dire de celui qui porte la tourmaline, et augmenter
la divergence dans l’autre électrometre, qui communique à la partie supe-
rieure de la dite tourmaline.
Pendant que les deux
pôles opposés de la tourmaline marquent une électricité contraire l’un à
l’autre, si je touche du doigt ou autrement le chapeau de l’un, voila que l’elec-
tricité de celui-ci tombe, comme de raison; mais celle de l’autre électrometre
augmente en proportion. Je touche alors, et je fais tomber celle-ci; et voila
que l’autre se releve. En un mot il en arrive précisément comme lorsqu’on
touche alternativement les garnitures aux surfaces opposées d’une bouteille
de Leyde, ou d’un carreau chargé.
La chaleur communiquée à la tourmaline par le cube de cuivre bien
chaud posé dessus de la maniere decrite, et comme la mauvaise figure ci-
dessous vous le represente
ne pourroit plus y tenir le doigt sans se bruler, l’électricité cesse d’augmenter,
et si la chaleur augmente encore elle decroit, et se reduit bien-tôt à zero;
au quel état elle reste long-tems. Après ce repos commence une autre électri-
cité en sens contraire, c’est-à-dire
metre, et dans cet electrometre par conséquent, et
perieur qui porte le cube de cuivre, et dans l’électrometre au quel il commu-
nique; et ces électricités contraires vont en augmentant à raison que l’appareil
se refroidit, jusqu'à ce qu’elles arrivent à-peu-près au même degré qu’elles
avoient atteint lors de l’echauffement.
Pour hâter ce passage d’une electricité à l’autre, pour rendre plus court
le repos intermediaire, il est bon d’oter le cube metallique, qui conserve
trop long-tems la chaleur, et mieux encore d’en mettre à sa place un froid,
ou de couvrir la tête superieure de la tourmaline avec un corps froid quel-
conque, avec le doigt si l’on veut en le touchant à reprise pour ne pas se bruler
tandis qu’elle est trop chaude. On verra, que l’electricité nouvelle commence
à peu près lorque on peut tenir appliqué le doigt sans douleurs.
Il est presqu’inutile de faire remarquer, que si on a substitué au cube
chaud un autre froid, auquel communique le second électrometre, qui donne
les signes d’électricité
donne le premier electrometre qui porte la tourmaline, on aura le même jeu
que ci-dessus en touchant le chapeau d’un de ces electrometre en façon d’y
détruire l’electricité; c’est-à-dire, qu’on augmentera à proportion la diver-
gence des pailles dans l’autre electrometre.
De toutes ces expériences on deduit aisément qu’il nait à la fois deux
electricités dans la tormaline la
la
après un intervalle plus ou moins long se renversent lorsque il succède le
refroidissement...
gono l’una all’altra ed attraverso alle quali venne ricostruita la lezione pubblicata nel testo.
della Comm.
qu’on échauffe, et qu’on laisse refroidir; la première, durant l’echauffement
jusqu’à un certain degré; l’autre durant le refroidissement depuis ce même
degré jusqu’à une certaine temperature, qui n’est pas de beaucoup supérieure
à celle de l’ambient: et que ces deux électricités sont contraires l’une à l’autre.
Mais il est si non impossible, du moins très-difficile d’observer distinctement
ces deux époques ou periodes d’électricité, et plus encore d’en suivre la marche,
c’est-a-dire, la gradation progressive, en suite la retrogradation par une chaleur
trop forte, jusqu’à zero, le repos plus ou moins long, après le commencement
et la progression de la seconde électricité contraire à la premiere; il est, dis-je,
très-difficile d’observer tout cela, en s’y prenant de toute autre facon que celle
que j’ai pratiquée à l’aide d’une pair d’électrometre de
ecc. Aussi ceux qui se sont appliqués de toute autre maniere, et avec d’autres
appareils aux experiences sur la tourmaline, n’ont-ils pu observer commu-
nement que l’électricité de la seconde époque. Ils echauffoient la tourmaline
à part, et la présentoient à des fils deliés servants d’électrometre: par con-
séquent ils l’examinoient lorsque commençant à se refroidir, elle étoit sur
le retour.
Lorsque j’en fais autant, que je l’échauffe à la flamme d’une chandelle
en la plongeant dans l’eau bouillante et que je l’applique même immediatement
à mon électrometre, je n’ai d’ordinaire que l’électricité de la seconde époque,
celle du refroidissement.
Je dis ordinairement: car il m’arrive aussi quelquefois que l’électricité
de la premiere epoque, celle qui accompagne l’echauffement n’est pas entie-
rement perdue: sur-tout lorsque pour echauffer la tourmaline je la place de
bout sur une lame de metal bien chaude. Alors la tête qui touche immedia-
tement à cette lame reçoit la premiere la chaleur, qui se communique pro-
gressivement vers l’autre extremité. Si donc je l’ôte tandis que la chaleur
n’est pas encore bien distribuée, et que la partie qui a été en contact en a
beaucoup plus, que l’autre partie, il y aura dans celle-ci augmentation de
chaleur pendant quelques instants, et il s’y deployera l’electricité qui repond
à la chaleur qui augmente actuellement, c’est-à-dire l’electricité de la pre-
miere époque; mais bientôt survenant le refroidissement les choses change-
ront, et on aura l’electricité de la seconde époque.