Volta, Alessandro Sui fenomeni elettrici che presenta la tormalina riscaldata 1791 Pavia fr volta_tormRis_831_fr_1791.xml 831.xml

SUI FENOMENI ELETTRICI CHE PRESENTA LA TORMALINA RISCALDATA

LETTERA A FLEURIAN DE BELLEVUE

Pavia 10 Giugno 1791.

FONTI.

Stampate.

Manoscritte.

Cart. Volt.: H21; E20; E 21.

Osservazioni.

Titolo: Data: da E 20.

H 21: è una lettera in data 27 maggio 1791, che non si pubblica e nella quale Fleurian de Bellevue chiede al V. notizie riguardanti ilavori da lui compiuti sulla tormalina.

E 20: è la minuta autografa, in data 10 giugno 1791, di una risposta alla precedente lettera, nella quale il V. espone le esperienze da lui compiute sulla tormalina: si pubblica per intero, rispettandone fedelmente la grafia.

E 21: è la minuta autografa di un’altra lettera del V. in data 13 giugno 1791: questa lettera presenta una introduzione concordante con quella di E 20, alla quale seguono, dopo pochi accenni alle esperienze sulla tormalina, considerazioni sull’u- niforme dilatazione dell’aria per il calore, sull’evaporazione ed ebollizione dell’ac- qua: per questa ragione si rimanda ad altro volume la pubblicazione di E 21.

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Cart. Volt. E 20.

Monsieur

à Pavie ce 10me Juin 1791.

Votre lettre du 27.me Mai m’a fait le plus grand plaisir et par les obli- geantes expressions dont elle est pleine, et par les nouvelles que vous me donnez. J’apprens les excursions que vous avez deja faites, et celles que vous allez faire, les conversations que vous avez eu avec plusieurs Savants la pluspart de ma connoissance, et les connoissances que vous puisez partout, en par- tageant les vôtres; et je suis extremement flatté tant du souvenir, que de la bonne opinion, que tous ont pour moi, et vous, Monsieur, le premier. En verité ja ne sçais comment repondre à cette opinion et prévention favo- rable; car mes travaux litteraires sont si peu que rien

A questo punto cessa l’accordo con E 21. [Nota della Comm.].

. Pourtant comme vous souhaitez que je vous dise quelques chose de mes petites expériences sur la Tourmaline

I primi accenni dell’attenzione che il V. rivolse ai fenomeni della tormalina, appaiono in lettere del V. al Can. Fromond in data 31 luglio e 3 agosto 1775, già pubblicate nel No XLV (C) del Vol. III, [Nota della Comm.].

, dont vous avez vu les premiers essays; je vais vous decrire ici en peu de mots les resultats.

Qui riprende l’accordo con E 21. [Nota della Comm.].

J’ai fait acquisition d’une belle et grande Tourmaline de Ceylan. C’est une colonne rayée ou à plusieurs faces inegales de 8. lign. de longueur, et 4. de grosseur environ. J’en ai fait dresser les têtes en les usant à l’emeril, pour qu’elle pût se tenir droite sur l’une et sur l’autre

A questo punto cessa l’accordo con E 21; il Mns. prende, dopo pochi altri accenni alle esperienze compiute sulla tormalina e attraverso a correzioni che si sovrappongono le une alle altre, a trattare improvvisamente dell’uniforme dilatazione dell’aria pel calore. [Nota della Comm.].

; et j’y ai fait adapter deux garnitures de cuivre, qui couvrent ces deux têtes, et s’avancent sur les bords assez pour les y retenir par une petite vis de pression chacune, laissant encore 5. lignes de la tourmaline, à nu.
Ainsi ces armures on peut les attacher et oter à volonté.

Je commence les expériences par placer la tourmaline sans armures sur la plaque du chapeau d’un de mes électrometres à paille, la tête ou pôle, que je trouve être le positif, tournè et appliqué à ce chapeau de l’electrometre, et par couvrir l’autre tête tournée en haut avec un cube de cuivre un peu plus grand que cette tête, bien echauffé. Un instant après les pailles de l’électro- metre commencent à s’ouvrir par une électricité positive, et qui va en aug- mentant jusqu’à, 10. 15. 20 degrés, sùr-tout si touchant le cube avec un fil de fer ou autrement, je le fais communiquer au plancher.

Si au lieu de cela je le fais communiquer moyennant un fil metallique au chapeau d’un autre electrometre semblable, il est beau de voir les pailles de celui-ci s’ouvrir de même, et à-peu-près autant que celles du premier, mais par une électricité contraire, c’est-à-dire negative: de sorte qu’en appro- chant au fil conducteur un bâton de cire d’espagne frotté (qui est electrisée negativement) on voit decroitre et cesser la divergence des pailles du premier électrometre, je veux dire de celui qui porte la tourmaline, et augmenter la divergence dans l’autre électrometre, qui communique à la partie supe- rieure de la dite tourmaline.

Pendant que les deux électrometres communiquants aux deux têtes ou pôles opposés de la tourmaline marquent une électricité contraire l’un à l’autre, si je touche du doigt ou autrement le chapeau de l’un, voila que l’elec- tricité de celui-ci tombe, comme de raison; mais celle de l’autre électrometre augmente en proportion. Je touche alors, et je fais tomber celle-ci; et voila que l’autre se releve. En un mot il en arrive précisément comme lorsqu’on touche alternativement les garnitures aux surfaces opposées d’une bouteille de Leyde, ou d’un carreau chargé.

La chaleur communiquée à la tourmaline par le cube de cuivre bien chaud posé dessus de la maniere decrite, et comme la mauvaise figure ci- dessous vous le represente

La figura qui richiamata manca in E 20. [Nota della Comm.].

, lorsqu’elle a atteint un certain degré, tel qu’on ne pourroit plus y tenir le doigt sans se bruler, l’électricité cesse d’augmenter, et si la chaleur augmente encore elle decroit, et se reduit bien-tôt à zero; au quel état elle reste long-tems. Après ce repos commence une autre électri- cité en sens contraire, c’est-à-dire negative dans le pôle porté par l’electro- metre, et dans cet electrometre par conséquent, et positive dans le pole su- perieur qui porte le cube de cuivre, et dans l’électrometre au quel il commu- nique; et ces électricités contraires vont en augmentant à raison que l’appareil se refroidit, jusqu'à ce qu’elles arrivent à-peu-près au même degré qu’elles avoient atteint lors de l’echauffement.

Pour hâter ce passage d’une electricité à l’autre, pour rendre plus court le repos intermediaire, il est bon d’oter le cube metallique, qui conserve trop long-tems la chaleur, et mieux encore d’en mettre à sa place un froid, ou de couvrir la tête superieure de la tourmaline avec un corps froid quel- conque, avec le doigt si l’on veut en le touchant à reprise pour ne pas se bruler tandis qu’elle est trop chaude. On verra, que l’electricité nouvelle commence à peu près lorque on peut tenir appliqué le doigt sans douleurs.

Il est presqu’inutile de faire remarquer, que si on a substitué au cube chaud un autre froid, auquel communique le second électrometre, qui donne les signes d’électricité positive correspondants à ceux d’électricité négative que donne le premier electrometre qui porte la tourmaline, on aura le même jeu que ci-dessus en touchant le chapeau d’un de ces electrometre en façon d’y détruire l’electricité; c’est-à-dire, qu’on augmentera à proportion la diver- gence des pailles dans l’autre electrometre.

De toutes ces expériences on deduit aisément qu’il nait à la fois deux electricités dans la tormaline la positive à un de ses extremités ou poles; et la negative à l'autre; et que ces deux électricités acquises par l’échauffement après un intervalle plus ou moins long se renversent lorsque il succède le refroidissement...

Il Mns. presenta in questo periodo numerose cancellature e correzioni che si sovrappon- gono l’una all’altra ed attraverso alle quali venne ricostruita la lezione pubblicata nel testo. [Nota della Comm.].

qu’il y a deux époques d’électricité dans la Tourmaline, qu’on échauffe, et qu’on laisse refroidir; la première, durant l’echauffement jusqu’à un certain degré; l’autre durant le refroidissement depuis ce même degré jusqu’à une certaine temperature, qui n’est pas de beaucoup supérieure à celle de l’ambient: et que ces deux électricités sont contraires l’une à l’autre.

Mais il est si non impossible, du moins très-difficile d’observer distinctement ces deux époques ou periodes d’électricité, et plus encore d’en suivre la marche, c’est-a-dire, la gradation progressive, en suite la retrogradation par une chaleur trop forte, jusqu’à zero, le repos plus ou moins long, après le commencement et la progression de la seconde électricité contraire à la premiere; il est, dis-je, très-difficile d’observer tout cela, en s’y prenant de toute autre facon que celle que j’ai pratiquée à l’aide d’une pair d’électrometre de Cavallo perfectionnés ecc. Aussi ceux qui se sont appliqués de toute autre maniere, et avec d’autres appareils aux experiences sur la tourmaline, n’ont-ils pu observer commu- nement que l’électricité de la seconde époque. Ils echauffoient la tourmaline à part, et la présentoient à des fils deliés servants d’électrometre: par con- séquent ils l’examinoient lorsque commençant à se refroidir, elle étoit sur le retour.

Lorsque j’en fais autant, que je l’échauffe à la flamme d’une chandelle ou de quelques charbons, ou la posant sur une plaque metallique chaude, ou en la plongeant dans l’eau bouillante et que je l’applique même immediatement à mon électrometre, je n’ai d’ordinaire que l’électricité de la seconde époque, celle du refroidissement.

Je dis ordinairement: car il m’arrive aussi quelquefois que l’électricité de la premiere epoque, celle qui accompagne l’echauffement n’est pas entie- rement perdue: sur-tout lorsque pour echauffer la tourmaline je la place de bout sur une lame de metal bien chaude. Alors la tête qui touche immedia- tement à cette lame reçoit la premiere la chaleur, qui se communique pro- gressivement vers l’autre extremité. Si donc je l’ôte tandis que la chaleur n’est pas encore bien distribuée, et que la partie qui a été en contact en a beaucoup plus, que l’autre partie, il y aura dans celle-ci augmentation de chaleur pendant quelques instants, et il s’y deployera l’electricité qui repond à la chaleur qui augmente actuellement, c’est-à-dire l’electricité de la pre- miere époque; mais bientôt survenant le refroidissement les choses change- ront, et on aura l’electricité de la seconde époque.